Le 8 avril, la Banque mondiale avait accordé 3,05 milliards de dollars de prêt à la centrale thermique à charbon de Medupi, alors que près de 200 organisations de la société civile en Afrique du Sud et dans le monde étaient mobilisées contre le projet. Elles protestaient notamment contre les impacts climatiques très lourds du projet : il rejettera 32 millions de tonnes de CO2 équivalent, soit 7% des émissions annuelles actuelles de l’Afrique du Sud.
Pour Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers : « Eskom a déjà profité de l’argent public de la Banque mondiale, alors que son projet va aggraver les changements climatiques et la pauvreté. Il est scandaleux qu’elle ose demander aujourd’hui des crédits carbone pour une centrale à charbon ultra polluante, alors qu’il était possible de développer des alternatives en énergies renouvelables. Les centrales supercritiques sont aujourd’hui plus rentables que les modèles anciens, il n’y a donc aucune additionnalité à ce projet. Inclure des centrales à charbon, même plus efficaces, aux MDP démontre que le mécanisme est biaisé et ne peut pas permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre. »
Eskom espère obtenir des crédits MDP qu’elle pourra revendre sur les marchés carbone. En effet, Medupi va coûter plus de 16 milliards de dollars, et l’entreprise a aujourd’hui du mal à trouver ces fonds, malgré le prêt de la Banque mondiale.




