Paris, le 5 mars 2004. Au cours d’un voyage dans 8 pays d’Europe, le Dr. Emil Salim, ancien Ministre de l’Environnement de l’Indonésie, fera halte à Paris, ce jour, afin de discuter avec les experts du Gouvernement Français des recommandations du rapport final de l’"Extractive Industries Review" (EIR), dont il a eu la charge. Commandité par le Président de la Banque Mondiale, cette évaluation indépendante avait pour but d’examiner la contribution des projets pétroliers, gaziers et miniers à la reduction de la pauvreté, mission de l’institution.
Le rapport conclut que la Banque Mondiale ne devrait financer de projets extractifs que « si ses interventions permettent aux industries extractives de contribuer à lutter contre la pauvreté via le développement durable. Cela n’est possible que lorsque les bonne conditions sont en place ».
Ces conditions, présentées en détail dans le rapport final de l’EIR, concernent la bonne gouvernance, le respect des droit humains ; l’existence d’une législation environnementale efficace ainsi que l’information et le consentement préalable des populations affectées par les projets. De plus, reconnaissant la menace du changement climatique provoqué par les énergies fossiles, le rapport recommande à la Banque de cesser immédiatement ses financements pour l’extraction du charbon et du pétrole, et de redéployer ses fonds vers les énergies renouvelables et en faveur des populations les plus pauvres.
Les associations de la société civile française ont estimé que ce rapport ne va pas assez loin. « Nous saluons l’important travail réalisé par M. Salim. Cependant le rapport EIR ne constitue une première étape dans la lutte contre la pauvreté, mission officielle de la Banque Mondiale, il faudra le mettre en œuvre et aller plus loin. », explique Susanne Breitkopf chargée de mission Institutions Financières Internationales pour les Amis de la Terre. « La fin du financement des projets énergétiques fossiles, qui ne profitent qu’aux grandes compagnies et aggravent le dérèglement climatique est un élément clé de l’EIR. Le réchauffement climatique sera dans les décennies à venir un frein majeur au développement durable des pays du Sud. La Banque Mondiale doit concentrer son aide sur les énergies renouvelables et en direction des plus pauvres. » renchérit Laetitia De Marez chargée de mission climat pour Greenpeace.
Les Amis de la Terre, en partenariat avec une vingtaine d’organisations, viennent de lancer une campagne en direction du Gouvernement Français : « Banque Mondiale : scandales en sous-sol ; Pétrole, Charbon et Mines des projets destructeurs subventionnés ». Dans une lettre adressée le 3 Mars au Ministre de Finance, les associations l’appellent à clarifier la position du gouvernement sur ce dossier et à ce « que la France, en tant qu’Etat membre important de la Banque Mondiale, soutienne les recommandations du rapport final de l’EIR ».
A l’invitation des Amis de la Terre et Greenpeace, le Dr. Salim a accepté de venir discuter de son rapport avec la presse et la société civile française. La rencontre avec Emil Salim aura lieu :
Le 5 Mars 2004 à 14:00 heures
A la Taverne Kronembourg, 24 Boulevard des Italiens, 75009 Paris.
Contacts :
Susanne Breitkopf, Les Amis de la Terre : 01 48 51 32 22 ou 06 77 77 58 68
Laetitia De Marez, Greenpeace : 01 44 64 02 06 ou 06 08 75 50 08



