En 2009, les fossiles auraient représenté près de la moitié des financements de la Banque mondiale dans la production d’énergie, contre seulement 15% pour les énergies renouvelables. Pire, la Banque investit de plus en plus de fonds dans le charbon, la source d’énergie la plus polluante. Depuis 2007, elle a ainsi fourni plus de 6,6 milliards de dollars à des projets charbonniers (2).
En dépit de ce passif environnemental et social très lourd, la Banque mondiale a obtenu de ses Etats membres une augmentation de capital de plusieurs milliards de dollars, pour compenser la hausse de ses prêts suite à la crise financière.
Pour les ONG, la Banque ne doit pas recevoir d’argent public tant qu’elle risque de l’investir dans des industries fossiles ultra polluantes. Cela serait contraire à l’engagement du G20 de mettre fin aux subventions aux fossiles (3), et aux engagements des Etats membre de la Banque en matière de lutte contre les changements climatiques.
Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, explique : « La Banque mondiale, en déclassifiant des projets ou en omettant les sommes allouées à des intermédiaires financiers, sous estime ses investissements dans les fossiles. Et pourtant les chiffres officiels sont déjà énormes. Aujourd’hui, la Banque mondiale investit des milliards de dollars dans des projets fossiles très polluants. Il s’agit de subventions, car la Banque offre des prêts à des conditions attractives, et surtout elle mobilise des investisseurs privés derrière elle. »
Les ONG reprochent à la Banque ses impacts négatifs sur le climat, mais aussi sur le développement. Elles évoquent notamment le prêt de plus de 3 milliards de dollars que la Banque mondiale a récemment accordé à la très controversée centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud (4).
Anne-Sophie Simpere continue : « Les projets fossiles financés aujourd’hui enferment les pays en développement dans un modèle très émetteur de carbone pour les 40 à 50 ans à venir, alors que des alternatives existent.Mais en plus, la plupart du temps ces projets ne permettent pas d’améliorer l’accès à l’énergie des plus pauvres, mais répondent aux besoin d’industries détenues le plus souvent par des multinationales occidentales. Donc la Banque aggrave les changements climatiques et ne remplit pas sa mission de lutte contre la pauvreté. Il ne faut pas augmenter ses capacités sans conditions. »
Notes :
(1) Voir la Déclaration
(2) Voir Fuelling contradictions : the World Bank’s energy lending and climate change (en anglais)
(3) Voir le G20 va-t-il mettre fin aux subventions pour les fossiles ?
(4) Voir Copenhague est passé, la Banque mondiale accorde des milliards au charbon
Déclaration de la société civile contre les financements fossiles de la Banque mondiale



