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Des paysans rares

nouvellement installés...et malmenés et qui ont besoin de soutien moral pour poursuivre un beau projet de reconquête agricole.

Bien qu’il y ait 400 ha de terres agricoles à Groix, seuls 200 ha sont cultivés (info 2006) : les terres sont très difficilement accessibles car souvent en indivision depuis trop longtemps...


Par Hélène Gassie, référente agriculture pour les Amis de la Terre

La famille R. est une famille rare, qui cultive la terre et la biodiversité, sur l’île de Groix, justement parce que c’est une île. Ils sèment des variétés rares de conservation et espèrent faire de Groix, avec d’autres, une île bio s’ils ont accès à la terre.

Leurs 5 enfants sont tous passionnés : un maraîcher installé dans les Côtes d’Armor, une future ingénieure agro qui travaille sur les semences, un futur maraîcher en formation, actif sur l’exploitation et qui collectionne plein de petits sachets de graines, un éleveur de petites vaches et le dernier qui a 12 ans et bichonne son poulailler perso productif. Ils portent tous de beaux prénoms bretons (Guénolé, Erwan, Lowenn, Guirec, Brieuc) et ont été élevés avec des valeurs rares.

Ils sont liés au Réseau Semences Paysannes, très actifs sur la préservation des variétés potagères avec Véronique Châble, chercheuse à l’INRA dont ils m’ont fait connaître les écrits.

Installés depuis peu de temps, ils sont la cible d’attaques depuis de longs mois et ont subi beaucoup de galères : la moindre n’étant pas la prolifération des lapins qui ravagent leurs cultures et de chasseurs qui prennent tout leur temps pour les aider à résoudre ce problème de nuisibles.

Il m’a été donné de les rencontrer et ça ne s’oublie pas comme ça : je résiste depuis à l’envie d’aller travailler avec eux pce qu’ils ont beaucoup à transmettre, ça viendra.

Ils ont besoin de soutien : c’est de paysans comme ça qu’on voudrait partout, alors écrivez-leur ou téléphonez ou mettez des messages de soutien sur le site suivant, article "squatteurs"( !), mais n’envenimez pas la polémique. Merci .

http://ile-de-groix.info/article.ph...

Qu’ils reçoivent des gages de notre amitié, de notre intérêt pour leur projet, et les pensées de tous ceux qui aux Amis de la Terre se passionnent pour la défense et l’installation de paysans diversifiés, engagés, conscients des enjeux majeurs liés aux semences et à la souveraineté alimentaire, et qui font vivre en le nourrissant le pays qui les fait vivre.

Nous sommes attentifs à cette nouvelle économie groisillonne qui est en train de prendre forme. Les Amis de la Terre France apportent leur soutien aux maraîchers, aux agriculteurs et aux chasseurs soucieux de réguler les prédateurs de cultures nourricières, à tous ceux qui oeuvrent pour remettre en valeur cette agriculture vivrière au service des hommes et de la Nature.

__________________

Pour INFO :

Il y avait une formidable culture vivirère à Groix du fait des femmes. La terre nourrie par le goémon était merveilleuse de qualité.

- après guerre, un remembrement et l’arrivée d’agriculteurs du continent a modifié de manière rude le paysage.

- cette agriculture conventionnelle importée a suivi le cours des directives agricoles, en cultivant souvent des terres sans baux signés.

- l’arrivée de fruits et légumes moins chers du continent a petit à petit réduit l’activité vivrière des uns et des autres. La déprise agricole a pris place.

- l’indivision s’est démultipliée à propos des terres agricoles, aujourd’hui c’est assez inextricable...

- en 2003, sont annoncés deux départs à la retraite d’agriculteurs conventionnels (soit 200ha). Une étude de l’ADASEA, met en garde que sans reprise d’une activité agricole conséquente, il suffirait d’une décennie pour que tout Groix soit une immense friche luxuriante et inflammable !

- une famille est venue, informée de la disponibilité de terres agricoles par Armina des Amis de la Terre et du Réseau Cohérence.

- depuis 2005, une agriculture respectueuse de l’environnement, de la santé, des abeilles peut se déployer avec le soutien du Maire. La complexité des institutions... etc, ont demandé beaucoup de concentration, de détermination à l’administration communale.

- l’installation des bâtiments agricoles, outil de travail primordial, est un vrai problème, la loi littoral ne permet que très peu d’implantation sur une si petite île.

- du coté de Quelhuit, il y a un projet de bergerie avec moutons pour entretenir la lande.

- du cote de Lomener, un couple de maraîchers fait dans des "paniers bios ».

- près de Kerbus, un jeune éleveur de vaches, aimerait s’installer avec une petite unité de transformation du lait. Les autres membres de sa famille en Gaec avec lui, aimeraient installer en lieu sûr leurs machines agricoles.

- un agriculteur conventionnel (100ha), reporte sa retraite, traite ses champs très largement avec des produits chimiques, jusque sur les chemins. Il ne pense nullement à la nappe phréatique, ni à la santé.

- des propiétaires de terres n’ont plus de liens à la tradition paysanne. La pression foncière ne les aident pas à y revenir. Des terres soient non entretenues, de plus infestées de lapins, soient sans vers de terre et dégradées ne peuvent pas se négocier comme de belles terres agricoles.

- la tradition de Groix, du côté des hommes a toujours été les activités de la mer. Aujourd’hui ce sont les activités économiques liées au bâtiment et au tourisme qui sont dominantes.

- Il y a une grande hésitation à penser l’avenir, à l’agriculture durable comme un espace économique en faveur de Groix . Les enjeux âpres autour des terres agricoles en sont le révélateur.

L’île de Groix saura-t-elle renouer avec cette belle tradition d’entretenir ses terres, pour de belles cultures vivivrières pour tous dans une économie saine, rayonnante, de proximité ?

Hélène Gassie et Armina Knibbe