En 2005, la première analyse des Amis de la Terre sur les politiques environnementales des banques françaises mettait en évidence le retard de l’écureuil. En 2006, un réveil semblait à l’ordre du jour, confirmé en 2007. En 2008, la Caisse d’Epargne enfonce le clou : la méthodologie d’étiquetage qu’elle rend intégralement publique fait d’elle un établissement bancaire très innovant en matière d’information des consommateurs.
Yann Louvel, chargé de campagne Finance aux Amis de la Terre, explique : « La plupart des banques travaillent seulement sur leurs émissions directes de gaz à effet de serre. Mais nos calculs, confirmés par plusieurs banques, montrent que ces émissions représentent environ 0,1 % des émissions induites par les financements et investissements des banques. La conclusion est claire : c’est sur les métiers bancaires eux-mêmes qu’il faut mettre la priorité pour élaborer des politiques environnementales, et notamment climatiques. Et ces politiques doivent commencer par une méthodologie de reporting. »
La méthodologie climat de la Caisse d’Epargne permet de calculer les émissions de CO2 de ses produits et services bancaires, en y incluant les émissions générées par les entreprises financées mais également les émis-sions générées par les produits fabriqués par ces entreprises. Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre, poursuit : « La Caisse d’Epargne, en faisant appel au consultant suisse Centre Info a choisi de calculer les émissions de GES en incluant les niveaux 1 (émissions directes), 2 (émissions indirectes) et 3 (émissions amont et aval, notamment l’utilisation du produit) du GHG Protocol, la référence internationale. C’est très positif car la grande majorité des entreprises se limitent aux niveaux 1et 2. »
Ainsi, les constructeurs automobiles publient généralement les émissions liées à la fabrication des voitures, mais pas à leur utilisation, qui représente pourtant 88 % du total !
Cependant, la démarche est loin d’être aboutie. Les Amis de la Terre attirent l’attention de la Caisse d’Epargne sur 5 aspects primordiaux pour le futur :
L’utilité de l’étiquetage va largement dépendre de la formation que reçoivent les collaborateurs dans les agences pour se l’approprier. Cela implique une formation massive dans les deux prochaines années ;
Son utilité va dépendre également de la sensibilisation faite envers les consommateurs, pour qu’ils en voient l’intérêt et se l’approprient également, à l’instar des étiquettes énergies de l’électroménager ;
Son utilité va dépendre de la volonté de la Caisse d’Epargne de s’en servir pour améliorer son offre de produits et services. Aujourd’hui l’étiquetage informe les clients, mais il n’a encore modifié en rien le business model de la banque ;
La méthodologie, du fait de son caractère très innovant, devra être approfondie et consolidée sur certains aspects ;
Surtout, la méthodologie s’applique aujourd’hui à la banque de détail, mais pas aux deux autres grands métiers de banque de financement et d’investissement et de la gestion d’actif. Or, ce sont ces métiers qui génèrent les émissions induites les plus importantes. La Caisse d’Epargne s’est engagée à aller dans ce sens : c’est fondamental.
Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre conclut : « L’effort fait par la Caisse d’Epargne met en évidence les énormes marges de progrès possibles : les autres banques françaises feraient bien de s’en inspirer et de remettre en question leurs pratiques, au lieu de financer des centrales nucléaires dans des zones sismiques comme le fait BNP-Paribas en Bulgarie. A terme, nous n’avons aucun doute que l’étiquetage sera obligatoire, car il répond à des attentes croissantes des citoyens sur la transparence des entreprises, et correspond à un engagement du Grenelle de l’Environnement. Les banques devraient donc reprendre la méthodologie d’étiquetage. »
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre - Tél. : 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43




