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Crédits à l’exportation et normes sur les barrages : un pas en avant

2 décembre 2005,
Communiqué de presse

Paris, le 2 décembre 2005. Après plus d’un an de campagne associative et de débats houleux, l’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique) vient de trouver un accord sur de nouvelles facilités pour les crédits aux exportations relatifs aux énergies renouvelables, et sur les exigences supplémentaires imposées dans ce cadre aux projets de grands barrages.


En 2004, les Amis de la Terre avaient lancé la campagne publique « Energies renouvelables : c’est du propre ! » à l’occasion du premier Sommet mondial sur les énergies renouvelables à Bonn (Allemagne, juin 2004). Ils demandaient notamment des mécanismes incitatifs pour garantir les exportations d’énergies renouvelables vers les pays du Sud, dans le cadre de l’OCDE. En mai 2005, l’OCDE répondait de manière positive en créant une annexe relative aux énergies renouvelables dans l’Arrangement cadre sur les crédits publics à l’exportation. Elle accordait une durée préférentielle de remboursement aux projets d’énergies renouvelables (15 ans et non plus 12).

Mais ce succès était contrebalancé par la volonté de prendre en compte dans cette annexe le secteur hydraulique sans distinction, y compris les grands barrages. Les impacts désastreux et souvent irréversibles des grands barrages ont été très précisément documentés par la Commission Mondiale des Barrages (CMB), l’institution internationale indépendante de référence. Si elle était utilisée pour faciliter la construction de grands barrages sans exigences particulières, la nouvelle disposition de l’OCDE risquait fortement d’être contre-productive.

Le 16 novembre dernier, l’OCDE a finalement trouvé un accord reconnaissant que, dans le cadre de cette disposition, les barrages doivent respecter l’ensemble des politiques de sauvegarde de la Banque mondiale ET « les points pertinents [...] tels que [...] les stratégies prioritaires énoncées dans le rapport de la Commission Mondiale des Barrages ». Les Amis de la Terre demandaient au minimum le respect des sept priorités stratégiques de la CMB.

Selon Sébastien Godinot des Amis de la Terre, « le nouvel accord de l’OCDE est un progrès et une victoire de la société civile car l’OCDE reconnaît désormais officiellement et explicitement la valeur fondamentale des priorités stratégiques de la Commission Mondiale des Barrages ».

Il poursuit : « Cependant, le texte est encore trop faible dans sa formulation. Compte tenu des dommages majeurs créés par les grands barrages sur les populations et l’environnement, l’OCDE doit exiger le respect intégral des priorités de la CMB, pas seulement en reconnaître la valeur. La Révision des Approches communes de l’OCDE sur l’environnement et les crédits publics à l’exportation, qui se déroulera en 2006, permettra de re-débattre de cette exigence ».

Cliquez ici pour lire le document de l’OCDE

Contact presse :
Sébastien Godinot, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41