Suite à l’arrêt de la Cour d’Appel de Reims rendu vendredi 23 juillet 1999, ayant interdit toutes les activités de l’usine Métal Blanc qui entraînent une pollution par le plomb (voir nos communiqués de presse des 25 juillet et 26 juillet), les membres des associations locales de protection de l’environnement ont été agressés jusque chez eux, et reçoivent maintenant des menaces de mort.
Batteries déversées devant les maisons, acide intoxiquant les habitants, vitres brisées, pression constante menant à la dépression, risques graves de sortir de chez soi sont le lot permanent des habitants de Bourg-Fidèle depuis vendredi dernier. Jusqu’à 15 km des agriculteurs, victimes de la pollution par le plomb, sont attaqués et menacés.
" Nous avons affaire à une entreprise qui pollue depuis de nombreuses années, met en danger la santé de ses salariés et des habitants de la commune, a profité du laxisme des pouvoirs publics qui n’ont rien fait pour faire respecter les normes ni leurs propres mises en demeure. Cette entreprise se présente maintenant comme victime, alors qu’elle est la seule et unique cause de la décision de justice, confirmée en appel, qui ne lui interdit pas de poursuivre son activité mais simplement de polluer ! C’est un comble ! ", tient à préciser Perline, ingénieure, chargée de mission plomb aux Amis de la Terre.
Rappelons que, selon un rapport du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, des mesures à l’école de Bourg-Fidèle ont montré qu’un enfant sur quatre présente une plombémie supérieure à 100 µg/l. De plus, faute d’autorisation, une partie importante des enfants des salariés de l’usine Métal Blanc n’a pas participé à ce dépistage.
Certains rejets de cheminée ont été mesurés à 10 fois plus que la norme.
" Il n’est pas acceptable que les salariés payent pour les incuries de leurs patrons et des pouvoirs publics, qui n’ont proposé, ni les uns ni les autres une quelconque solution à cette situation dramatique qu’ils contribuent à faire pourrir un peu plus chaque jour.
Il est insupportable et inadmissible de voir les victimes de la pollution par le plomb, réunies en association de défense de la santé de tous et de l’environnement, agressées et en danger de mort, sans protection réelle ", s’est insurgée Perline.
Attendra-t-on un drame avant d’agir ?
Les pouvoirs publics se doivent en priorité de protéger ces citoyens, en urgence, d’envoyer des renforts aux gendarmes déjà dépassés, et de prendre des mesures efficaces pour apaiser les salariés privés de leur travail par une décision de justice protectrice de leur santé et de celle de leurs enfants.



