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Conception des ouvrages en bois local : les règles à respecter

12 janvier 2006,
Par Sylvain Angerand

Cet article n’a pas vocation à dresser une liste exhaustive des règles de conception architecturale pour les ouvrages en bois mais a pour but de favoriser l’usage de bois locaux dans la construction.

La conception architecturale est un élément très important pour construire en bois. Pour mettre en œuvre ce matériau, il faut respecter un certain nombre de règles visant à réduire son exposition à l’humidité. Ces règles de conception permettent de diminuer la classe d’emploi et ainsi d’utiliser plus de bois locaux.

« Les bois tropicaux sont-ils irremplaçables dans la construction ? »

Les bois tropicaux sont généralement utilisés en extérieur car la plupart sont durables (classe 4) et ont une bonne stabilité. Pourtant, pour les usages extérieurs (mobilier urbain, platelage), il existe de nombreuses alternatives comme le robinier, le châtaignier et le chêne qui ont des durées de vie équivalentes à celles des bois tropicaux. Les bois traités par rétification ou oléothermie constituent eux aussi une gamme complète de bois utilisables en extérieur.

« L’architecte peut-il contribuer à favoriser les bois locaux ? »

La conception architecturale des ouvrages en bois peut jouer un rôle important car avec des règles simples de construction, il est possible de réduire l’exposition à l’humidité et donc d’utiliser plus de bois locaux. Il est préférable de choisir un architecte ayant suivi une formation spécifique sur ce matériau et qui connaisse les règles de mise en œuvre du bois.

« Comment valoriser les essences locales ? »

La règle de base pour un ouvrage en bois est d’optimiser la circulation de l’eau et de l’air. La stagnation de l’eau augmente en effet le risque d’attaque biologique et donc la classe d’emploi du bois. Il est possible de concevoir l’agencement de l’ouvrage de manière à limiter la présence de surfaces horizontales (pour permettre le bon écoulement des eaux) et éviter le contact direct du bois avec le sol.

Etude de cas : le bardage

La classe d’emploi d’un bardage se détermine en fonction de l’exposition aux intempéries et peut s’étendre de la classe 2 (sous abri) à la classe 4 (embruns, contact avec le sol). Pour diminuer le risque d’humidification du bardage et donc la classe d’emploi, on peut le protéger par un avant toit et le mettre à au moins 25 cm du sol afin d’éviter les éclaboussures de pluie (DTU). Il est préférable de poser le bardage verticalement pour éviter la pénétration de l’eau dans les interstices. Le simple respect de ces règles permet d’utiliser une plus grande variété d’essences.

Comment choisir une essence de bois ?

Deux critères sont fondamentaux pour le choix du bois de bardage : l’exposition et la durée de vie. En fonction de l’exposition et des protections (avant-toit, végétation), on sait où le bardage va s’abîmer en premier.

Aussi, des essences différentes peuvent être utilisées selon les façades, avec un bois très durable pour la façade ouest (mélèze, robinier) et un bois moins durable pour la façade est (pin sylvestre ou maritime).

Il est même possible d’utiliser deux essences différentes sur la même façade : du pin maritime sous l’avant-toit et du mélèze pour la partie exposée.

La notion de durée de service est également à prendre en compte lors du choix du bois et de l’évaluation du critère prix. En effet, une classe d’emploi ne définit pas une durée de vie, mais seulement les caractéristiques d’une attaque biologique potentielle. Un piquet de clôture est en classe 4 mais on peut aussi bien utiliser du pin maritime non traité qui ne durera que deux ans, que du robinier qui lui tiendra au moins trente ans.

Quelques astuces de conception :

- Arrondir les arêtes et les rambardes

- Privilégier le débord de toiture ...ou bien le supprimer complètement (toiture,terrasse). L’avant-toit entraîne un décalage dans le grisaillement du bois : les parties non abritées par l’avant-toit deviennent plus rapidement grises que celles qui sont protégées. Cet aspect gris, purement esthétique, n’altère en rien les qualités du bois. S’il est bien conçu, l’avant-toit participe même à la régulation thermique du bâtiment en laissant passer le soleil en hiver et en le bloquant en été.

- Isoler du sol les pieds de poteaux en bois (pose sur un autre matériau).

- Bien concevoir les assemblages afin qu’ils ne retiennent pas l’eau.

- Favoriser les peintures micro-poreuses pour éviter les infiltrations.