COP 21 : débout pour la justice climatique !

PARIS, le 27 novembre 2015 – Plus de 147 chefs d’États se réuniront le 30 novembre à Paris pour l’ouverture du Sommet des Nations unies sur le climat, qui durera deux semaines. Le Sommet devrait entériner un accord mondial sur le climat dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2020.Les Amis de la Terre International - le réseau écologiste de simples citoyens le plus large du monde - ne nourrissent pas de grandes attentes pour le Sommet des Nations unies sur le climat à Paris.

« Malheureusement, nos gouvernements manquent d’ambition. Où sont les engagements pour des mesures urgentes visant à éviter un changement irréversible du climat et protéger les peuples de ses impacts ? Compte tenu du texte proposé, nous pouvons en conclure que l’accord de Paris échouera à garantir la justice climatique. Cette situation est en parfaite opposition avec les actions menées par les peuples, qui se mobilisent dans le monde entier, opposent de plus en plus une résistance à l’extraction des combustibles fossiles et nous conduisent sur la voie de sociétés soutenables », déclare Jagoda Munic, présidente des Amis de la Terre International.

À la veille du Sommet, des centaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues de 150 pays pour demander de véritables actions afin de lutter contre le changement climatique. Les militants et les spécialistes des Amis de la Terre International ainsi que leurs groupes membres participeront aux manifestations du 28 et 29 novembre dans plusieurs de ces pays. Ils organiseront différents évènements en marge du Sommet à Paris, tout en suivant de près les négociations. [1]

« Les peuples savent qu’il est temps d’agir et que nous ne pouvons pas compter sur la bonne volonté de nos gouvernements pour sauver le monde. Nous avons besoin de la pression de la société civile à Paris. La transformation vers des sociétés soutenables est en cours, menée par les vrais leaders : les peuples. Si les solutions des peuples sont adoptées universellement et ne sont plus freinées par les décideurs politiques ou affaiblies par les mesures incitatives des entreprises, nous pourrons faire ensemble d’énormes progrès sur cette voie », explique Lucy Cadena, coordinatrice du programme Justice climatique et énergie aux Amis de la Terre International.

« Un accord à Paris peut être un succès seulement s’il répond aux exigences du Test des peuples sur le climat : si chaque pays engage leur part équitable pour réduire de manière urgente leurs émissions intérieures ; si l’accord inclut un transfert approprié des ressources financières et technologiques du Nord vers le Sud, et un mécanisme séparé pour les pertes et les dommages ; s’il répond à la nécessité d’une transition juste pour garantir les droits des travailleurs, et s’il met l’accent sur de vraies solutions transformationnelles et non des fausses solutions colportées par le lobby des entreprises. Malheureusement, nous ne croyons pas que cet accord répondra à ces exigences, et il ne fait donc que renforcer notre résolution à nous engager davantage aujourd’hui et en 2016 », ajoute-t-elle.

Des millions de personnes paient déjà le prix de leur vie, parce que nos gouvernements continuent de ne rien faire. La crise climatique touche de manière disproportionnée les nations les plus pauvres et les personnes les plus démunies, qui ne sont pas à l’origine de la crise climatique à laquelle nous sommes en train de faire face. Les pays développés les plus riches du monde sont les principaux responsables du changement climatique et « la voie du progrès » qu’ils ont empruntée s’est traduite par la pollution. Selon les Amis de la Terre International, ces nations ont accaparé bien plus que leur part équitable de l’espace atmosphérique. Il est urgent qu’elles réduisent de manière significative leurs émissions et qu’elles transforment complètement leurs économies et leurs sociétés.

« De nombreux dirigeants politiques sont confrontés à la pression des entreprises transnationales, dont les bénéfices reposent sur l’exploitation des combustibles fossiles et de l’énergie polluante. Cette pression des entreprises conduit à la défense du charbon, de la fracturation hydraulique, du nucléaire et des fausses solutions comme les marchés du carbone, la compensation et l’agriculture industrielle, au sein même des Nations unies et au niveau national. Et le gouvernement français ne fait pas exception : il a choisi des entreprises du domaine du nucléaire et des combustibles fossiles polluants comme EDF et Engie pour sponsoriser le Sommet sur le climat », rappelle Malika Peyraut, chargée de campagne pour l’énergie aux Amis de la Terre France.
Les grandes entreprises dépensent des sommes colossales, au moyen d’actions de lobbying et d’écoblanchiment, pour compromettre la lutte contre le changement climatique. Les Prix Pinocchio du climat, décernés le 3 décembre à Paris, récompenseront les entreprises les plus coupables de l’affaiblissement des actions pour le climat. [2]

POUR PLUS D’INFORMATIONS
Porte-parole :

  • Jagoda Munic, présidente des Amis de la Terre International : +385 98 17 95 690 ou +33 6 07104213 (29 Nov-12 Déc) ou par courriel jagoda@zelena-akcija.hr
  • Lucy Cadena, coordinatrice du programme Justice climatique et énergie, les Amis de la Terre International, +44 7580 270129 ou +33 6 07103962 (29 Nov-12 Déc) ou par courriel lucy.cadena@foe.co.uk
  • Malika Peyraut, chargée de campagne pour l’énergie, les Amis de la Terre France, + 33 6 88 48 93 68 ou par courriel : malika.peyraut@amisdelaterre.org

Attachés de presse :

  • Contacts presse des Amis de la Terre International : +31 6 510056 30 ou +33 6 07104509 (29 Nov-12 Déc) ou par courriel media@foei.org
  • Pierre Sagot, chargé de communication, les Amis de la Terre France, + 33 6 7104509 ou par courriel communication@amisdelaterre.org
  • Francesca Gater, coordinatrice de la communication, les Amis de la Terre Europe, + 32 485 93 05 15 ou par courriel francesca.gater@foeeurope.org

NOTES À L’ATTENTION DES RÉDACTEURS
[1] Les militants et les spécialistes se tiennent à la disposition des journalistes pour les informer sur l’avancement des négociations et témoigner de leur vécu personnel et de leurs combats, souvent dans des régions touchées par l’injustice climatique. Les coordonnées des représentants des ATI et de leurs groupes membres à Paris sont disponibles dès le 28 novembre ici : http://www.foei.org/wp-content/uploads/2015/11/Foei-PRESS-contact-sheet-from-28-Nov-Sheet1.pdf

[2] http://www.prix-pinocchio.org/ Pour plus d’informations sur le Prix Pinocchio du Climat et participer à la conférence de presse le 03 décembre à 18h, contactez Pierre Sagot, chargé de communication aux Amis de la Terre France : 06 86 41 53 43 ou par courriel communication@amisdelaterre.org

SOMMET SUR LE CLIMAT À PARIS - INFORMATIONS GÉNÉRALES

QUE DEVONS-NOUS ATTENDRE DES NÉGOCIATIONS SUR LE CLIMAT À PARIS ?
Les dirigeants politiques proposent pour l’essentiel des mauvaises solutions et des promesses creuses, y compris quand il s’agit du marché carbone élargi, du REDD et des engagements volontairement faibles de réduction des émissions.
La volonté d’inaction de nos gouvernements est manifeste : leurs engagements non contraignants et leurs vaines promesses qu’ils vont rappeler à Paris, seront indéniablement insuffisants pour faire face à l’urgence de la crise climatique.
Les INDC actuelles (« contributions décidées au niveau national ») présentées à Paris nous placent sur la trajectoire d’un réchauffement climatique moyen de plus de 3,5°C, ce qui, de toute évidence, va nous conduire à un désastre climatique. Jusqu’à présent, nos riches gouvernements n’ont pas assumé leur part de réduction des émissions mondiales pour arrêter le réchauffement climatique sous le seuil de 1,5 degré. Ils ont également échoué à intégrer un engagement visant à abandonner de manière progressive, dès que possible (et au plus tard en 2050), l’exploitation des énergies fossiles. Les engagements financiers qu’ils destinent aux pays exposés au changement climatique et à ceux qui en subissent déjà les conséquences, sont plus qu’inadéquats.

SOMMET SUR LE CLIMAT À PARIS : ÉCHEC OU FUTUR SUCCÈS ?
En juin 2015, une déclaration écrite par les mouvements sociaux des communautés exposées au changement climatique des pays du Sud ainsi que par des groupes environnementaux, confessionnels, de travailleurs et de lutte contre la pauvreté, représentant des dizaines de millions de personnes à travers le monde, a été délivrée aux différents ministres rassemblés à l’Assemblée générale des Nations unies pour débattre du changement climatique.
La déclaration intitulée « L’épreuve des peuples pour le climat 2015 », laquelle définit les exigences minimales nécessaires au sommet pour le climat à Paris, est disponible en anglais, en français et en espagnol sur le site : http://peoplestestonclimate.org.
Si les politiciens échouent à cette épreuve, leur Sommet sera un échec. Vu le statut actuel des négociations et des plans d’action nationaux prévus pour le climat, les Amis de la Terre International estiment que le sommet à Paris ne permettra pas de prendre les mesures nécessaires, dont nous avons immédiatement besoin. L’objectif de réduction des émissions, auquel les observateurs s’attendent à Paris, ne suffira pas à limiter le réchauffement climatique de 1,5 ou même de 2 degrés. De plus, la répartition des réductions des émissions de carbone à l’échelle mondiale ne tiendra compte ni de la science, ni des principes d’équité. Selon nous, il est également important de considérer que le financement adopté à Paris sera loin d’être suffisant pour aider les peuples des pays du Sud à s’adapter au changement climatique et pour prendre en charge les réparations de ceux qui souffrent des préjudices irréparables dus à ce changement.

QUELLES SONT LES VRAIES SOLUTIONS POUR LUTTER CONTRE LA CRISE CLIMATIQUE ?
Face à la crise climatique, il existe de vraies solutions. Dans le monde entier, des peuples s’impliquent déjà pour mettre au point les solutions, dont nous avons besoin, en matière d’énergie propre et sûre, et ils refusent et s’opposent à tout projet favorisant les énergies polluantes. Ces solutions comprennent la fin de l’utilisation des combustibles fossiles et fissiles, le développement de solutions énergétiques collectives, propres et durables, une forte réduction des émissions de carbone, la transformation de nos systèmes alimentaires et l’arrêt de la déforestation.
Notre système énergétique actuel n’est pas tenable, mais il est possible de le changer par une révolution verte, qui favorisera un système énergétique juste, durable, sans répercussions sur le climat et garantissant à tous le droit fondamental de l’accès à l’énergie.
Le mouvement pour de véritables alternatives grandit et se renforce jour après jour. 2016 sera une année consacrée aux actions ; une année où les exigences et les solutions des peuples occuperont le devant de la scène. Les peuples du monde entier demandent que notre système énergétique dirigé actuellement par les entreprises de l’énergie fossile soit remplacé par un système d’énergie renouvelable appartenant et contrôlé par les communautés.
Les peuples veulent un engagement pour un avenir énergétique juste, durable, sûr et écologique, qui soit fondé sur les économies d’énergie et une énergie placée sous le contrôle social. La transformation en profondeur de nos systèmes d’énergie suffira à elle seule à résoudre la crise climatique.

À télécharger...

Rédigé le