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Dossier " Nucléaire, s’en sortir "

31 octobre 2011,
Par Marie-Christine Gamberini

Dans son numéro d’automne 2011, la Baleine des Amis de la Terre consacre un important dossier à l’énergie nucléaire et aux moyens de s’en sortir enfin, après Fukushima, en France et dans le monde.


La Baleine n° 167 et son dossier "Nucléaire, s’en sortir", sont consultables et téléchargeables ici.

Ne pas hésiter à en commander au Secrétariat Fédéral des exemplaires en nombre. En cette période de précampagne des élections présidentielle et législatives, diffuser largement ce dossier est un des moyens à notre portée pour tâcher de peser dans le débat politique.

Editorial de Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre

Three Mile Island, Tcher nobyl, Fukushima... bientôt Nogent-sur-Seine et ses douze millions de Franciliens !?

Avec Internet, impossible de dissimuler tout à fait l’ampleur des contaminations subies au Japon et ailleurs. Quoi qu’il advienne à présent, le plus gros de la radioactivité ne disparaîtra pas mais, concentrée ou dispersée, perdurera. Dans le sol, les eaux, c’est durant des siècles pour le césium 137, des milliards d’années pour d’autres radioéléments, qu’il faudra la surveiller, comme le savent bien les Amis de la Terre en Limousin maintenant que les mines d’uranium y sont fermées.

Condensé antidémocratique de périls écologiques, sanitaires, énergétiques, alimentaires, le nucléaire ne peut subsister que par le mensonge. En dehors même des catastrophes, les centrales atomiques produisent chaque jour plus de radioactivité. Qui sait qu’il y en a bien davantage dans un réacteur électronucléaire que dans une bombe atomique !? Ou que la vie n’a pu se développer sur Terre que quand la radioactivité naturelle avait suffisamment décru !?

C’est au nom de la justice sociale et environnementale que nous avons toujours rejeté un système nucléocratique foncièrement inégalitaire et dévastateur, au plan national et international. Technologie intrinsèquement guerrière et centralisatrice, axe structurant des politiques françaises depuis des décennies, le nucléaire doit être combattu en soi, indépendamment de la lutte pour la transition énergétique et climatique. Mais il est vrai, également, que celle-ci restera pour l’essentiel impossible en France tant que le recours au nucléaire persistera – car il s’oppose à toute réelle alternative.

Pour les Amis de la Terre, la perspective d’un référendum sérieux sur le bourbier nucléaire n’est pas crédible en l’absence de levée du secret défense, voire du secret commercial et industriel. Nous avons néanmoins cosigné l’appel du 17 mars 2011 “Nucléaire, nous voulons avoir le choix” car son texte – qui engage, espérons-le, les 67 associations, syndicats et partis politiques signataires – pose déjà, en tout état de cause, la nécessité de ne plus dépasser trente ans d’exploitation pour les 58 réacteurs de l’Hexagone, ainsi que de cesser les exportations nucléaires françaises.

Nous soutenons aussi la proposition d’un tribunal Russell pour les crimes du nucléaire civil, qui rejoignait l’idée de tribunal mondial que nous avions avancée le 16 mars. Mais vu l’urgence et le nombre de promoteurs de l’atome à juger, la question se pose au fond ! : tribunal, ou amnistie générale en échange d’un renoncement immédiat à l’emploi de ces technologies mortifères !?

Aujourd’hui, les Amis de la Terre Japon appellent leur gouvernement à prendre la tête du mouvement planétaire de dénucléarisation civile et militaire. La France aussi est l’un des deux ou trois Etats les plus nucléarisés, et les plus nucléarisants. Cessons de laisser faire en notre nom. Il est déjà tard, très tard. Tâchons de sauver ce qui peut encore l’être.