LES AVANCEES POSITIVES
la limitation de la quantité d’eau utilisée pour le filtrage des fumées
une partie de l’énergie produite est revendue à EDF
l’anticipation des normes et la mise à jour de la totalité de l’installation
LES SUJETS ABSENTS OU PEU PORTES A LA CONNAISSANCE DU PUBLIC
La quantité
Quelle sera la quantité de déchets incinérés à l’usine ?
Alors que le seuil de 170 000 tonnes semblait être un seuil infranchissable dans le plan départemental, l’opérateur semble le considérer comme un cap à atteindre et recherche des clients extérieurs au syndicat (rappel : en 2002, 154 000 tonnes de déchets ont été brûlées.
Ce seuil de 170 000 tonnes a déjà fait l’objet d’une critique majeure des Amis de la Terre qui ont dénoncé l’absence d’ambition du plan départemental. Celui-ci aurait dû prévoir à la fois une politique de réduction de la quantité de déchets à traiter mais aussi un meilleur recyclage : tri, valorisation, production de gaz sur le site (méthanisation), etc.
Les clients
Il semble étonnant que les clients de l’usine soient hors du département alors que cela concerne le plan départemental du Val d’Oise. D’après les autorités préfectorales les tonnages de déchets à traiter seraient en augmentation dans le département, pourquoi alors rechercher sans répit de « nouveaux clients » ?
De plus, si la commune de Colombes est proche géographiquement, d’autres communes plus éloignées peuvent aussi devenir des clients… tel qu’indiqué dans l’enquête : « la mise de fonctionnement de la nouvelle ligne va générer une augmentation de trafic routier de 10 %».
Il est aussi mentionné que l’opérateur a ses propres « clients », mais nous ignorons lesquels.
Nous trouvons contradictoire de remplacer l’intégralité d’un équipement « calibré » pour un syndicat alors qu’il faut des clients extérieurs. Un des fours a déjà été remplacé en 1998. Nous posons la question de l’utilité de remplacer les deux fours. Pour les habitants, l’avantage de travaux très coûteux pour une installation « à risque » en termes de santé publique reste à démontrer.
La valorisation énergétique
En juin 2002, 22 000 MWh ont été vendus à EDF mais le bénéfice de cette vente n’est pas communiqué. Il est prévu d’en vendre 70 000 : quel sera le gain pour le syndicat ?
L’utilisation de la vapeur industrielle produite reste notre préoccupation majeure. En 2002 : 50 298 MWh de vapeur étaient produits : comment ont-ils été utilisés ? Nous savons qu’une partie est destinée à l’usine de platre et une autre pour le chauffage de quelques tours de logement. Nous craignons que toute cette énergie ne soit qu’infimement utilisée car nous n’avons vu aucun projet d’extension du réseau.
Comment admettre qu’un projet d’urbanisation de la ville de Cormeilles, prévu en haute qualité environnementale (HQE), ne soit pas alimenté par un réseau de vapeur produite à moins de 500 mètres !
Les dioxines
Notre association s’interroge sur le nombre et les lieux où seront installés les capteurs. Pour information, en zone rurale des mesures de quantités de dioxines sont faites sur des animaux (« matrices alimentaires »). L’incinération des déchets est une activité à risque.
[1]
Les mesures de vitesse des vents
On peut s’étonner que la référence pour déterminer l’orientation et la vitesse des vents soit faite à Bonneuil en France, ville située à plus de 30 km à vol d’oiseau de l’usine, et située sur le « parcours » de la butte de Cormeilles.
L’association « Les Amis de la Terre Val d’Oise » est agréée par le département pour la protection de l’environnement. Elle s’associe aux travaux en amont afin de peser sur les projets et rédige des propositions concrètes pour que le plan départemental réponde aux objectifs suivants en matière d’élimination des déchets :
Les Amis de la Terre Val d’Oise agissent et soutiennent toutes les initiatives en faveur de la réduction de la quantité de déchets dans l’ensemble des activités. Nous dénonçons ici l’absence de mobilisation sur tous ces sujets. Aussi, au nom d’une prétendue solidarité avec les collectivités d’Ile de France qui ont différé le traitement de leurs déchets, dont la ville de Paris, voici ce qui se prépare dans le Val d’Oise malgré la loi instituant la fin des décharges en juillet 2002 :
l’ouverture de décharges ou l’augmentation de la capacité de stockage de celles qui existent. Par exemple, Attainville qui a pour projet l’augmentation de sa capacité de stockage de déchets. Ce ne serait pas le seul.
la construction ou l’augmentation des capacités d’incinérateurs dans le Val d’Oise qui entraîne plus de risques de dioxines. Les quantités de déchets à incinérer ne doivent plus augmenter. Ainsi, l’usine Azur ne doit en aucun cas brûler plus de 170 000 tonnes par an comme prévu au plan (en 2002 : 154 000 tonnes ont été brûlées). Ces 170 000 tonnes ont déjà fait l’objet d’une critique majeure des Amis de la Terre qui ont dénoncé l’absence d’ambition du plan départemental qui aurait dû prévoir à la fois une politique de réduction de la quantité de déchets à traiter mais aussi un meilleur recyclage : tri, valorisation , production de gaz (méthanisation).
Les Amis de la Terre n’ont aucune garantie sur ces deux sujets. Un nouveau four a déjà été construit en 1998. Nous posons ici la question de l’utilité de remplacer les deux fours anciens. Pour notre association, le renouvellement des deux fours anciens devrait être évité tant que le rendement thermique de l’usine (la vraie valorisation des déchets) n’a pas atteint 60% de l’énergie vendue. Nous ne voulons plus d’usines qui produisent des dioxines dans le but de réduire(partiellement)le volume des déchets. Nous demandons la mise en pratique de la politique gouvernementale contre l’effet de serre qui passe dans le cas présent par la valorisation de toute l’énergie produite par la combustion des déchets.
Anne Gellé, Présidente
[1] Minimiser comme l’a fait l’Académie des Sciences, le risque des dioxines a conduit au drame de Gilly sur Isère : un incinérateur finalement fermé en 2001 après 20 ans de pollution à la dioxine. Bilan : des risques pour la santé des nouveaux nés (l’évaluation n’est pas terminée), le désespoir d’agriculteurs aux projets ruinés, des troupeaux abattus, des prés inutilisables pendant des années, etc.