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Du "Pin des Landes" ... brésilien et en plus OGM ?

Par Groupe local des Landes

Pour qui roule le label PEFC ?

Les Amis de la Terre, particulièrement dans les Landes, ont comme cheval de bataille la protection des forêts, notamment tropicales, humides. La certification peut être un élément important de protection en informant le consommateur et lui garantissant que le bois acheté est issu de forêts gérées durablement sur le plan écologique et dans le cas du label FSC en respectant aussi les populations locales.

Le label PEFC n’est reconnu en Europe que par une petite minorité d’associations dont "France Nature Environnement" alors que toutes les autres associations européennes rejettent ce label trop complaisant pour les industriels. Ce label est plus du type démarche volontaire - "Ceux qui veulent faire des choses correctement, peuvent le faire" - que de type démarche contaignante - "Ceux qui signent, s’engagent et doivent respecter un certains nombres d’exigences précises."

Les Amis de la Terre ont plusieurs fois dénoncé le manque de sérieux du label PEFC et les risques que l’ont fait courir aux forestiers locaux. En effet, certains partenaires commerciaux n’ont qu’une confiance limitée dans la qualité de ce label et on se prive ainsi de marchés intéressants. D’autre part, si les Européens sont capables de mettre en place des labels peu exigeants, d’autres sauront le faire aussi et nos bois locaux seront alors directement mis en concurrence avec des produits "douteux écologiquement et socialement".

Pour les Amis de la Terre des Landes, une politique forestière ambitieuse sur les objectifs environnementaux - visant à mettre en avant la qualité du bois et la qualité de la gestion du massif gascon - passe par l’acceptation des contraintes du label FSC. C’est le seul moyen de protéger les intérêts des forestiers locaux, face au dumping social et écologique que pratiquent nombre d’industriels dans les forêts tropicales. D’autre part, c’est aussi le seul moyen d’amener ces industriels peu scrupuleux à devoir enfin accepter certaines règles sociales et écologiques.

Mais est-ce qu’on veut vraiment protéger nos intérêts locaux et les forêts du monde ? On peut se poser la question alors que le label PEFC est en passe de reconnaître le label brésilien CERFLOR !

Dans l’article : "L’Amazonie menacée par les éco-labels forestiers bidons ; PEFC le système européen de certification s’apprête à reconnaître le CERFLOR, une certification contestée." on peut lire :

"En 2004, la certification brésilienne CERFLOR, créée sous l’impulsion des industriels brésiliens de la pâte à papier, devient membre du Conseil PEFC en la qualité "d’observateur". Le 19 avril 2005, PEFC annonce l’ouverture d’une consultation publique sur son site Internet pour entériner la reconnaissance de la certification CERFLOR . Sur le site Internet de PEFC France, on comprend que l’enjeu est de taille : S’il est approuvé, le système CERFLOR sera alors autorisé à utiliser le logo de PEFC pour le marquage les produits issus des forêts brésiliennes gérées selon les critères de cette certification . Alors que la plupart des professionnels et des distributeurs pensent que la certification PEFC ne concerne que des bois européens, ils pourraient donc bientôt acheter des bois portant le logo PEFC...qui viennent d’Amazonie !"

En Aquitaine, beaucoup de gens influents dans le milieu forestier poussent pour la certification PEFC mais le PEFC agit-il vraiment dans l’intérêt de la filière locale ? Est-ce que les petits propriétaires forestiers, les petites scieries locales sont au courant que du pin brésilien pourra être importé massivement avec, en plus, un label européen qui fera penser aux acheteurs que c’est du bois local ? (Jusqu’à maintenant quelques firmes locales vendent déjà des meubles en pin fabriqués au Brésil avec du pin... brésilien. Le label PEFC, avec un E comme Européen, donnera encore plus au consommateur l’illusion que ces meubles en pin, vendus par des firmes locales sont en "Pin des Landes"...)

Un autre point très controversé du label CERFLOR - et qui montre bien le peu de sérieux de ce label - est qu’il accepte la création d’arbres GM ou manipulés génétiquement ! La Région Aquitaine s’est prononcée clairement contre les OGM. La position prise par les instances du PEFC sont-elles compatibles avec les positions votées par le Conseil Régional ?

Et comme si ce label brésilien très controversé ne suffisait pas, l’Afrique s’y met aussi. Les industriels du bois (dont beaucoup de Français !) vont lancer un label PAFC, avec un A comme Africain. Encore un label de complaisance. (Voir article : "Certification de la déforestation : nos labels s’exportent bien." )

Pourtant, c’est sous le parrainage du gouvernement français que ces labels vont se mettre en place. En effet, le 17 mai à Libreville, le Ministère des Affaires Etrangères financera un colloque sur "La promotion de la certification dans le Bassin du Congo". (La contribution des ONG sera faite par Mr Sébastien Genest de... FNE !)

Ainsi le marché français pourra continuer à être inondé de bois à l’origine douteuse - voire criminelle ! - mais "éco-certifiés" par des labels de complaisance. Nous continuerons à assister à la destruction des forêts primaires au Sud et notre massif forestier gascon ne pourra pas résister longtemps à cette concurrence déloyale.

Alors les Amis de la Terre se posent des questions :

- Pour qui roule le PEFC ?
- Le gouvernement français défend-il réellement les intérêts des forestiers locaux ou ceux des grands barons industriels français qui opèrent en Afrique [1]



[1] Voir l’article sur la politique du gouvernement sur les certifications