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Crédit Agricole ciblé par une pétition internationale pour ses soutiens à l’industrie des sables bitumineux

Mercredi 16 mai 2018 – Alors que se déroule ce matin à Paris l’Assemblée générale de Crédit Agricole, la banque française est ciblée par une pétition internationale lancée par Greenpeace et appuyée par Les Amis de la Terre. Les deux ONG dénoncent les financements de la banque française aux entreprises qui développent les nouveaux oléoducs de sables bitumineux prévus en Amérique du Nord et l’appellent à mettre un terme définitif à ses soutiens à cette industrie sale, comme l’ont fait BNP Paribas et AXA il y a quelques mois.

Une pétition internationale lancée par Greenpeace International et relayée aujourd’hui par Les Amis de la Terre France cible douze banques pour leurs soutiens au développement d’oléoducs de sables bitumineux en Amérique du Nord, au mépris de l’urgence climatique et des risques que présentent de tels projets pour l’environnement et les populations [1].

Crédit Agricole figure parmi cette liste des mauvais élèves, aux côtés de mastodontes nord-américains et asiatiques comme JP Morgan, Wells Fargo, Mitsubishi ou Citi. Car la banque française finance les trois entreprises qui portent les trois projets de pipelines de sables bitumineux encore prévus aux États-Unis et au Canada : l’entreprise Kinder Morgan et son projet d’expansion du Trans Mountain ; l’entreprise TransCanada et son projet Keystone XL ; l’entreprise Enbridge et son projet Line 3. Crédit Agricole totaliserait à son actif 10 facilités de crédit au bénéfice de ces entreprises.

La construction et la mise en opération de ces oléoducs dynamiseraient l’exploitation très polluante des sables bitumineux en Alberta, puisqu’elles permettraient d’acheminer 2 millions de barils de pétrole supplémentaires par jour [2]. Les conséquences climatiques qu’aurait un tel développement fossile rendent chacun de ces projets irréconciliables avec les objectifs inscrits à l’Accord de Paris.

Diana Best, chargée de campagne Climat et Énergie à Greenpeace USA explique : « Nous savons que le Trans Mountain, le Keystone XL et le Line 3 menacent les droits des peuples autochtones, l’eau, l’environnement et le climat. Beaucoup de gens ont été inspirés par l’incroyable courage et la détermination dont les opposants au Dakota Access Pipeline ont fait preuve à Standing Rock. Ce mouvement n’a pas disparu. Aux quatre coins du continent, des citoyens se mobilisent contre ces pipelines climaticides et contre les entreprises et les banques qui continuent à les appuyer. Crédit Agricole a encore des efforts à faire pour exclure définitivement ces projets de ses soutiens ».

En octobre 2017, BNP Paribas annonçait des engagements ambitieux, excluant de ses soutiens les projets liés aux sables bitumineux, ainsi que les entreprises actives dans le secteur [3]. Crédit Agricole a rapidement essayé de pallier à son retard en suivant ce leadership, mais s’est cantonné à des annonces cosmétiques sur le financement des projets, “oubliant” le financement des entreprises [4] – pourtant crucial dans la construction des trois pipelines, et notamment du Keystone XL et du Line 3 pour lesquels il n’existe pas de prêts spécifiques aux projets.

« Crédit Agricole martèle vouloir “accélérer la transition énergétique”, mais se montre incapable d’assumer ses responsabilités climatiques. Les capitaux avec lesquels elle persiste à abreuver l’industrie des sables bitumineux décrédibilisent totalement l’image de la “banque verte” qu’elle tente de propager. Puisque ces entreprises font courir des risques énormes pour le climat et portent des projets qui violent les droits des peuples autochtones, elles devraient être exclues de tout soutien  », conclut Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée aux Amis de la Terre.

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