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Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales

27 janvier 2003,
Porto Alegre, Brésil

3ème Forum social mondial
Lors d’un séminaire consacré aux stratégies visant les multinationales, les Amis de la Terre ont dénoncé l’influence croissante des multinationales dans le domaine politique et ont rappelé que seules des régles juridiques au niveau national et international pourraient réduire les dommages commis actuellement par certaines entreprises. Des membres des Amis de la Terre d’Amérique latine (Colombie et Salvador) ont témoigné.

Nous sommes dépendants des multinationales pour la satisfaction de nos besoins fondamentaux. Il faut résister à la domination de nos vies par les grandes entreprises à la recherche de profits. Les Amis de la Terre dans 70 pays se battent pour la justice environnementale, a rappelé le directeur politique de l’association.

La justice veut dire pour les Amis de la Terre, le droit à une qualité de vie et un partage équitable des ressources de la planète. Il faut définir un seuil minimum de consommation mais aussi un niveau maximum au-delà duquel la consommation n’est plus viable pour la planète et sa population. Le modèle économique actuel ne fait qu’augmenter l’injustice dans le monde, étendant les droits des multinationales au détriment des citoyens.

Il faut réaffirmer la souveraineté des peuples sur les ressources (tout en luttant contre la surconsommation). Les droits à l’énergie, la nourriture, la terre et l’eau doivent être réaffirmés car sans eux, nous ne pouvons pas survivre, a déclaré Ricardo Navarro du Salvador.

La justice, c’est le droit à l’information, la participation et l’accès à la justice pour obtenir réparation, notamment pour les violations commises par les multinationales.

Certains gouvernements sont devenus les marionnettes des multinationales, reconnaissent les milliers de personnes rassamblées à Porto Alegre. Meme le president Bush est manipulé par les compagnies pétrolières américaines pour lancer la guerre contre l’Irak.

Il existe un vide juridique au niveau international que les entreprises exploitent à leur profit. Mais lorsque les gouvernements sont faibles, ils sont aussi incapables de faire appliquer le droit même s’il existe.

Tous les intervenants ont fustigé le Global compact dont l’ONU fait la promotion. Ce texte contient des principes interessants mais sans aucun mécanisme de contrôle et de sanction. L’ONU se contente des déclarations d’intentions d’entreprises déjà coupables de violations graves des droits humains et du travail ont fait remarquer les participants.

Ricardo Navarro a exposé la situation dans son pays, le Salvador. "Nous vivons dans un monde légal mais pas juste, a-t-il expliqué. Aujourd’hui nos besoins quotidiens sont totalement dépendants des multinationales, l’acces à l’eau, à l’électricité, etc.. Nos gouvernements ont tout vendu à des entreprises étrangères qui veulent faire des profits à court terme dans nos pays."

Il a ensuite dénoncé le fait que la présence croissante des multinationales en Amérique latine entraîne la militarisation de nombreuses régions qui détiennent des ressources naturelles comme le pétrole. Le plan Colombie financé par les Etats-Unis en est un exemple.

Parlant de son expérience en Grande Bretagne, l’aasociation Christian Aid a dit que les accords volontaires sont un futilité. Il faut une convention internationale pour la responsabilité juridique des entreprises et appliquer le principe de subsidiarité. Quand les lois nationales existent, elles doivent être respectées par les entreprises et appliquées par le pouvoir judiciaire.

Dans la salle, un participant fait remarquer "dans beaucoup de pays, les entreprises ont une influence croissante sur la situation macro-économique : les multinationales arrivent à négocier les régimes fiscaux et les droits de douane par exemple.

En conclusion, il a éte rappelé que les populations avec lesquelles les ONG comme les Amis de la Terre travaillent luttent pour leur survie. Les batailles de Porto Alegre doivent donc rejoindre la satisfaction de revendications trés immédiates comme le paiement de dommages et intérêts par les multinationales. Il n’est pas toujours facile de porter les discours et reflexions sur la mondialisation aux populations les plus pauvres.

Contact a Porto Alegre : Helene Ballande - 9649 9013