Copenhague : Monsanto reçoit le prix du pire lobbyiste

Le « prix de la sirène en colère », qui récompense le pire lobbyiste aux négociations de Copenhague, a été remporté par le géant Monsanto, avec 37% des voix. Shell, le géant de l’industrie pétrolière, est arrivé en seconde position (18%), tout juste suivi par l’Institut Américain du Pétrole (14%). Le prix est remis à 15h30 aujourd’hui dans la capitale danoise, par Naomi Klein, journaliste et écrivain. Dix mille personnes ont voté pour le « prix de la sirène en colère », ainsi nommé d’après la sirène emblématique de la ville de Copenhague, furieuse en raison des pressions exercées par les industries sur les négociations.

Huit nominés pour le prix du pire lobbyiste à Copenhague étaient proposés au public sur le site http://www.angrymermaid.org et au Klimaforum, le forum de la société civile à Copenhague, où l’ont pouvait également voter [1].

Le géant agricole Monsanto, grand gagnant du prix, était nominé pour la promotion de ses cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) comme une solution aux changements climatiques ainsi que pour son incitation à les utiliser pour la production d’agrocarburants. L’expansion des cultures de soja OGM en Amérique latine contribue massivement à la déforestation ainsi qu’à l’émission des gaz à effets de serre (GES). La Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS), dont Monsanto est membre, défend activement la cause de l’entreprise en permettant au soja OGM d’obtenir le label de culture “responsable”. Pire, Monsanto demande le financement du soja OGM par les mécanismes de développement propre (MDP) [2].

Paul de Clerck des Amis de la Terre International, déclare : « Monsanto a attiré les votes de milliers de personnes révoltées par la promotion d’une forme d’agriculture si destructrice de l’environnement dans la lutte contre les changements climatiques. »

Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre France poursuit : « On ne doit pas autoriser les grands industriels à saboter le combat contre les changements climatiques, en poussant leurs intérêts particuliers. Tous les candidats du grand prix de la sirène en colère ont exercé de fortes pressions afin de préserver leurs profits individuels et d’empêcher une action efficace pour s’attaquer aux changements climatiques. Les gouvernements doivent cesser de les écouter et choisir à la place de vraies solutions à la crise climatique. »

Le grand prix de la sirène en colère est organisé conjointement par les organisations Attac Danemark, Corporate Europe Observatory, Focus on the Global South, Les Amis de la Terre International, Oil Change International et Spinwatch.

Contact : A Paris : Anne-Sophie, +33 6 86 41 53 43 A Copenhague : Sébastien Godinot, +33 6 68 98 83 41

Plus de détails sur l’ensemble des nominations sur : http://www.angrymermaid.org

Notes :

[1] Les huit nominés pour le prix de la petite sirène en colère étaient : La Coalition américaine pour l’électricité à base de charbon propre (ACCCE), L’Institut américain du Pétrole (API), Le Conseil européen de l’Industrie Chimique (CEFIC), L’association internationale du Transport aérien (IATA), L’Association internationale pour l’échange de droits d’émission (IETA), Monsanto, Sasol et Shell.

[2] Monsanto a été nominé pour son lobbying en faveur de crédits carbone pour son soja “RoundupReady”, cultivé pour produire des agrocarburants. Le soja “RoundupReady” ne nécessite pas de labourage puisqu’il peut être vaporisé d’herbicides. Ne pas labourer les champs laisse plus de dioxyde de carbone enfoui dans le sol, mais l’extension massive de monocultures de soja à travers l’Amérique Latine est responsable de la déforestation, de déplacements de populations et de l’usage de quantités massives de désherbants toxiques à la place. Monsanto demande également que les cultures de soja génétiquement modifié soient financées par le Mécanisme de Développement Propre (MDP) qui permettrait aux industries pollueuses des pays développés de compenser leurs émissions par l’achat de crédits tirés de leurs cultures de soja OGM. La compensation est une fausse solution aux changements climatiques et ne permet pas de réduire les émissions dans les pays développés.

Rédigé le