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Epuisement des ressources et surconsommation

Le 3 novembre dernier, les Amis de la Terre organisaient une conférence au Sénat sur le thème de l’épuisement des ressources et de la surconsommation.

Cette conférence s’inscrivait dans le double agenda de la COP21 et de la sortie attendue le 2 décembre prochain du nouveau paquet législatif européen sur l’économie circulaire. Il y a un an, la nouvelle équipe de la Commission européenne constituée par Jean-Claude Juncker, retirait le Paquet économie circulaire voté par la précédente commission, qui prévoyait notamment d’imposer le recyclage d’ici 2025, afin d’atteindre l’objectif de 70 % d’ici 2030. Cette annonce avait provoqué un tollé et poussé le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, à annoncer la sortie d’un paquet économie circulaire « plus ambitieux » d’ici la fin de l’année 2015.

L’Europe, un continent gourmand en ressources

L’Europe est un des continents qui consomme le plus de ressources avec un bilan de 21 tonnes de matières premières par an et par habitant. Les différentes interventions de la journée ont montré que le nouveau paquet doit aller au-delà de la simple amélioration de notre gestion des déchets pour inclure une mesure de la consommation de ressources sans quoi l’économie circulaire ne sera que la poursuite du « business as usual ».

L’économie circulaire telle que définit dans la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte vise « à dépasser le modèle linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter » (Art.70 II) et introduit notamment une hiérarchie dans l’utilisation des ressources (privilégier les ressources issues du recyclage, allonger la durée de vie des produits, etc.). Cependant, l’économie circulaire ne doit pas uniquement permettre de produire plus avec moins de ressources. Elle doit aussi tendre vers des modèles plus sobres et des sociétés plus soutenables, vers un « zéro prélèvement » de ressources non renouvelables de la planète, un prélèvement de ressources renouvelables compatible avec le rythme et la capacité de renouvellement du stock, et enfin un « zéro déchets ».

L’Europe doit mesurer sa consommation de ressources

Pour atteindre ces objectifs, il faut aujourd’hui adopter des outils de mesure de la consommation de ressources via des indicateurs basés sur la consommation de terres, d’eau, de matériaux et les émissions de gaz à effet de serre. Ces indicateurs s’appliquent au cycle de vie et tiennent donc compte des ressources utilisées dans les produits importés ou exportés. Réduire le prélèvement de ressources passe aussi par une utilisation des matières recyclées qui sont aujourd’hui, paradoxalement, plus coûteuses que des matières premières vierges. Il est temps de promouvoir activement un marché des matières recyclé avec une industrie dédiée et des incitations économiques. La Ville de Paris projette de multiplier les bâtiments publics construits (kiosques, berges de Seine) à partir de matériaux recyclés sur le modèle du Pavillon Circulaire devant le Parvis de la Mairie de Paris

L’optimisation des ressources passent aussi par l’allongement de la durée de vie des produits.

Le 3 novembre dernier, l’entreprise SEB a ainsi présenté son label « réparable 10 ans » qui repose à la fois sur des produits conçus pour être réparables et durables mais aussi en garantissant la disponibilité de ses pièces détachées à des prix abordables. En effet, aujourd’hui le coût de la réparation reste encore trop élevé et n’est pas incitatif. Pour François Michel Lambert, député Ecologistes des Bouches-du-Rhône, « il faut repenser la fiscalité pour le secteur de la réparation ». Pascal Durand, eurodéputé EELV, a souligné l’importance de changer les marchés publics et les appels d’offre qui doivent favoriser des entreprises vertueuses en matière d’économie circulaire.

Enfin, l’économie circulaire nécessite d’impliquer les citoyens et d’améliorer l’information fournie aux consommateurs. Si l’on ne veut pas que l’économie circulaire devienne la caution d’une surconsommation, comme peut l’être le recyclage, il est nécessaire d’initier un travail concerté de sensibilisation des consommateurs.

Retrouvez les interventions de la conférence :

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