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Donnons une seconde vie à nos objets, pensons à la réparation !

La réparation est un geste simple pour réduire nos prélèvements de ressources et notre production de déchets. Faire réparer ses produits permet d’allonger la durée de vie de nos biens et de faire vivre de nombreux artisans de la réparation et les structures de l’économie sociale et solidaire.

Notre société de consommation est fondée sur un renouvellement rapide des produits et un culte pour les nouvelles technologies. Cette course à l’innovation a pour conséquence un accroissement en volume et en toxicité de nos déchets : vite achetés, nos biens sont en général vite jetés. Si le recyclage apparaît comme un moyen de valoriser nos déchets, il ne peut constituer la solution ultime car il y aura toujours des déchets qui échapperont au processus de collecte, de traitement et de valorisation. L’acquisition de nouveaux biens qui ne seront que partiellement collectés et recyclés nécessitera le prélèvement de nouvelles ressources. La réparation permet, elle, de retarder la mise au rebut d’un objet et donc de réduire notre production de déchets. L’intérêt environnemental de la réparation a été mis en avant par la directive cadre sur les déchets de 2008 qui a érigé le réemploi et la réparation comme les options à privilégier dans la gestion des déchets, avant même le recyclage. Malgré les bénéfices économiques et écologiques de la réparation, le secteur de la réparation est en difficulté.

La réparation, un secteur en difficulté

La réparation a été mise à mal par notre modèle de consommation. D’une part, la miniaturisation et la complexification de nos appareils électriques et électroniques ont restreint le recours à la réparation à cause de la difficulté technique et du coût de la réparation. Les réparateurs ont dû s’adapter pour réparer nos nouveaux produits quand, dans le même temps, les constructeurs limitaient l’accès aux manuels techniques de réparation et aux pièces détachées.
D’autre part, la baisse des prix dans le secteur du textile a conduit à une surconsommation de vêtements et de linge de maison. Ainsi, en France, nous jetons 17 kg de déchets textiles par an et par personne, dont 9 kg de vêtements. Les couturiers ont fait les frais de ce nouveau phénomène. Entre 2006 et 2009, ce secteur a enregistré une baisse d’activité importante : le nombre d’entreprises a diminué de 28 % et le nombre d’emplois de 33 % [1]. Cependant, avec la crise économique et la prise de conscience qu’on ne pouvait plus tout jeter, de nouvelles dynamiques voient le jour.

Des dynamiques à encourager

Plus de 50 000 brocantes et vide-greniers sont organisés chaque année en France et les consommateurs sont de plus en plus enclins à acheter des produits de seconde main, comme en témoigne la progression régulière des ventes sur les sites de mise en relation type eBay ou le Bon coin [2]. Cet engouement pour les produits d’occasion est un moyen de faire redécouvrir les savoir-faire des réparateurs. Des journées de la réparation commencent ainsi à être organisées par des collectivités ou des associations lors de brocantes, pour faire connaître les artisans locaux et redonner aux consommateurs le réflexe de faire réparer leurs objets [3].
La réalisation d’annuaires “de la seconde vie des produits” entre aussi dans cette dynamique. Ces annuaires aident chacun à trouver les bonnes adresses pour faire réparer, louer, emprunter, acheter et vendre d’occasion mais aussi donner, échanger ou s’informer sur l’allongement de la durée de vie des produits. Une initiative à encourager ! : une étude a révélé que sur les 63 % de consommateurs qui avaient l’intention de faire réparer leur objet en panne, seuls 44 % le faisaient effectivement, les autres abandonnant faute d’avoir trouvé un réparateur en qui ils avaient confiance. C’est dans cette logique que Les Amis de la Terre Paris lanceront à la rentrée leur annuaire sur le site www.produits pourlavie.org.
Enfin, les structures de l’économie sociale et solidaire, avec en tête Emmaüs, Envie et le Réseau des Ressourceries permettent de concilier geste écologique et solidaire. Elles offrent une activité à des milliers de personnes qui collectent, réparent ou vendent les objets, avec pour objectif la lutte au quotidien contre l’exclusion. Toutes permettent de réduire notre pression sur les ressources naturelles et de parvenir à un partage plus équitable des ressources entre tous les êtres humains. Soutenons-les !

> CAMILLE LECOMTE
Chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables

[1] ADEME, Actualisation du panorama de l’offre de réparation, septembre 2010.
[2] Mes courses pour la planète, les chiffres de la consommation responsable, édition 2010.
[3] Pour plus d’informations sur les journées de la réparation : Réseau Idéal, Conseil général de la Dordogne.

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