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Eco emballage : l’arnaque ?

6 avril 2006,
Par Hélène Gassie

Pervers point vert : il signifie que l’industriel verse sa cotisation à Eco-Emballage, en aucun cas que le matériau sera recyclé.

En 1992, Eco-Emballages doit permettre la mise en place de la collecte sélective et du tri dans les communes en recueillant des fonds prés des industriels qui produisent les emballages. 10 ans après, les communes ne s’y retrouvent pas ! En 2000, Eco-Emballages ne leur a reversé que 18% du coût total de traitement des emballages ménagers. En 2001, le montant total apporté par les organismes agréés est de 30% ; c’est mieux, mais le reste est à la charge du contribuable. Jusqu’en 2000, les industriels ont versé à Eco-Emballages 1 centime de franc par emballage, une des contributions les plus faibles d’Europe. Pour une bouteille en plastique, la contribution était de 29 centimes en Allemagne, 21 en Autriche, 7 en Belgique et 2,2 en France. En avril 2000, la contribution des industriels est passée à 2 centimes par emballage et à presque 4 le mois dernier. Mais c’est encore insuffisant. Ce n’est pas la tonne de déchets triée, détournée de la décharge ou de l’incinération par les collectivités locales qui est aidée financièrement mais seulement la tonne utile de matériau préparée pour son réemploi par les professionnels. Les collectivités locales jouent le rôle de prestataires pour le monde industriel. Une partie des cotisations collectées par Eco-Emballages repart vers le monde industriel pour le financement des filières de matériau et de la recherche industrielle. Avant 1992, le centre de tri de Dunkerque revendait la tonne de verre collectée 250F. A sa création, Eco-Emballages a fixé le prix à 150F ! L’industrie du verre bénéficie de la baisse et récupère ainsi une partie de sa cotisation. Eco-Emballages rétorque que cela permet aux élus d’écouler les matériaux triés même si les cours s’effondrent. Quant à l’efficacité économique du système, G. Bertolini, économiste spécialiste de la gestion des déchets, précise que si on enlève le verre collecté depuis très longtemps et les journaux/magazines qui ne relèvent pas du système emballages, le coût de la tonne triée est de plusieurs milliers d’euros, ce qui est cher.

Les industriels portent leurs efforts sur l’allègement des emballages ce qui favorise les plastiques et les matériaux complexes. Ce sont ceux qui sont le moins facilement recyclables et qui sont les moins recyclés.

Les dernières directives européennes laissent au producteur l’entière charge de ses déchets ; leur élimination doit être prévue et financée dès la mise sur le marché.

Source:http://www.ciele.org/essenciele/essenciele84.htm

"Le système français (Eco-Emballages) n’a eu aucun effet sur la réduction de la production des déchets d’emballages et se contente d’atteindre les objectifs minimaux en matière de recyclage. Cette situation s’explique par la faible implication financière des producteurs au traitement des déchets d’emballages. En effet, ces derniers ne prennent en charge que 43 % des coûts de gestion, le solde restant à la charge des collectivités. C’est donc le contribuable qui assume la majorité des coûts liés au traitement des déchets d’emballages. `

Une journée nationale de mobilisation est programmée pour le 1er octobre 2005 au cours de laquelle nous demanderons que le transfert de responsabilité en direction des producteurs soit intégral. Cela permettrait d’encourager la réduction des déchets d’emballages en quantité et en toxicité, ainsi que de faire baisser le coût du traitement des déchets, aujourd’hui en constante augmentation."

Source[www.cniid.org]extrait de lettre aux députés, octobre 2005.

Les multinationales, Véolia en tête sont friandes du marché du traitement des déchets.

Rien de dissuasif donc concernant le suremballage !