Logo des Amis de la Terre

Recommander cette page

Imprimer cette page

Agrandir cette page

Danone pour un vrai développement de la bio ?

25 avril 2007,
Par Hélène Gassie

Action Consommation, Bio Consom’acteurs, la Confédération paysanne et la Fédération Nature & Progrès interpellent Danone.

Communiqué de presse 25 avril 2007

Hier, Danone abandonnait finalement le nom de marque " BIO " pour une de ses gammes de produits qui n’a rien de biologique.

Aujourd’hui, en partenariat avec la société Stonyfield - premier producteur de yaourts bio au monde dont il est devenu actionnaire majoritaire - le premier groupe mondial de produits laitiers frais lance une marque de produits bio et s’engage pour la défense de l’agriculture biologique : il invite les consommateurs à interpeller les candidats aux élections pour un soutien au développement de l’agriculture biologique en France.

Mais que sera la bio demain ? Une révision du cahier des charges de l’agriculture biologique est actuellement en cours au sein de l’Union Européenne, qui, si elle était adoptée, viderait la certification bio de son sens.

C’est pourquoi il est important que le groupe Danone fasse connaître sa position sur le règlement en discussion, informe ses clients et intègre la défense d’un cahier des charges cohérent dans sa campagne d’interpellation des politiques pour le développement de la bio en France.

C’est l’objet de la lettre ouverte que nous adressons à Danone et Stonyfield Europe.

Les organisations signataires : Action Consommation Bio Consom’acteurs Confédération paysanne Fédération Nature & Progrès

PJ : Lettre ouverte à MM. Franck Riboud (Danone) et Gary Hirshberg (Stonyfield Europe)

Les contacts presse : Action Consommation - Véronique Gallais : 06 86 89 78 89 Confédération paysanne - Michel Dupont : 01 43 62 18 73 Nature & Progrès - Cécile Rousseau : 06 18 37 23 50

__________________

Lettre ouverte à MM. Franck Riboud (Danone) et Gary Hirshberg (Stonyfield Europe)

Groupe DANONE Monsieur Franck Riboud Président-Directeur général 17 boulevard Haussmann 75009 Paris

Stonyfield Europe Monsieur Gary Hirshberg Président-Directeur général 150 boulevard Victor Hugo 93400 Saint-Ouen

Paris, le 19 avril 2007

Messieurs,

Nous avons noté avec intérêt la campagne d’information que vous avez lancée en accompagnement de l’introduction sur le marché français de votre marque « les 2 vaches », invitant les consommateurs à s’adresser aux candidats aux prochaines élections pour leur demander de s’engager à soutenir le développement de l’agriculture biologique. Vous avez conçu à cette fin des cartes publicitaires à envoyer aux candidats et un dispositif sur votre site internet www.les2vaches.com. Nous sommes cependant surpris que cette campagne d’information et d’interpellation n’évoque nullement le danger majeur pour l’agriculture biologique que représente l’évolution réglementaire actuellement en cours de négociation au sein de l’Union Européenne. Comme vous le savez certainement, le nouveau cahier des charges en discussion représenterait une véritable régression par rapport au règlement actuel :
- L’utilisation de substances chimiques de synthèse n’y serait plus clairement interdite ;
- La pollution des produits bio par des OGM y serait tolérée jusqu’au seuil de 0,9%, comme pour les produits de l’agriculture conventionnelle1 ;
- Le système d’étiquetage permettrait de faire référence à la bio sur un produit majoritairement conventionnel (par exemple pour un yaourt contenant uniquement des fraises bio mais fabriqué avec du lait conventionnel)
- Le contrôle des « points à risque », en référence au système HACCP, transformerait l’obligation de moyens actuelle en obligation de résultats, contraignant les producteurs à multiplier les analyses et l’achat d’intrants, de matières premières et autres matériels officiellement « sécurisés », pour un coût financier pénalisant en particulier les plus petits opérateurs, excluant les substances naturelles, les semences traditionnelles et les animaux de renouvellement bio non homologables dans le cadre juridique actuel, et favorisant ainsi les obligations d’utilisation de produits chimiques de synthèse. 1 Certes, le Parlement européen s’oppose à ce seuil de 0,9% en préconisant 0,1% ; cependant, cette décision n’est pas acquise.
- le développement de cahiers des charges bio, notamment nationaux, plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen, pourrait ne plus y être autorisé. Une telle banalisation du cahier des charges de l’agriculture biologique la détournerait de sa nature, de ses spécificités et de ses enjeux.. Soucieux du maintien de la qualité des productions biologiques, nous espérons que le groupe Danone et la société Stonyfield Europe partagent ces préoccupations. Aussi, nous souhaiterions connaître votre position à ce sujet. Par ailleurs, nous vous demandons de compléter les informations en lien avec la campagne d’interpellation que vous menez pour le soutien au développement de l’agriculture biologique en France, en informant les consommateurs sur les évolutions en cours au niveau de l’Union européenne et sur la nécessité que les consommateurs interpellent également leurs élus à ce sujet. Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos sincères salutations.

Les signataires : Action Consommation Bio Consom’acteurs Confédération paysanne Fédération Nature & Progrès

PS : Nous nous permettrons de rendre publique votre réponse, dans un souci d’information des citoyens et consommateurs.

Contact : Action Consommation – 21ter rue Voltaire – 75011 Paris info@actionconsommation.org