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Élaborer un traité international sur les multinationales et les droits humains

En juillet dernier, les groupes des Amis de la Terre ont rejoint les mouvements sociaux et les réseaux de défense des droits humains pour une nouvelle semaine de mobilisation à Genève. Le motif : la première session de négociations du groupe de travail de l’ONU pour l’élaboration d’un instrument international légalement contraignant pour prévenir les atteintes aux droits humains commises par les multinationales.

En route vers un Traité de l’ONU !

L’année dernière, une première victoire avait été remportée : la création de ce groupe de travail intergouvernemental (GTIG), lors d’une session historique du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (CDHNU). Cette année, la mobilisation a permis une nouvelle étape importante avec l’adoption de recommandations par les États-membres du GTIG et d’un rapport de la présidente du groupe.

Cette avancée était attendue depuis des décennies par les mouvements sociaux et les populations affectées par les violations des droits humains commises par les multinationales, et les crimes environnementaux qui y sont souvent associés. Ces discussions à l’ONU ouvrent une nouvelle fenêtre à la société civile pour réclamer aux États de donner la priorité aux droits humains et à la souveraineté des peuples. Surtout qu’une nouvelle vague de traités de libre-échange et d’investissement (TAFTA, TPP, CETA, TISA) pourrait octroyer de nouveaux privilèges et super-pouvoirs aux multinationales.

Halte à la mainmise des lobbies sur l’ONU.

Ceux qui en ont assez de l’influence des lobbies sur l’ONU doivent maintenant réfléchir aux moyens de convertir ce nouvel espace en une scène pour porter nos luttes. Dans un contexte d’escalade des menaces envers les défenseurs de l’environnement, ce Traité doit garantir un accès à la justice pour les victimes.
L’objectif étant de combler le vide juridique international pour contrôler les multinationales, celles-ci ne doivent donc pas être partie prenante de ce processus de négociations : le GTIG est un espace réunissant les États-membres de l’ONU, pas un espace de dialogue multipartite.
Les tentatives des multinationales et de leurs principaux pays hôtes d’affaiblir et de détourner le processus ont été mis en lumière grâce à des groupes tels que les Amis de la Terre qui ont repris le devant la scène à Genève. Lors de cette première session du GTIG, notre rôle en tant que société civile a été d’alimenter le débat entre les États suite aux présentations des experts. Nous avons pu garantir la présentation d’une riche gamme de propositions sur le contenu, le champ d’application et la nature du nouveau traité. Nous avons également porté les voix des populations affectées, vrais experts sur les violations des droits commis par les multinationales.

Mobilisations nationales vers un traité international

Maintenir la mobilisation et la pression au niveau national a été crucial en amont de cette session du GTIG et l’est encore pour les périodes à venir : les campagnes nationales pour le contrôle des multinationales sont un complément indispensable à nos actions au niveau onusien. Ainsi, en France comme dans de nombreux pays, les groupes des Amis de la Terre poussent les États à agir en accord avec leurs obligations extraterritoriales de protection des droits humains, pour développer des politiques significatives pour mettre fin à l’impunité des multinationales et à l’influence des lobbies privés sur les espaces de décisions, et pour écouter les voix des peuples au lieu de celles des entreprises.

La victoire historique que nous avons eue l’an passé est maintenant transformée en un nouveau champ de bataille pour Les Amis de la Terre, afin de mobiliser les peuples pour construire des sociétés soutenables et démanteler le pouvoir des multinationales. Investissons-le !

Lucia Ortiz, Coordinatrice du programme Justice Economique et Résistance au Néolibéralisme Les Amis de la Terre International

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