Débat énergie : pas de tabou, chiche !

Lundi 3 décembre 2012 - Le grand chantier du quinquennat peine à démarrer. Les travaux qui se sont ouverts le 29 novembre, règlent encore l’organisation du débat national sur la transition énergétique. Une architecture d’une rare complexité qui annonce l’échec programmé d’un débat public et citoyen improbable.

La première réunion du Conseil national du débat sur la transition énergétique se pose encore la question du mode de fonctionnement. La charte soumise aux parties prenantes présente le squelette décharné d’une organisation qui passe sous silence les éléments clés des modalités de décision et de validation. De plus, la constitution des autres instances de concertation n’est même pas esquissée.

Pour Martine Laplante présidente des Amis de la Terre : « C’est une usine à gaz qui asphyxiera le débat. Dans ces conditions, il est fort probable que les conclusions s’écriront à coté. »

Le pilotage par des personnalités issues de domaines énergétiques controversés n’est toujours pas remis en question, ce qui met en doute toute volonté de changement.

Le cadre fixé reste flou et s’apparente plus à quelques orientations générales excepté pour le nucléaire. Peut-on parler de débat ouvert sans tabou, comme le souligne la facilitatrice Laurence Tubiana, quand on fixe a priori à 50 % la part de production de l’électricité nucléaire ? Cette timide évolution du dogme est conditionnée par le volontarisme du programme d’économie ou de sobriété énergétique. Ebranlons le dogme, examinons les scénarios d’arrêt du nucléaire.

Enfin, peut-on croire à un débat ouvert quand après avoir souligné la nécessité de réfléchir ensemble à une société plus sobre en carbone, étape importante pour lutter contre les changements climatiques, Mme Laurence Tubiana nous déclare vouloir ré-ouvrir le chantier des gaz de schiste pour leur usage éventuel sur la période allant au-delà du moratoire instauré pour le quinquennat ? Repoussons les gaz de schiste et ne nous défaussons pas face à l’impératif de la transition énergétique.

Le changement de société auquel il est fait appel implique aussi de l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes, avant l’ouverture de ce débat.

Contact presse : Caroline Prak, 06 86 41 53 43 - 01 48 51 18 96


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