« 13-84 sans OGM » : des ados et des personnes âgées sans organisation ni grands moyens ? Pas du tout ! Un collectif qui réunit associations, militants et syndicats des départements des Bouchesdu-Rhône (13) et du Vaucluse (84) autour de la problématique des OGM et du brevetage du vivant.
Implanté sur la commune du Thor, dans le Vaucluse, le collectif « 13-84 sans OGM » rassemble des faucheurs volontaires, des militants écologistes,
des associations et des syndicats [des départements des
Bouches-du-Rhône (13) et du Vaucluse (84)] autour de la problématique des OGM et du brevetage du vivant. Ce collectif organise des événements festifs pour démontrer que le « Faites sans OGM » est possible sans conditions et préserve les biodiversités, cultivées et sauvages.
En juillet 2009, son travail de fond aboutit à la création de l’association Foll’Avoine et à la prise de position d’une quarantaine de municipalités du
Vaucluse contre les OGM. Ces dernières signent alors une délibération ou un arrêté municipal pour le « sans OGM » et affichent le panneau Commune
sans OGM à l’entrée de la commune. Ces communes s’engagent également sur une charte qui prévoit une information citoyenne sur les OGM, le développement des cantines bio, le soutien à une agriculture locale respectueuse de l’environnement et la réduction de l’emploi des pesticides.
Un achat collectif, c’est possible
Au printemps 2010, Foll’Avoine s’engage activement, au sein du Collectif de défense des terres fertiles de Vaucluse, dans la lutte contre le projet du golf de Pierre Cardin – 48 hectares de la plaine de Bonnieux, dans le Lubéron. Et, victoire ! Le projet est suspendu en juillet 2010.
Quand des faucheurs volontaires détruisent une vigne OGM à Colmar , en
aôut 2010, Foll’Avoine se prend à rêver de sauver une vigne bio à Ménerbes.
Celle-ci vient d’être mise en vente, mais le vigneron qui l’a convertie en bio dans le cadre d’un fermage n’a pas les moyens de l’acheter.
Après avoir pris conseil auprès de l’association Terres de liens et de la Confédération paysanne, Foll’Avoine lance un appel à souscription pour l’achat en partage de cette vigne. Comme le montant de la part permet au
plus grand nombre de participer, la réponse à cet appel dépasse largement l’objectif prévu – l’achat d’un hectare.
Aujourd’hui, plus de six cents personnes seront bientôt officiellement sociétaires du groupement foncier agricole et solidaire des Granouillères. Celuici va pouvoir acquérir près de deux hectares et les louer au vigneron pour une exploitation dans le cadre d’un bail fermier.
Vendanges ouvertes
Cette vigne produit un vin rouge bio côtes-du-Lubéron et chaque sociétaire en reçoit une bouteille par part pour le loyer
annuel. Le lien entre le vigneron et les sociétaires est renforcé par des journées « découverte de la viticulture biologique » et par des vendanges ouvertes à tous. La première assemblée générale des sociétaires s’est tenue à Oppède le 15 mai dernier. Il y fut décidé de consacrer l’excédent de la collecte au soutien de projets pour le maintien et le développement de l’agriculture locale (par exemple, l’installation d’une apicultrice).
L’aboutissement de ce projet démontre qu’il existe des solutions pour faire autrement. Cette expérience est une belle réponse de résistance citoyenne face à l’érosion du monde agricole, pour défendre une agriculture locale respectueuse de l’environnement et ceux qui travaillent la terre.
> BRUNO LENOBLE
Cert article est issu de notre publication trimestrielle, La Baleine : http://www.amisdelaterre.org/La-Bal...