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De nouvelles mines d’or en Limousin

Le 18 novembre 2013, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif accordait un permis exclusif de recherche de mines d’or, cuivre, argent, zinc, antimoine, étain et substances connexes (dit permis de Villeranges, en Creuse) à la société Cominor.

Celle-ci est une filiale du groupe minier La Mancha constitué par la fusion des actifs miniers du BRGM et de certains actifs miniers d’AREVA.

Le Limousin a bien connu les effets de l’exploitation minière, et en paye encore les conséquences, que ce soit avec l’arsenic lié à l’exploitation de l’or, ou les pollutions continues des sols et de l’eau suite à l’exploitation des mines d’uranium.
Le ministre du Redressement productif répète à qui veut l’entendre que la relance de la croissance, objectif dont personne ne peut douter (!), passe par la sécurisation de nos approvisionnements en matières premières, et donc par le retour aux exploitations minières (abandonnées tant que le coût était moindre en allant exploiter les pays du Sud) et de nouvelles exploitations telles que le gaz de schiste.

On sait tous dans quelle impasse et vers quel désastre nous conduit cette chimère, cette fuite en avant, qui se refuse à admettre qu’une diminution drastique de nos productions et de nos consommations est aujourd’hui incontournable si l’on veut que l’Humanité ait un avenir sur notre planète. 10 % des pays les plus riches utilisent 90 % des métaux extraits ! 68 % des ressources utilisées par l’économie française sont non renouvelables !

Et même en admettant qu’on ait besoin d’or pour nos productions les plus indispensables, est-il besoin de continuer à en extraire ? En effet, il s’avère aujourd’hui que la concentration en métaux précieux est plus importante dans ce qu’on appelle les « mines urbaines » (déchets) que dans les mines traditionnelles : il y a en moyenne 5 gr d’or par tonne de minerais, mais 200 à 250 gr par tonne de cartes mères, et 300 à 350 gr par tonne de téléphones portables... Or au niveau mondial seulement 15 % sont recyclés.

Avant de continuer à détruire notre environnement et nos écosystèmes, à rendre invivable une partie de notre territoire (sans parler du territoire de celles et ceux qui "reçoivent" nos déchets) ne serait-il pas grand temps de penser réduction puis réutilisation et recyclage ?

C’est ce que les Amis de la Terre Limousin, actifs dans le collectif qui s’est créé autour des ces projets inutiles, vont s’employer à démontrer. Il n’y a qu’une réponse à ce délire extractiviste  : ni ici ni ailleurs !

> MARTINE LAPLANTE
Les Amis de la Terre Limousin


En savoir plus :
Lire la réaction des Amis de la Terre France « Nouvelle compagnie nationale des mines : le gouvernement s’engage sur la voie d’une catastrophe humaine et écologique »

photo : Skiena sous licence Creative Commons


Cet article est issu de La Baleine 175 - Carbone contre nourriture

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