Les Amis de la Terre n’acceptent pas qu’on table sur un accroissement « naturel » de la consommation d’électricité alors que se multiplient, avec la bénédiction de facto des pouvoirs publics, les gaspillages ostensibles (multiplication des écrans plats et déroulants et autres dispositifs électroniques dans des espaces publics à des fins publicitaires ou commerciales, encouragement à la climatisation électrique au détriment d’autres solutions moins énergivores...)
Pour Marie-Christine Gamberini, en charge des questions énergétiques aux Amis de la Terre, « à l’heure où l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, démarche les communes françaises pour trouver de nouveaux lieux de stockage de déchets nucléaires dont personne ne veut, la priorité absolue est de cesser de produire ce type de déchets ».
Cela passe par la fermeture urgente des réacteurs nucléaires les plus délabrés (dont ceux de Fessenheim) et par la mise en œuvre d’autres moyens de production d’électricité, plus souples et moins centralisés, moins dangereux pour les populations et pour les personnels.
Le nucléaire ne représente que 3 % de l’énergie commerciale consommée dans le monde. Cette technologie lourde, opaque et polluante (y compris par ses rejets radioactifs et chimiques quotidiens) ne peut en rien résoudre les problèmes urgents des automobilistes, des transporteurs routiers et de la pêche artisanale.
La libéralisation galopante du secteur de la production d’électricité, et les logiques financières qui y président de façon croissante se soldent en outre par des empilements de sous-traitance, des dilutions de responsabilité pour les entreprises, et un surcroît de souffrance au travail, qui, malgré les efforts des personnels, rendent la sûreté des installations nucléaires tragiquement aléatoire.
S’y ajoute l’inéluctable multiplication des phénomènes climatiques extrêmes (gel, ouragans, canicules...) et les recrudescences sismiques, qui menacent tous l’indispensable refroidissement des réacteurs et piscines de stockage.
Pour toutes ces raisons, les Amis de la Terre demandent instamment l’abandon de tout nouveau projet de construction de réacteur nucléaire. Ils appellent en outre tous les partis politiques à se prononcer clairement sur les éléments de scénarios de sortie du nucléaire en un et deux quinquennats publiés à l’automne dernier par le Réseau Sortir du nucléaire. Enfin, les Amis de la Terre invitent tous les syndicats, à commencer par ceux qui comptent des adhérents sur des sites nucléaires, à se mettre autour d’une table pour examiner les solutions de remplacement possibles et souhaitables à court terme.