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Espagne : plus de 300 scientifiques et organisations signent la pétition contre les OGM !

23 janvier 2008,
Par Christian Berdot

L’Espagne est le dernier pays européen où les OGM agricoles sont encore cultivés. Les autorités n’assurent aucun contrôle sérieux et la contamination se généralise. Pourtant, en Espagne comme dans le reste de l’Europe, la population est très majoritairement opposée aux OGM dans les champs et dans les assiettes.

Avec ce manifeste et cette pétition, des dizaines de scientifiques et d’organisations veulent rappeler le gouvernement à ses devoirs : protéger l’agriculture, l’environnement et la chaîne alimentaire comme l’exigent les citoyens espagnols.


Pétition de chercheurs et d’organisations citoyennes contre les OGM

Les Amis de la Terre, la COAG (coordination des associations d’agriculteurs et d’éleveurs), Ecologistas en Acción et Greenpeace, avec la collaboration des « Scientifiques pour l’Environnement » ( CIMA) et d’autres scientifiques ont présenté la Déclaration de personnalités et d’organisations de la société civile sur les applications des biotechnologies et la modification génétique des plantes, étant donné la menace qu’elles représentent pour l’agriculture et l’agriculture durable. Cette déclaration s’intitule : « Démocratie, Précaution et Environnement ».

Ce document a l’appui de vastes secteurs de la société : chercheurs, enseignants universitaires, organisations professionnelles agraires, associations écologistes, associations des consommateurs, des producteurs d’agriculture biologique, ONG de développement et sociétés privées, entre autres.

Face aux promesses de l’industrie des biotechnologies, cette déclaration dénonce les dangers et les impacts de l’introduction des OGM dans l’environnement et dans nos assiettes. Le vaste soutien de la société prouve que les OGM sont une question qui affecte l’ensemble de la société. Les scientifiques prennent une part importante au débat et, de plus, c’est la société dans son ensemble qui doit prendre les décisions qui touchent l’agriculture, l’alimentation, les applications des biotechnologies et le droit de produire et de consommer en liberté.

Action de Amigos de la Tierra à Madrid

C’est un moment clé dans le débat sur les OGM. Tandis que la France se joint aux pays de l’UE qui interdisent la culture du maïs transgénique - en se basant sur une série de dossiers scientifiques qui questionnent les impacts sur l’environnement, la flore et la faune - l’Espagne continue d’être le principal producteur de maïs transgénique, avec plus de 75 000 hectares cultivés en 2007. Les éléments scientifiques qui ont provoqué la décision du Gouvernement français montrent pour les maïs de type Bt (comme le MON 810 cultivé en Espagne), une série de conséquences sur l’environnement, sur la santé, ainsi que l’impossibilité d’éviter la contamination des autres cultures, l’apparition de résistances aux parasites, les effets toxiques sur plusieurs types d’ organismes présents dans les écosystèmes, le changement dans la caractérisation moléculaire ( le gène commercialisé n’est pas celui que l’on a approuvé en 1998, il a varié et par conséquent de nombreux effets sur l’environnement ne sont pas connus), les impacts sur les polinisateurs, la toxicité à long terme sur les êtres humains, la persistance des toxines produites, etc. …..

Récemment, à Bruxelles, le Commissaire Européen de l’environnement, Stavros Dimas, a proposé l’interdiction de deux maïs transgéniques à cause des risques qu’ils impliquent pour l’environnement, en se basant sur les preuves de dommages potentiels pour l’environnement. Déjà, au cours de la querelle commerciale avec les Etats-Unis sur les OGM au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, l’UE, elle même, a dit que les maïs Bt ne devraient pas être cultivés actuellement, à cause du manque de connaissances sur leurs impacts environnementaux à long terme.

Les organisations à l’origine de cette déclaration espèrent avec cette pétition lancer un débat de fond, comme c’est le cas pour celui de l’introduction des plantes transgéniques. Elles espèrent que le gouvernement tiendra compte de l’écrasante opposition sociale à leur imposition dans l’agriculture et l’alimentation et que le Ministère de l’Agriculture reconsidérera son pari transgénique et orientera enfin l’agriculture espagnole vers des solutions soutenables pour l’environnement et la société.



Voici le texte complet du manifeste et la liste des signataires au mois de janvier

Manifeste des scientifiques et de la société civile contre les OGM

Liste des signataires au mois de janvier

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