En conservant, en semant, en multipliant, en échangeant et en vendant des semences de variétés paysannes libres de droit, non mutées ni manipulées et non inscrites au catalogue officiel, nous : contribuons au renouvellement indispensable de la biodiversité cultivée, garantissons l’existence d’agricultures paysannes et biologiques seules capables de nourrir et de refroidir la planète, défendons notre droit à une nourriture suffisante, de qualité et à la souveraineté alimentaire, devenons volontairement receleurs et diffuseurs de variétés paysannes interdites par des lois illégitimes,
Nous exigeons une évaluation indépendante et contradictoire des risques des OGM sur la santé, l’environnement et les agricultures paysannes, biologiques et de qualité. Toute coexistence est impossible et le droit des régions et des pays à refuser toute culture de PGM et toute semence contaminée doit rester inaliénable. Une semence ou un produit n’est pas un peu contaminé. Ils sont contaminés ou ne le sont pas. Nous refusons toute dissémination de plantes génétiquement manipulées, que ce soit par transgénèse, mutagénèse dirigée, fusion cellulaire, nanotechnologies ou autres techniques de bricolage du vivant.
Les semences sont le bien commun des communautés rurales qui les ont sélectionnées et conservées. C’est pourquoi, au soir de cette initiative de la campagne « semons la biodiversité », nous nous engageons à faire respecter les droits collectifs des paysans et des communautés d’user, de développer, d’échanger et de protéger leurs semences, première marche du droit des peuples à la souveraineté alimentaire, contre la globalisation du commerce.
Si l’ensemble des paysans, jardiniers, consommateurs, citoyens sèment et cultivent la biodiversité enfermée dans les banques de gènes partout dans leurs champs, jardins privés, partagés ou publics, sur leurs balcons, alors le château de carte des Droits de Propriété Intellectuelle sur le vivant s’écroulera.
A Paris, le 27 octobre 2008.
A lire sur le site semonslabiodiversite, voir les vidéos et photos des 27 & 28 octobre à paris et l’intégrale des interventions ( par Eric Boutarin de la Télévision paysanne ________________
Tribune envoyée à différents journaux ce lundi 27 octobre, non publiée
Nous sommes ce que nous semons ; semons la biodiversité !
Malgré le report du Sommet du Gène prévu les 28 et 29 octobre à Paris dans le cadre de la Présidence Française de l’UE, la société civile, qui comptait y participer, a décidé de maintenir son propre rassemblement le lundi 27 octobre 2008 et le 28 au matin.
Pourquoi ? Le recul momentané des surfaces de maïs OGM en Europe en raison, en particulier, du moratoire français ne doit pas faire baisser la vigilance. Les agendas européens sont bien remplis. De nombreuses réunions se déroulent en dehors des sommets officiels, et dans une transparence toute relative, avec pour objet d’avancer sur le cadre européen d’utilisation des OGM (cultures, importations d’alimentation humaine et animale, statut des semences).
Cette réflexion doit porter sur les nouvelles lignes directrices renforcées ou normatives d’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM, mais aussi sur la prise en compte de critères socio-économiques permettant la défense des systèmes agricoles et écologiques pré-existants.
Dans ce cadre, se discute, également, l’évolution du paysage semencier en Europe, au regard de l’utilisation de techniques différentes des OGM « classiques » concernant la génomique végétale, voire animale : plantes mutées, OGM « cachés », nanotechnologies,... qui ne seront pas sans effet sur le statut à venir des semences au sein des différentes réglementations nationales, européennes et internationales.
On le voit bien, l’ensemble de ces sujets porte sur des questions essentielles pour les communautés paysannes et les citoyens : faut-il accepter la contamination des semences et des aliments par les OGM, les plantes manipulées non déclarées, etc ... ? les firmes commerciales peuvent-elles, avec l’appui des Etats, s’approprier le vivant à l’aide d’outils techniques et de propriété intellectuelle (Certificats d’ Obtention Végétale -COV- et/ou Brevets) au détriment de l’exercice des droits paysans ?
Exercer pleinement leurs droits pour les paysans, avec le soutien de la société civile, c’est pouvoir conserver, utiliser, élever, échanger et vendre leurs semences et animaux , libres de tout droit de propriété intellectuelle.
Les 106 organisations signataires de l’Appel « Semons la biodiversité » approfondiront ensemble ces sujets au cours des différentes sessions de travail des 27 et 28 octobre (programme sur le site http://semonslabiodiversite.org) et réaffirmeront que semences et animaux sont un bien commun inaliénable des communautés paysannes qui les ont sélectionnés, cultivés et élevés à partir des savoir faire et des connaissances populaires, que ceux-ci doivent être protégés contre le biopiratage sous ses diverses facettes. Avant et après cette rencontre, c’est sur le terrain que les acteurs de cette initiative deviendront des semeurs volontaires de biodiversité !
Les organisations signataires de l’Appel « Semons la Biodiversité ».




