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En pleine semaine du développement durable, l’information sacrifiée au marketing

7 avril 2008,
Le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) refuse la campagne d’information d’un syndicat de gestion des ordures ménagères des Côtes-d’Armor, de peur de faire de l’ombre à l’image des marques.

Les deux lois sur les déchets de 1975 et 1992 ont échoué à enrayer la croissance des déchets. Les sites d’enfouissement affichent complet et personne ne veut plus habiter près des incinérateurs. La planète est en voie d’épuisement rapide mais le plus important pour le BVP est de ne pas ternir l’image des entreprises qui vendent dosettes, lingettes et autres rasoirs jetables, la fierté de notre pays.

« Cela résume bien l’hypocrisie des acteurs de la vie économique » estime Pierre Chabret, chargé de campagne « Déchets » aux Amis de la Terre. « Quand il s’agit de créer de nouveaux marchés, par exemple en mettant en place des filières de tri, les entreprises sont satisfaites, mais quand c’est notre manière de consommer qui est au centre des débats, elles veulent que le marketing garde le pouvoir ».

Le marketing n’oblige personne à acheter mais il dépense des milliards pour démontrer aux consommateurs que leur vie ne vaut rien sans le dernier gadget à la mode. Il s’ingénie à masquer les effets néfastes ou nocifs des produits vendus. Aseptiser l’information est si important que les groupes d’influence ont réussi à faire interdire la communication d’une institution publique, issue du vote des citoyens !

Cela montre l’importance cruciale du débat sur la publicité. « L’omniprésence publicitaire est un mode d’influence insidieux » explique Claude Bascompte. « Comme dans Le meilleur des Mondes d’Orwell, les marques nous enjoignent de ne nous inquiéter de rien. Mais, dès qu’il y a des pollutions, l’accusé est tout trouvé : c’est le consommateur, et ses pratiques irresponsables, qu’il faut pénaliser. Le producteur prétend n’y être pour rien : il a juste « répondu à la demande » ».

Pour les Amis de la Terre cet incident prouve à quel point notre démocratie et notre planète sont malades de la toute-puissance accordée au commerce et à la consommation. Ils demandent que la réglementation sur l’affichage publicitaire soit alignée sur celle de l’affichage associatif : des encadrés de 50 x 70 cm, purement informatifs, accessibles dans des espaces prévus à cet effet , en nombre limité. Ils demandent aussi la création d’un conseil supérieur de la publicité ayant un statut d’autorité administrative indépendante doté de moyens pour que cesse cette autorégulation de la publicité par les professionnels eux-mêmes, dont les limites sont une nouvelle fois démontrées.



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