Nos derniers débats ont porté sur la campagne d’intoxication menée par la Ville de Toulouse (elle a coûté 220 000 € !) :
Ouf ? - Encore plus de voitures et de camions avec un nouveau grand contournement autoroutier !
Chut ? - Encore plus d’avion avec une deuxième plateforme aéroportuaire !
Zen ? - Pas de train régional, ni vers les autres villes d’Europe (Barcelone) si tout l’argent va au TGV !
Quelle consultation a précédé ces décisions de la Mairie de Toulouse ? Au sein du collectif PDU, nous refusons la seconde rocade, car le bon choix, c’est développer les transports collectifs. Sur les deux autres points, le débat est en cours. Je donne ici mon analyse personnelle :
Pour un vrai Chut - Non à la prolifération des avions.
Pour être vraiment Zen - Du train, oui, mais partout et vers toutes les destinations.
La meilleure solution, c’est d’investir massivement dans toutes les dessertes de trains conventionnelles. C’est le plus efficace et le moins cher. Le TGV est en effet un échec en terme de reconquête du train sur la route :
- après 20 ans de TGV, c’est toujours la route qui domine ; presque personne n’en veut en Europe et dans le monde
- il concentre les accès sur Paris au détriment des autres
La position la plus intelligente, c’est donc un oui franc et massif aux transports ferroviaires à grande distance, régionaux et d’agglomération afin de donner vraiment la priorité au développement du transport ferroviaire de passagers et de fret :
- autour de la grande agglomération toulousaine pour y diminuer la circulation automobile,
- dans toute la région Midi-Pyrénées pour développer ses liens vers les autres métropoles de France et d’Europe, dans le cadre de la décentralisation.
Le financement de la ligne ferroviaire à grande vitesse doit se faire en plus du développement du trafic ferroviaire de Toulouse et de Midi-Pyrénées et non à sa place. Quant à la future ligne de train à grande vitesse entre Bordeaux et Narbonne via Toulouse, il faudra veiller aux nuisances des riverains, l’intégrer au paysage et développer simultanément des dessertes ferroviaires classiques. Un tel projet ne peut être profitable que s’il est couplé avec l’abandon du projet de nouvelle plateforme aéroportuaire et la diminution par moitié des nuisances ariennes sur Toulouse-Blagnac d’ici 20 ans, avec des avions moins bruyants et beaucoup moins nombreux.
J-C. Valadier, janvier 2005