Le 8 avril prochain, la Banque mondiale doit se prononcer sur un prêt pour la construction de la centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud. L’entreprise française Alstom a décroché un contrat pour la construction de cette centrale géante (4800 MW).
Celle-ci émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (5 % des émissions françaises totales), et entraînera des pollutions majeures au soufre et au mercure, n’étant même pas équipée d’un mécanisme de désulfurisation. En outre, elle exigera l‘ouverture de 40 nouvelles mines de charbon pour son alimentation.
Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Finance publique aux Amis de la Terre, explique : « Cette centrale est une catastrophe climatique et environnementale en elle-même, mais aussi parce qu’elle vise à alimenter des industries, principalement minières, elles-mêmes très polluantes. Pourtant, des alternatives existent, à travers l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de l’énorme potentiel en renouvelables de l’Afrique du Sud. Nous demandons simplement que la France se montre cohérente avec ses engagements climatiques. Choisir le charbon, quatre mois après le sommet de Copenhague, est irresponsable de la part de nos dirigeants et les décrédibiliserait totalement. »
En Afrique du Sud et dans le monde, la société civile s’oppose massivement au projet à cause de ses impacts écologiques, mais aussi parce qu’il va aggraver la pauvreté dans le pays. En effet, la dette créée par Eskom pèsera principalement sur les particuliers, les entreprises bénéficiant de tarifs artificiellement bas pour l ‘électricité, sur la base d’accords signés pendant l’apartheid.
Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, précise : « Le gouvernement a déjà accordé une garantie au projet via la Coface, la semaine dernière. S’il continue à soutenir le projet au sein de la Banque mondiale, il va donner de la France une image lamentable : celle d’un pays prêt à soutenir un projet injuste et contraire à ses engagements en matière climatique pour défendre l’intérêt privé d’Alstom. »
Anne-Sophie Simpere, des Amis de la Terre, conclut : « En Allemagne, en Angleterre, en Australie, des cyber actions ont également été lancées pour demander aux Etats de voter contre le projet au sein de la Banque mondiale. Il s’agit de soutenir les ONG Sud-africaines qui se mobilisent contre la centrale, et de montrer aux gouvernements que la société civile est toujours mobilisée pour le climat. »
Lien vers la Cyber Action en France : http://www.cyberacteurs.org/actions/form.php?id=82
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Contact presse :
Anne-Sophie Simpere, les Amis de la Terre
01 48 51 32 22





