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Equipements électriques et électroniques : vente en hausse, durée de vie en baisse

Une enquête révèle que nous pensons posséder en moyenne 34 équipements électriques et électroniques, alors qu’en réalité nous en possédons 99. Trop nombreux ces équipements ? A croire que non car nous continuons d’en acheter toujours plus. Après quelques années de croissance modérée, les ventes d’EEE neufs repartent à la hausse : +9,7%. En 2015, chaque Français a acheté en moyenne plus de 9 EEE neufs !

Où se cachent tous ces EEE ? Des EEE sont présents dans chaque pièce de nos logements : cuisine, salon, chambre, mais également dans les pièces annexes et lieux de passage. Et même si vous pensez en posséder moins, comptez bien vos luminaires, éventuels chauffages, et non uniquement vos appareils électroménagers et équipements audiovisuels. Les appareils inutilisés sont aussi à comptabiliser : nous en avons 6 en moyenne, principalement des écrans à tube cathodique.

La baisse de la durée de vie, une explication de l’augmentation des ventes ?

La durée de vie de nos appareils tend à se réduire. L’agence de l’environnement allemande, Umweltbundesamt, a établi les durées de vie moyenne de nos principaux équipements. En 5 ans, les durées de vie de quasiment tous les biens étudiés se sont réduites. En tête du classement, le micro-onde qui a vu sa durée de vie écourtée de 1,5 ans.

Que deviennent ces EEE ?

Une des conséquences de la courte durée de vie de nos biens de consommation courante est la production de déchets, et notamment celle de déchets électriques et électroniques (DEEE). La gestion de ces déchets qui contiennent des métaux lourds et des substances toxiques est l’objet d’une réglementation spécifique. La directive DEEE prévoit ainsi que l’année prochaine 45 % des DEEE soient collectés pour être dépollués et traités. En 2015, en France les éco-organismes ont collecté 43 % des DEEE. Mais au final, c’est plus de la moitié des 20 kg de déchets produits par an et par habitant qui échappent à la filière agréée. 15 à 20% seraient traités par des filières dites complémentaires qui sont localisées en France, ce sont principalement des structures qui recyclaient la ferraille avant la mise en place des éco-organismes. Ces structures sont en train d’être accompagnées pour mettre en place des procédés de dépollution et de recyclage correspondant aux objectifs des cahiers des charges définis par les éco-organismes. En revanche, la destination finale de nos autres déchets est l’exportation, l’incinération ou l’enfouissement.

A un moment où le sujet de l’économie circulaire est discuté au niveau européen, il est utile de rappeler que malgré le développement des filières de recyclage nos déchets sont loin de renaitre en de nouveaux biens. Nos hauts niveaux de consommation sont donc satisfaits par l’extraction de nouvelles ressources. Pour le secteur de l’électronique, les ressources à extraire sont principalement des métaux, or l’industrie minière est une des plus polluantes au monde.

Notes : [1] Une étude commandée par la filière DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) à IPSOS, avec le soutien de l’ADEME et des Pouvoirs Publics, publiée le 16 juin 2016. http://www.lefigaro.fr/secteur/high...

[2] ADEME, Equipements électriques et électroniques, Rapport annuel 2015.

[3] Umweltbundesamt, Einfluss der Nutzungsdauer von Produkten auf Ihre Umweltwirkung : Schaffung einer Informationsgrundlage und Entwicklung von Strategien gegen „Obsoleszenz“, p. 74. https://www.umweltbundesamt.de/publ...

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