Déforestation durable, une enquête sur la face cachée de l’exploitation forestière au Congo

Au cours d’une mission menée en novembre 2010 au Cameroun et au Congo, les Amis de la Terre France sont partis sur la trace des projets forestiers financés par la coopération française et à la rencontre des habitants à qui l’on a tout promis. Le film Déforestation durable, tourné lors de cette mission pose une question centrale : est-ce que l’exploitation forestière a vraiment permis de réduire la pauvreté dans le Bassin du Congo ?


Déforestation durable par Laboitecarree

Les forêts du Bassin du Congo représentent le deuxième massif de forêts tropicales humides du monde.

Dans ces forêts, il n’est pas (encore ?) question d’immenses coupes rases pour laisser place à des champs de soja ou à de l’élevage bovin mais d’un phénomène beaucoup plus diffus : l’exploitation forestière industrielle du bois. La forêt est divisée en grandes concessions forestières (atteignant parfois le million d’hectares). Officiellement, elle appartient toujours aux États mais en pratique, ce sont les entreprises, le plus souvent étrangères, qui ont les pleins pouvoirs.

Après avoir exploité la forêt primaire et extrait ces « bois précieux », bien souvent, l’exploitation n’est plus rentable économiquement. Les entreprises, même celles qui prétendent être engagées dans la gestion durable ou être éco-certifiées, se déplacent et abandonnent la concession pour une autre. Elles laissent derrière elles des villes fantômes où les ouvriers et leurs familles sont abandonnés à leur sort. L’électricité est coupée, les dispensaires et les écoles financés par l’entreprise sont fermés. Le braconnage, la prostitution et l’exploitation illégale explosent. La forêt disparaît peu à peu.

Pourtant, c’est ce modèle de gestion de la forêt que soutient la coopération française depuis plus de 25 ans en accordant des prêts ou des dons à des entreprises d’exploitation forestière.

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