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Etude des impacts environnementaux et sanitaires de la création du centre de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, France)

Par Groupe local du Rhône

gestion optimisée des déchets : le co-compostage
Regard sur l’incidence de la gestion des déchets sur l’environnement

Auteure de l’étude : Sophie LUCET, ingénieure en environnement, dans le cadre du programme "génépi work expérience"


Etudes impacts environnementaux et sanitaires de la création du centre de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, France)

Sophie Lucet Année Spéciale en Génie de l’Environnement, Ecole Polytechnique de l’Université d’Orléans

Polytech’Orléans/Les Amis de la Terre

Table des matières

1. QU’EST CE QUE LE CO-COMPOSTAGE ?

1.1. TECHNIQUE DU CO-COMPOSTAGE

1.1.1. Matières premières : nature et origine

1.1.2. Mécanisme du co-compostage

1.1.3. Paramètres physico-chimiques à contrôler lors du traitement

1.1.4. Définition du produit issu du co-compostage et utilisations

1.1.4.1. Définition réglementaire du compost

1.1.4.2. Utilisations du compost obtenu

1.1.4.3. Qualité du compost

1.2. ETUDE ECONOMIQUE DU CO-COMPOSTAGE

1.3. AVANTAGES ET INCONVENIENTS DE CETTE TECHNIQUE

1.3.1. Avantages du co-compostage

1.3.2. Inconvénients du co-compostage

1.3.3. Bilan des avantages et inconvénients du co-compostage

2. ETUDE D’IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SANITAIRES

2.1. DEFINITION ET OBJECTIFS

2.2. STRUCTURE D’UNE ETUDE D’IMPACTS

2.3. ANALYSE DE L’ETAT ACTUEL DU SITE ET DE SON ENVIRONNEMENT

2.3.1. Contexte et localisation du secteur d’étude

2.3.1.1. Contexte général

2.3.1.2. Localisation géographique

2.3.2. Milieu physique

2.3.2.1. Climatologie

2.3.2.2. Topographie, géologie et hydrogéologie

2.3.2.3. Hydraulique

2.3.2.4. Qualité des eaux

2.3.3. Milieux naturels

2.3.3.1. Faune et flore

2.3.3.2. Paysages

2.3.4. Milieu humain

2.3.4.1. Démographie

2.3.4.2. Logement

2.3.4.3. Activités

2.3.4.4. Urbanisme et occupation du sol

2.3.4.5. Risques et nuisances

2.3.5. Visibilité du site étudié

2.3.6. Bruit et vibrations

2.4. PROJET RETENU

2.4.1. Projet global

2.4.1.1. Description du projet retenu

2.4.1.2. Exigences réglementaires

2.4.1.3. Destination des sous-produits

2.4.2. Phase des travaux

2.5. INCIDENCES DU PROJET SUR LE MILIEU RECEPTEUR

2.5.1. Impacts visuel et paysager

2.5.2. Pollution atmosphérique

2.5.3. Pollution des eaux

2.5.4. Risques naturels

2.5.5. Impacts sur la faune et la flore

2.5.6. Impact olfactif

2.5.7. Impact sonore

2.5.8. Impact sanitaire

2.5.9. Impact sur le trafic routier

2.5.10. Synthèse des impacts

3. MESURES REDUCTRICES ET COMPENSATOIRES

3.1. LUTTE CONTRE LES ODEURS

3.2. LUTTE CONTRE LE BRUIT ET LES VIBRATIONS

3.3. INSERTION VISUELLE

3.4. POLLUTION DES EAUX

3.5. DIMINUTION DE L’IMPACT ROUTIER

3.6. INFORMATION AUPRES DES POPULATIONS

3.7. BILAN : IMPACTS RESIDUELS APRES COMPENSATION

4. PLACE DU CO-COMPOSTAGE EN FRANCE ET COMPARAISON AVEC LES AUTRES TECHNIQUES DE TRAITEMENT

4.1. LE CO-COMPOSTAGE AUJOURD’HUI EN FRANCE : NOMBRE D’INSTALLATIONS ET PROGRESSION

4.1.1. Evolution du nombre d’installation

4.1.2. Evolution de la réglementation associée

4.2. IMAGE DU CO-COMPOSTAGE, PERCEPTION PAR LE GRAND PUBLIC

4.2.1. Différence entre une plate-forme et une usine de compostage

4.2.2. Conférences citoyennes

4.2.3. Enquête SOFRES

4.3. COMPARAISON DU CO-COMPOSTAGE AVEC LES AUTRES TECHNIQUES

4.3.1. Variantes proposées

4.3.2. Méthodes de stabilisation des boues

4.3.3. Compostage et méthanisation

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

Table des illustrations

Tableaux

Tableau 1 : Nature et quantité de déchets admissibles sur le site

Tableau 2 : Etapes du traitement par compostage

Tableau 3 : Paramètres à contrôler lors du traitement

Tableau 4 : Utilisateurs potentiels et quantités demandées de compost

Tableau 5 : Eléments de coûts du compostage

Tableau 6 : Avantages et inconvénients du traitement biologique par co-compostage

Tableau 7 : Etape d’une étude d’impact

Tableau 8 : Répartition des indices de qualité de l’air en Franche Comté (% de jours)

Tableau 9 : Grille des paramètres pour la qualité de l’eau

Tableau 10 :Caractéristiques des communes concernées par le rayon d’affichage

Tableau 11 : Population et logements de l’unité urbaine de Fesches le Châtel

Tableau 12 : Emploi/Chômage et Entreprises de l’unité urbaine de Fesches le Châtel

Tableau 13 : Activités industrielles et Commerces de Fesches-le-Châtel

Tableau 14 : Répartition de la population par classe d’âge

Tableau 15 : Structures Seveso en Franche-Comté en 2005

Tableau 16 : Nomenclature ICPE des activités du projet de centre de co-compostage de Fesches-le-Châtel

Tableau 17 : Synthèse des impacts sur l’environnement et la santé

Tableau 18 : Niveaux de bruit maximum en limite de propriété de l’établissement

Tableau 19 : Bilan des impacts résiduels après application des mesures compensatoires

Tableau 20 : Répartition des déchets traités en compostage en 2004 en France

Tableau 21 : Variantes et caractéristiques

Tableau 22 : Comparaison des techniques de stabilisation des boues

Tableau 23 : Intérêts et contraintes relatifs du compostage et de la méthanisation

Figures

Figure 1 : Etapes biologiques du compostage, pouvant être suivies de traitements mécaniques et/ou physico-chimiques divers

Figure 2 : Débouchés du compost produit

Figure 3 : Localisation de Fesches le Châtel

Figure 4 : Le climat du Doubs, valeurs moyennes de 1971 à 2000

Figure 5 : Carte géologique de Fesches-le-Châtel (Echelle : 1 / 2 500)

Figure 6 : Hydrogéologie du Doubs

Figure 7 : Réseau hydraulique du secteur d’étude

Figure 8 : Suivi des niveaux d’eau

Figure 9 : Objectifs de qualité des eaux superficielles

Figure 10 : Carte des territoires du SDAGE Rhône Méditerranée Corse

Figure 11 : Carte du SDAGE du Bassin Rhône Méditerranée Corse

Figure 12 : Classement piscicole des cours d’eau de la zone d’étude

Figure 13 : Points de captage pour l’alimentation en eau potable

Figure 14 : Stations d’épuration et réseau d’évacuation des eaux usées de la CAPM

Figure 15 : Paysages du sud du Doubs

Figure 16 : Urbanisation à proximité du site d’étude

Figure 17 : Carte d’occupation des sols

Figure 18 : Risques d’inondation

Figure 19 : Points de surveillance des niveaux d’eau par la DIREN

Figure 20 : Bilan matière

Figure 21 : Evolution du nombre d’installations de compostage en France de 1998 à 2004

Figure 22 : Répartition des déchets traités par compostage en 2004 en France

Figure 23 : Plate-forme de co-compostage

Lexique

Les termes et abréviations définis ci-dessous apparaissent dans le texte suivis d’un astérisque (*).

AFNOR Association Française de NORmalisation

Andain Tas de compost

CAPM Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard

CSDU Centre de Stockage de Déchets Ultimes ou Centre d’Enfouissement Technique (CET) : installation de stockage des déchets ménagers et assimilés. Compostage Procédé de traitement biologique aérobie de matières fermentescibles dans des conditions contrôlées [Ademe]

Co-compostage Compostage en mélange de différents types de déchets organiques dont les caractéristiques sont complémentaires (teneur en eau, en azote et carbone, porosité) [Ademe]

IFOP Organisme de sondages

FFOM Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères (déchets organiques)

MEDD Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable

SOFRES Organisme de sondages, leader français des études marketing et d’opinion

ZICO Zone d’Intérêt Communautaire pour les Oiseaux

ZNIEFF Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique pour la Faune et la Flore

Introduction

Gilbert Gouverneur, président du Comité Rhône de l’association « Les Amis de la Terre » a un jour été confronté à une manifestation dans la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard (CAPM).

Les riverains manifestaient ce jour-là contre un projet de création d’un centre de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, 25).

Lors de cette manifestation, Monsieur Gouverneur a proposé aux riverains mécontents de faire réaliser une étude d’impacts de ce projet par un tiers.

Les craintes des riverains concernaient principalement les impacts du projet sur leur commune, son environnement en général et la santé des habitants les plus exposés.

Cette présente étude a donc pour objectif de répertorier les impacts potentiels d’un tel projet et d’en évaluer les répercutions éventuelles sur les riverains. Enfin, la technique de co-compostage sera comparée avec d’autres types de traitement de boues de stations d’épuration et de déchets verts.

Ce dossier constitue une étude simplifiée des impacts environnementaux et sanitaires de l’installation. Un résumé non technique de cette étude est fourni en annexe D. Bien que n’exigeant pas de technologies sophistiquées, donc peu onéreux à mettre en oeuvre,les techniques de traitement biologique exigent un certain savoir faire.

Il est en effet nécessaire d’avoir une bonne adéquation entre les matériels techniques utilisés, les conditions opératoires, le ou les déchets traités, le contexte socio-économique et technique et les objectifs fixés au traitement.

Cette étude a donc pour but de réunir l’ensemble de ces informations à propos du centre de co-compostage de Fesches-le-Châtel afin de déterminer quel pourrait être l’impact (du point de vue environnemental et sanitaire) d’un tel projet.

Une première partie est consacrée à la définition de la technique du co-compostage. Ensuite,l’étude d’impacts définit les différents milieux et/ou individus pouvant être la cible d’éventuelles nuisances. Enfin, une étude a été menée concernant la place du co-compostage en France parmi les autres techniques de traitement biologique des déchets ainsi que l’image de cette technique perçue par le grand public.

Qu’est ce que le co-compostage ?

Les deux principaux traitements biologiques utilisés en France aujourd’hui sont le compostage* et la méthanisation*.

Le compostage (traitement aérobie, c’est-à-dire en présence d’oxygène) est un traitement relativement rapide visant à une stabilisation du déchet et à sa valorisation matière, alors que les traitements anaérobies (méthanisation ou fermentation alcoolique en absence d’oxygène), souvent plus longs, permettent une valorisation énergétique.

Le co-compostage* est basé sur la technique du compostage en associant des déchets de natures différentes (comme par exemple le co-compostage de déchets verts et de boues issues de stations d’épuration).

1.1. Technique du co-compostage

Le co-compostage est une des techniques de traitement biologique de déchets présentant un caractère naturel biodégradable. Le principe général des traitements biologiques est d’exploiter certaines activités microbiennes en les stimulant de manière contrôlée afin soit de réduire les nuisances potentielles des déchets (odeurs, risques sanitaires, caractère polluant au sens large du terme), soit de les valoriser sous forme énergétique ou sous forme de matière.

1.1.1. Matières premières : nature et origine

Le compostage (tout comme la méthanisation, traitement biologique anaérobie) permet de traiter la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM*), les déchets verts des ménages et des collectivités, les boues de station d’épuration, les graisses et matières de vidanges, certains déchets agricoles et certains déchets des industries agroalimentaires.

La méthanisation permet de traiter des déchets organiques plus liquides que le compostage mais, en revanche, ne convient pas pour les déchets ligneux (bois, tailles,...).

En effet, l’absence d’oxygène dans le procédé de méthanisation ralentit leur dégradation. [Ademe-Dodep]

Remarques :

1. Pour les déchets issus des ordures ménagères, il est impératif de mettre en place la collecte sélective de la FFOM* pour pouvoir produire un amendement de qualité.

2. Dans le cas du compostage, il est possible de regrouper des déchets d’origines diverses pour optimiser les conditions techniques et/ou économiques du compostage : on parle alors de co-compostage.

En ce qui concerne le projet de Fesches-le-Châtel, les déchets acceptés sur le centre sont définis dans l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter .

Ainsi, seront autorisés les déchets suivants :

1. déchets végétaux (déchets verts broyés et/ou écorces,...) (...),

2. déchets provenant de l’agriculture, de l’horticulture et de la sylviculture (...),

3. déchets provenant de la transformation du bois (...),

4. déchets provenant de la production et de la transformation du papier (...),

5. bois provenant du traitement mécanique des déchets ou collectés séparément (...) provenant de la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard (CAPM*).

A l’exclusion des bois provenant du traitement mécanique des déchets ou collectés séparément (...), ne sont admissibles que les co-produits ligneux (...) provenant des départements du Doubs, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort.

Les boues autorisées sont les suivantes :

1. boues de stations d’épuration (...) ayant une siccité de 15 à 35 % (...) et provenant des stations d’épuration de la Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard,

2. déchets provenant de la préparation et de la transformation des aliments (...),

3. déchets provenant de la production et de la transformation du papier (...).

A l’exclusion des boues de stations d’épuration (...), ne sont admissibles que les boues (...)provenant du département du Doubs.

Le tableau 1 suivant présente les quantités prévues de déchets admissibles par an.

Tableau 1 : Nature et quantité de déchets admissibles sur le site

Nature des déchets Quantités annuelles autorisées

Déchets verts (points 1 à 5) ..................27 000 m3

Boues d’épuration (points 6 à 9) ..............15 000 m3

L’arrêté préfectoral d’autorisation, en date du 11 juin 2004 précise aussi les procédures d’admission. Ainsi, un registre devra être tenu à jour, précisant les natures et quantités de déchets admis sur le site. De plus, les boues issues de stations d’épuration feront l’objet d’une procédure d’acceptation préalable. Elles devront remplir un certains nombre de paramètres physico-chimiques pour pouvoir être autorisés à pénétrer sur le site.

1.1.2. Mécanisme du co-compostage

Cette technique consiste à mélanger des boues pâteuses avec un produit ligno-cellulosique afin de conférer au mélange ainsi constitué une siccité et un degré de vide suffisants pour permettre une décomposition des matières organiques par aération naturelle ou forcée sur une durée de plusieurs semaines.

Le compostage permet d’atteindre un ou plusieurs objectifs :

- la stabilisation du déchet pour réduire les pollutions ou nuisances associées à son évolution biologique

- la réduction de la masse du déchet

- la production d’un compost valorisable comme amendement organique des sols.

La mise en ouvre du compostage comporte généralement deux étapes biologiques (voir Figure 1), auxquelles s’ajoutent éventuellement des prétraitements et/ou post-traitements (broyage, mélange avec d’autres produits, tris,...)

La première étape biologique (‘Fermentation chaude’) répond aux deux premiers objectifs de stabilisation du déchet et de réduction de sa masse. Au cours de cette étape, la matière organique la plus facilement biodégradable du déchet est oxydée par des micro-organismes aérobies qui consomment de l’oxygène et libèrent de la chaleur. On assiste donc, si le déchet est suffisamment biodégradable et aéré et que les pertes thermiques sont réduites, à une élévation de la température qui peut atteindre 80°C voire davantage.

Pour de nombreux déchets de biomasse, cette étape permet une diminution de la masse de déchets de 30 à 40 % et une réduction du volume de l’ordre de 50 %. Cette étape peut durer entre quelques jours et quelques semaines en fonction de la nature des déchets à traiter, des conditions opératoires (aération,...) et de diverses contraintes (dimension de l’installation, objectifs fixés,...).

A l’issue de cette étape, les déchet est beaucoup moins bioévolutif qu’avant traitement. En effet, la première étape a éliminé la fraction biodégradable et les cellules indésirables (microorganismes pathogènes, graines végétales,...) ont pu être détruites par la chaleur si la température dépasse 60 °C pendant au moins 5 à 24 heures.

Le déchet obtenu à ce stade du traitement est donc relativement stabilisé. Il peut alors être valorisé ou stocké dans des conditions plus acceptables que le déchet initial. Toutefois, si l’objectif de production d’un amendement organique est poursuivi, il est nécessaire de modifier les caractéristiques de la matière organique résiduelle pour lui conférer des propriétés proches de celles de l’humus.

C’est alors le but de la seconde étape du traitement. Celle-ci ne s’accompagne que d’une faible dégradation de matière et, de ce fait, les besoins en oxygène sont faibles (moins de 0,1 m3 d’air par minute et par tonne de matière sèche) et l’échauffement est limité.

La température atteinte lors de cette étape est de l’ordre de 20 à 30 °C.

En amont et en aval de ces étapes de décomposition biologiques, existent des étapes de traitements mécaniques complémentaires.

L’ensemble du mécanisme de compostage se décompose comme présenté dans le tableau suivant (voir tableau 2).

Tableau 2 : Etapes du traitement par compostage

Etape Descriptif

Réception des déchets

Un suivi des déchets arrivant doit être mis en place

Stockage Certains déchets ligneux peuvent être stockés plusieurs mois et utilisés comme structurant avec des déchets plus fermentescibles

Mélange Cette opération peut se faire de façon rustique au chargeur ou avec des équipements spécifiques (mélangeuses)

La qualité du mélange et son homogénéité sont déterminantes

Broyage Cette étape sert à fragmenter les déchets ligneux afin de leur conférer une texture adaptée

Fermentation active

Phase de dégradation intense des matières organiques consommant de grandes quantités d’oxygène pour l’activité microbienne. Ces apports peuvent être réalisés soit par retournements mécaniques, soit par un système de ventilation.

Pour les déchets verts, la durée de cette phase est de 4 à 6 semaines avec ventilation ou 3 mois par retournements mécaniques

Maturation

Durant cette phase, les matières dégradées sont en partie restructurées pour former des substances humiques. La consommation d’oxygène est alors réduite.

Le compost est dit mûr à l’issue de cette phase qui dure 3 à 4 mois pour les déchets verts

Criblage et stockage du produit fini

Ceci permet d’obtenir la granulométrie demandée. Les refus peuvent éventuellement être réutilisés, ou bien ils sont incinérés ou mis en centre de stockage. Le compost fini est stocké, de préférence sous hangar ou bâché

1.1.3. Paramètres physico-chimiques à contrôler lors du traitement

Les paramètres du compostage sont ceux pouvant influencer l’activité microbienne.

On en distingue deux types (voir Tableau 3) :

- les paramètres de conduite qui permettent de contrôler ou de suivre l’avancement du processus. Ce sont essentiellement l’aération, la température et la teneur en eau. Ces trois paramètres dépendent les uns des autres.

- Les paramètres caractéristiques du déchet qui ne peuvent pas être modifiés an cours de traitement et ne permettent donc pas de piloter le procédé. Il s’agit de la biodégradabilité et de la granulométrie du déchet, de son pH et de son rapport C/N/O (ratio des masses de Carbone (C), Azote (N) et Phosphore (P) dans le déchet).

Tableau 3 : Paramètres à contrôler lors du traitement

1.1.4. Définition du produit issu du co-compostage et utilisations

D’une manière générale, le compost obtenu par la technique du co-compostage est léger (masse volumique voisine de 500 kg/m3), stabilisé (absence d’odeurs) et facile à manutentionner (pelletable).

1.1.4.1. Définition réglementaire du compost

Du point de vue réglementaire, le produit issu du co-compostage de boues et de matières organiques peut être défini selon deux logiques : une logique « déchet » et une logique « produit ».

Lorsque le produit final possède les caractéristiques d’un « produit », il peut être réutilisé et commercialisé dans divers domaines.

A l’inverse, s’il ne présente pas les caractéristiques (physico-chimiques) suffisantes à son utilisation, il est considéré somme un « déchet » et ne peut être utilisé qu’en épandage agricole.[Débouchés du compost, Plateforme de la CAPM]

1.1.4.2. Utilisations du compost obtenu

Les deux logiques présentées ci-dessus sont régies par un ensemble de textes réglementaires, réunis dans le schéma ci-dessous (voir Figure 2). De plus, le devenir du compost dépend de sa qualité et donc de sa définition (« déchet » ou « produit »).

Figure 2 : Débouchés du compost produit

Analysons désormais les intérêts de l’utilisation d’un compost :

- effets sur la structure du sol,

1. amélioration de la structure du sol par augmentation des agrégats (pénétration des racines facilitée et exploitation du sol favorisée),

2. meilleure perméabilité à l’air et à l’eau,

3. meilleure rétention d’eau (effet « éponge »),

4. réduction importante de l’effet du gel, de l’érosion (de l’eau et du vent) et diminution de la dessication par ventilation,

5. meilleure absorption des rayons solaires (réchauffement) par la couleur foncée du compost.

- effets sur les caractéristiques physico-chimiques du sol,

1. en se minéralisant, le compost fournit des substances nutritives progressivement assimilables par les plantes,

2. le compost bien mûr évite une acidification du sol ou corrige l’acidité d’un sol par effet tampon.

- effets sur la biologie,

1. la présence de micro-organismes divers dans le compost augmente l’activité biologique du sol qui fixe par exemple l’azote de l’air ou rend assimilable par les plantes du soufre, du phosphore, des oligo-éléments...contenus dans les roches (Cette activité biologique favorisée répercute elle-même ces effets sur la structure du sol et ses capacités physiques et chimiques),

2. l’activité microbienne limite le développement d’organismes pathogènes (directement dans le sol ou dans les plantes par absorption par celle-ci de substances actives, d’hormones ou d’antibiotiques),

3. un meilleur développement racinaire (mycorhizes plus actifs)

Enfin, l’amélioration du sol apportée par l’utilisation du compost dépend principalement de la qualité du produit lui-même.

1.1.4.3. Qualité du compost

Deux principales conditions sont nécessaires pour assurer les débouchés du compost :

1. la première condition est de produire un compost de qualité en adéquation avec la réglementation et les objectifs spécifiques des utilisateurs, satisfaisant notamment à des seuils de teneurs en impuretés et de toxicité,

2. la seconde condition est de mettre en place un suivi régulier de l’ensemble du dispositif afin d’assurer une qualité constante du compost.

La production de compost crée de plus des sous-produits.

Ils sont au nombre de deux :

- les refus de compostage : impuretés triées en amont (<1% pour des déchets verts collectés avec soin), refus de criblage (1 à 6% pour les déchets verts)

- les effluents de l’installation : eaux de ruissellement et de percolation collectées dans des bassins

Concernant le projet de Fesches-le-Châtel, une étude des besoins de la région en compost a déjà été menée en mars 2003 par la Compagnie Générale des Eaux. Cette étude mène a la conclusion suivante : l’ensemble des 9 000 tonnes de compost prévu par an (capacité maximale de production) trouvera sans problème particulier un débouché.

Le Tableau 4 suivant résume les différentes possibilités d’utilisation du compost à proximité du lieu de production potentiel de Fesches-le-Châtel.

Tableau 4 : Utilisateurs potentiels et quantités demandées de compost

Utilisateurs Quantité demandée

Agriculteurs 6 000 tonnes minimum

Pépinières 1 000 tonnes (sous réserve d’essais)

Horticulteurs Limité - à définir sous réserve d’essais

Entretien des espaces verts des collectivités locales Environ 1 000 tonnes

Aménagement des golfs 100 à 400 tonnes

Particuliers Non estimé, réservé aux riverains

Carrières Variable, environ 150 tonnes

Routes Départementales et Voies communication Autoroutes

TGV 500 tonnes ponctuellement

CSDU* 500 à 1 000 tonnes

Source : Compagnie Générale des Eaux, CAPM

En logique « déchet », le compost aura un débouché principal dans l’agriculture, complété par la mise en centre de stockage de déchets.

En logique « produit », de nouveaux débouchés peuvent être proposés comme notamment les pépinières, les services techniques des collectivités, le golf, la revégétalisation (des talus routiers, des carrières,...) et les particuliers qui pourront venir compléter ces filières.

1.2. Etude économique du co-compostage

L’Ademe*, dans un récent rapport sur « Les techniques de gestion des déchets ménagers », publie quelques éléments de coûts du traitement par compostage (voir Tableau 5).

Tableau 5 : Eléments de coûts du compostage

Pour les déchets verts Coûts d fonctionnement 12026,9,7 à à 4 159,78 ,€2 H€ TH/tTo/tonne (e1 5(700 à0 3à0 10 3F0 H0 TF))

Compostage Coûts d’investissement 152,5 à 274,4 € HT/tonne (1 000 à 1 800 € HT)

Dans le cadre de la FFOM (à titre indicatif) Coûts de fonctionnement 45,7 à 76,2 € HT/tonne (300 à 500 F HT)

Compostage accéléré Coûts de fonctionnement 1825,39, 4à 3à 0949,,91 €€ HHTT//tonne ((13 5200 0à à6 520 0 0F0 H FT H) T)

Ces coûts ne sont pas représentatifs pour les petites installations (moins de 2 000 tonnes/an)

Source : Ademe - Dodep

Dans le cadre du projet de Fesches-le-Châtel, le montant global du projet a été estimé à 6.050.000 € HT, en incluant toutes les études et les frais de maîtrise d’oeuvre. Le coût des mesures compensatoires envisagées par la CAPM a été évalué à 1.500.000 € HT [Commission n°7 du 04.03.2005, CAPM].

1.3. Avantages et inconvénients de cette technique

1.3.1. Avantages du co-compostage

Un avantage de cette technique est qu’elle consomme également un coproduit qui peut lui même être un déchet industriel : sciure, copeaux, écorces, carton, ordures ménagères triées.

Cette technique s’inscrit donc bien dans un schéma global d’élimination des déchets banals.

Un deuxième avantage du traitement par co-compostage est son rôle auto-épurateur. Lors de différentes études réalisées sur le procédé de co-compostage [Collard], il a été mis en évidence le rôle auto-épurateur de cette technique.

En effet, on peut remarquer un abattement des concentrations en Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) de l’ordre de 60 % lors du co-compostage de boues de station d’épuration en mélange avec du déchet vert broyé. Il a aussi été mis en évidence un abattement des micro-organismes (Escherichia Coli, Streptocoques, spores de clostridium sulfito-réducteurs, salmonelles).

Pour les petites collectivités isolées, pour les opérateurs des déchets qui ont peu de moyens, la gestion de proximité des ordures ménagères par compostage est souvent la plus judicieuse.

En effet, la valorisation biologique des déchets organiques répond parfaitement aux contraintes particulières des zones isolées ou à faibles moyens.

Elle présente de nombreux avantages dans divers domaines [Compostage, valorisation des déchets verts, GERES - Groupe Energies Renouvelables et Environnement, net] :

- Ecologique : le compostage réduit le caractère polluant des déchets en générant très peu de nuisances et le compost est utile à l’entretien de la fertilité des sols,

- Social : le compostage permet de maintenir ou créer une activité économique ou de réinsertion. De plus, la population prend conscience de l’enjeu social du déchet grâce au geste du tri des déchets organiques qui est indispensable pour obtenir un compost de qualité. La collecte sélective des fermentescibles peut paraître plus délicate que celle des emballages ; en réalité, les efforts de communication à consacrer sont les mêmes.

- Economique] : le compostage en andains est une technique rustique qui ne nécessite pas d’effet d’échelle ; il peut donc être réalisé sur des petites quantités, à des coûts compétitifs. De plus, ce mode de traitement peut être mis en oeuvre localement, ce qui permet d’éviter les transport des déchets, et de réaliser des économies sur la collecte qui est en général onéreuse car le gisement est peu important et très dispersé.

Pour les communes isolées des grands centres de traitement de déchets, le compostage est donc très souvent compétitif vis-à-vis de l’incinération et de la mise en décharge contrôlée.

- Réglementaire : le traitement biologique et la limitation des transports des déchets en distance et en volume sont des exigences réglementaires concernant l’élimination des déchets (Loi du 15/07/1975, loi du 13/07/1992, décrets d’application, circulaire du 28/04/1998)

- Une technique adaptée : l’habitat en majorité horizontal et la présence d’une activité agricole entraînent à priori une production de déchets organiques en fortes proportions et des débouchés agricoles ; il est donc opportun d’opter pour un traitement biologique

- Une stratégie adaptée : l’organisation du traitement par compostage peut être envisagée selon plusieurs stratégies : une plate-forme unique de regroupement ou plusieurs sites avec du matériel mobile,...

1.3.2. Inconvénients du co-compostage

Les inconvénients de ce mode de traitement peuvent être les suivants :

- Ecologique : le traitement, mal ou pas contrôlé, peut dégager des odeurs et créer des nuisances (bruit, poussières et déchets) pour les riverains à proximité.

- Social : La prise de conscience de l’importance du tri des déchets n’est pas facile à transmettre. Un effort de communication et d’information du public est nécessaire pour faciliter l’insertion du centre parmi la population.

- Economique : La construction d’un centre demande des financements proportionnels à la taille de la structure. Toutefois, les coûts de construction d’un tel centre sont relativement faibles comparés à d’autres types de traitement des déchets.

- Réglementaire : La réglementation à appliquer est stricte. Les centres de cocompostage sont déclarés comme des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE*) et sont de plus soumis à Autorisation (dossier administratif à déposer en préfecture).

De plus, le produit fini (le compost) doit remplir un certain nombre de critères de qualité afin d’être déclaré comme un produit (et non comme un déchet) afin de pouvoir être commercialisé.

1.3.3. Bilan des avantages et inconvénients du co- compostage

Le tableau 6 ci-dessous résume l’ensemble des avantages et inconvénients énumérés dans les paragraphes précédents.

Tableau 6 : Avantages et inconvénients du traitement biologique par co-compostage

domaine Avantage Inconvénient

Environnement

- recyclage de déchets organiques

- bruit

- odeurs

Social

- maintien d’une activité économique

- prise de conscience de l’importance du tri sélectif

- Vision négative du centre par la population

Economique

- mécanisme simple et peu coûteux

- commercialisation du produit fini

- Investissement de départ

Réglementaire

- déclaration du compost comme ‘produit’

- respect de la réglementation en vigueur

Technique

- adapté à l’habitat horizontal

- adapté à une région agricole

- technique naturelle (« écologique »)

- nuisance olfactive

Connaissant la technique de compostage, il est désormais intéressant de réaliser une étude des impacts potentiels que pourrait avoir une telle installation sur la commune de Fesches le Châtel, son environnement et ses habitants.

Pour cela, la deuxième partie de cette étude est consacrée à un état des lieux du site en projet et à un recensement des différents impacts potentiels du centre sur l’environnement et la santé humaine.

2. Etude d’impacts environnementaux et sanitaires

Tout aménagement public ou privé qui, par ses dimensions ou ses effets, peut porter atteinte au milieu naturel est soumis à une « étude d’impacts », régie par le Code de l’Environnement.

Cette étude permet d’apprécier les conséquences du projet sur son environnement et ses riverains.

2.1. Définition et objectifs

Une étude d’impact est une analyse scientifique et technique qui permet d’envisager globalement les conséquences futures (aussi bien positives que négatives) d’un aménagement sur l’environnement, le cadre de vie et la santé.

Une étude d’impact doit aborder des thèmes précis, fixés par le décret du 25 février 1993 (n°93-245) ; Il s’agit des effets du projet sur :

�� le milieu physique (emprise au sol, terrassement, ...),

�� le milieu naturel (la faune, la flore, les paysages, ...),

�� le milieu humain (l’hygiène, la salubrité publique, le bruit, la compatibilité avec les autres activités, ...),

�� le sol, l’air, le patrimoine culturel, l’environnement humain.

Une étude d’impact sur l’environnement est à la fois :

�� un outil de protection de l’environnement, par la prise en compte des contraintes environnementales du projet,

�� un outil d’aide à la réalisation : les expertises environnementales servent à améliorer la conception et la réalisation du projet,

�� un outil d’information des services et organismes en charge des autorisations administratives, et des populations riveraines.

Elle doit permettre de :

- susciter la prise de conscience des concepteurs,

- apprécier les conséquences du projet,

- comparer les performances,

- informer le public,

- informer les autorités administratives,

- donner des moyens de contrôle.

Une étude d’impacts possède un structure définie qui peut s’adapter à chaque installation.

2.2. Structure d’une étude d’impacts

Le tableau 7 suivant définit le contenu d’une étude d’impact complète.

Tableau 7 : Etape d’une étude d’impact Etape Contenu

ETAT DE REFERENCE

Analyse de l’état initial actuel du site et de son environnement

Contexte naturel (géologie, hydrologie, climat, paysages, faune et flore,...)

Contexte industriel, agricole, culturel et humain

ETAT IMPACT

Analyse des effets de l’usine et des projets sur l’environnement

Source des impacts sur les différents milieux

Origine, nature et gravité des inconvénients

Raisons justifiant les différents choix Critères économiques, techniques, environnementaux,...

Mesures pour supprimer, réduire et compenser les conséquences dommageables de l’établissement sur l’environnement

Mesures prises, performances attendues, dépenses correspondantes

Analyse des méthodes utilisées

Conditions de remise en état du site après cessation d’exploitation

Description du projet de remise en état

Coût prévisionnel de ces mesures

Evaluation des risques sanitaires (Volet Santé)

Résumé non technique A destination du public

Connaissance de la situation initiale, des effets sur l’environnement, des mesures compensatoires et de la situation prévisible après la mise en service

La méthode décrite ci-dessus est celle utilisée lors de cette étude.

Ainsi, les paragraphes suivants traiteront :

- de l’état initial du site,

- des impacts potentiels de l’installation sur l’environnement et les populations,

- des mesures réductrices et compensatoires proposées au constructeur ou à l’exploitant.

2.3. Analyse de l’état actuel du site et de son environnement

2.3.1. Contexte et localisation du secteur d’étude

2.3.1.1. Contexte général

La communauté d’agglomération du pays de Montbéliard (CAPM) a proposé la création d’un centre de co-compostage (boues de stations d’épuration et déchets verts) sur la commune deFesches-le-Châtel. Le siège social de la communauté d’agglomération est situé 8 avenue des Alliés à Montbéliard (25 200).

L’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter définissant les caractéristiques de ce projet est daté du 11 juin 2004.

2.3.1.2. Localisation géographique

Le projet de création d’un centre de co-compostage concerne la commune de Fesches-le-Châtel (25, Doubs, Franche-Comté). Le lieu retenu pour ce projet se situe au lieu-dit « Les Landes », parcelle n°448 de la section B du plan cadastral. L’installation sera implantée sur une surface de 54 315 m2.

Elle sera située dans une zone boisée, à 750 mètres des premières habitations et à proximité de la route départementale n°463 et de l’autoroute A 36.

Le projet se situe à proximité des frontières de Fesches-le-Châtel avec les communes de Dampierre les Bois et Etupes (voir Figure 3).

Figure 3 : Localisation de Fesches le Châtel Source : Michelin

2.3.2. Milieu physique

2.3.2.1. Climatologie

Le site Internet de Météo France nous renseigne sur le climat moyen du département du Doubs (valeurs relevées à l’observatoire de Besançon) sur la période de 1971 à 2000 (voir Figure 4).

Figure 4 : Le climat du Doubs, valeurs moyennes de 1971 à 2000 - Source : Météo France

• Température

Les températures moyennes observées dans la région du Doubs sont de 20°C en été (juillet) et de 2,5°C l’hiver (décembre - janvier).

• Précipitations

Les précipitations sont assez abondantes. Sur la période 1971-2000, les valeurs extrêmes sont de 78 mm en mars et de 110 mm en mai. La moyenne mensuelle est de 95 mm pour une pluviométrie annuelle moyenne de 1 135 mm.

• Vent

La rose des vents établie par Météo France est disponible en commande sur Internet. Dans la région du Doubs, le climat est continental et les vents sont relativement faibles (il n’y a pas d’influence maritime). Toutefois, les vents dominants sont des vents du nord est.

• Qualité de l’air

L’air de Franche Comté est contrôlé par le réseau de surveillance de la qualité de l’air en Franche Comté « atmo Franche Comté ». Le tableau 8 ci-dessous indique la répartition des indices de qualité de l’air en pourcentage de jours sur l’ensemble des villes suivies régulièrement.

Tableau 8 : Répartition des indices de qualité de l’air en Franche Comté (% de jours) - Source : Atmo Franche-Comté

2.3.2.2. Topographie, géologie et hydrogéologie

• Topographie

Le terrain est situé sur un plateau boisé au sud-ouest de Fesches le Châtel. Sa superficie totale est de 58 400 m².

La topographie du site est marquée par un talweg et une pente douce vers le nord-est.

• Géologie

Le site des données « InfoTerre » du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) nous renseigne sur la composition géologique de l’ensemble du territoire français. Ci-dessous figure la carte géologique de la zone d’étude (voir Figure 5).

Figure 5 : Carte géologique de Fesches-le-Châtel (Echelle : 1 / 2 500)

L’analyse géologique peut être réalisée sur la base des données issues de la carte de Delle au1/50 000 et d’après des sondages réalisés par la société CEBTP lors de l’étude géotechnique.

La géologie prévisionnelle du site peut être définie comme suit :

- une couverture limoneuse sur 1 à plus de 3,5 mètres d’épaisseur,

- un remplissage graveleux en fond de talweg,

- le substratum constitué par les marnes oligocènes du système de Bourgogne, la structure est sub-tabulaire et non faillée.

Après la reconnaissance par des forages, le contexte géologique du site a été défini comme suit :

- terre végétale sur une épaisseur de 0,2 mètre (humus forestier),

- argile sablo-limoneuse à cailloux localement de compacité médiocre à moyenne, son épaisseur est très variable,

- sables et graviers argileux, localisés en fond de talweg de compacité moyenne,

- argile sablo-graveleuse ocre, brune, kaki à grise de caractéristiques géotechniques moyennes à bonnes.

Concernant la sismicité, la commune de Fesches le Châtel est située en zone IB, de sismicité faible.

• Hydrogéologie

La carte suivante illustre l’hydrogéologie de la région de Montbéliard (voir Figure 6).

Figure 6 : Hydrogéologie du Doubs Source : Conseil Général du Doubs

Lors de la réalisation de l’étude géotechnique, l’entreprise experte n’a relevé aucune présence d’eau. Toutefois, la présence d’un ruisseau tari, provenant peut être d’une source non pérenne ou d’un ruissellement de surface, indique de possibles écoulements superficiels en période humide.

Les essais d’eau, de type Nasberg, réalisés lors de l’étude géotechnique, ont fournis les valeurs de perméabilité suivante :

- de 1 à 2 m de profondeur : 1,5.10-8 m/s,

- de 3 à 4 m de profondeur : 2,1 à 2,2.10-8 m/s.

D’après ces valeurs, nous pouvons considérer que le terrain argilo-limoneux est quasiment imperméable, avec une perméabilité de l’ordre de 1 à 2.10-8 m/s.

2.3.2.3. Hydraulique

• Réseau hydraulique du secteur

La carte suivante illustre la situation hydraulique du secteur de Fesches le Châtel. La communes se situe dans le bassin versant de l’Allan. La zone hydraulique dans laquelle se situe le projet est la zone nommée : ‘L’Allan de sa source à la Savoureuse’ (voir Figure 7).

Figure 7 : Réseau hydraulique du secteur d’étude - Source : BRGM

• Régime hydrologique

La carte suivante (Figure 8) illustre les implantations des appareils de surveillance du niveau des eaux dans la zone d’étude. Ces appareils de mesures (de débit (limnigraphes), de hauteur d’eau (piézomètres)) sont à la charge de la Direction de l’Environnement (DIREN) de Franche-Comté.

Figure 8 : Suivi des niveaux d’eau - Source : DIREN Franche-Comté

2.3.2.4. Qualité des eaux

• Qualité des eaux superficielles

Les eaux superficielles sont classées par le DIREN* et des objectifs de qualité sont définis (voir Figure 9).

Figure 9 : Objectifs de qualité des eaux superficielles Source : DIREN Franche-Comté

A proximité du projet, la Feschotte est classée d’objectif de qualité moyenne 2. En aval du projet, l’Allan et le Doubs sont eux aussi classés d’objectif de qualité moyenne 2.

Ces objectifs de qualité répondent à des valeurs de différents paramètres physico-chimiques.

Le tableau suivant expose les paramètres définissant la qualité de l’eau.

Tableau 9 : Grille des paramètres pour la qualité de l’eau

• Objectif de qualité du SDAGE Rhône Méditerranée Corse Un SDAGE ou Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux, est élaboré pour chacun des grands bassins hydrographiques français par les comités de bassin. Il s’agit d’un outil de suivi et de gestion des eaux définit par la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 qui affirmait que l’eau est un patrimoine commun dont la gestion équilibrée est d’intérêt général.

A une échelle plus locale (bassin versant d’une rivière, système aquifère,...), peut être élaboré un SAGE, Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux.

La commune de Fesches-le-Châtel appartient au bassin Rhône-Méditérranée-Corse.

Le SDAGE Rhône-Méditérranée-Corse a été adopté le 20 décembre 1996, après 5 ans de travail et de concertation.

Les volontés de tous les acteurs et gestionnaires de l’eau sont les suivantes :

- poursuivre toujours en encore la lutte contre la pollution,

- garantir une qualité d’eau à la hauteur des exigences des usages,

- réaffirmer l’importance stratégique et la fragilité des eaux souterraines,

- mieux gérer avant d’investir,

- respecter le fonctionnement naturel des milieux,

- restaurer ou préserver les milieux aquatiques remarquables,

- restaurer d’urgence les milieux particulièrement dégradés,

- s’investir plus efficacement dans la gestion des risques,

- penser la gestion de l’eau en terme d’aménagement du territoire,

- renforcer la gestion locale et concertée.

Aujourd’hui, le SDAGE constitue la référence commune pour tous les acteurs de l’eau puisqu’il bénéficie d’une légitimité politique et d’une portée juridique (voir Figures 10 et 11).

Figure 10 : Carte des territoires du SDAGE Rhône Méditerranée Corse

Figure 11 : Carte du SDAGE du Bassin Rhône Méditerranée Corse

• Usage des eaux

�� Eaux superficielles

Les eaux superficielles de la région sont utilisées pour la pêche.

Figure 12 : Classement piscicole des cours d’eau de la zone d’étude

A proximité de Fesches le Châtel, la Feschotte est classée de première catégorie.

�� Eaux souterraines

Les eaux souterraines sont utilisées pour l’alimentation en eau potable. La carte suivante

(Figure 13) localise les points de captage de l’eau pour l’alimentation en eau potable.

Aucun réseau ne se situe sur le site de Fesches-le-Châtel.

Figure 13 : Points de captage pour l’alimentation en eau potable - Source : CAPM

Après leur utilisation, les eaux usées sont traitées par un réseau de stations d’épuration. La carte suivante positionne l’ensemble de ces stations sur le territoire de la communauté d’agglomération de Montbéliard. Cette carte montre le raccordement de la commune de Fesches-le-Châtel à la station de Sainte Suzanne (voir Figure 14).

Figure 14 : Stations d’épuration et réseau d’évacuation des eaux usées de la CAPM - Source : CAPM

2.3.3. Milieux naturels

2.3.3.1. Faune et flore

Aucune ZNIEFF* (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique pour la Faune et la Flore) n’est recensée sur la commune de Fesches-le-Châtel et dans les alentours.

La zone d’étude n’est pas concernée par une ZICO* (Zone d’Intérêt Communautaire pour les Oiseaux).

2.3.3.2. Paysages

La carte suivante (Figure 15) est une représentation des différents paysages du Doubs. La commune de Fesches-le-Châtel est située dans la zone paysagère du « Bas Pays ».

Le site de co-compostage est positionné dans une zone boisée.

Figure 15 : Paysages du sud du Doubs - Source : Conseil Général du Doubs

2.3.4. Milieu humain

2.3.4.1. Démographie

La commune de Fesches-le-Châtel compte 2 167 habitants (recensement 2002), les Feschois.

Les communes à proximité du site du projet sont Dampierre les Bois et Etupes (voir Tableau 10).

Tableau 10 :Caractéristiques des communes concernées par le rayon d’affichage - Source : INSEE

2.3.4.2. Logement

Le site de l’INSEE nous renseigne sur l’unité urbaine réunissant 4 communes. Les données sont fournies ci-après (voir Tableau 11).

Tableau 11 : Population et logements de l’unité urbaine de Fesches le Châtel - Source : INSEE

2.3.4.3. Activités

Le site de l’INSEE nous renseigne sur l’unité urbaine de Fesches-le-Châtel à propos de l’emploi (voir Tableau 12).

Tableau 12 : Emploi/Chômage et Entreprises de l’unité urbaine de Fesches le Châtel - Source : INSEE

D’après le recensement de 1999, la population active s’élève à 53 782 habitants.

87 % des actifs ont un emploi (soit 46 778 personnes). 28 % des gens travaillent dans leur commune de résidence. De par sa proximité avec la Suisse, 1,5% des gens vont travailler à l’étranger.

La CAPM regroupe à elle seule 61 613 emplois, dont 64% des postes sont occupés par des habitants de la Communauté d’Agglomération. En mars 2003, le taux de chômage était de 9,1 % [INSEE].

La commune de Fesches-le-Châtel comprend de multiples activités.

Le tableau 13 ci-dessous regroupe l’ensemble des entreprises et commerçants/artisans de la commune.

Tableau 13 : Activités industrielles et Commerces de Fesches-le-Châtel

Type Nom Activité

Bedeville Outillage et injection

Cristel DJA Articles ménagers de luxe

Transvaal Grès Carrelage et pose

Jacot Billey SA Conserverie d’escargots

Fidest Fournitures industrielles

Juillard P. Dépannage télé, vidéo, ménager, TPS

PME-PMI

Pompes Japy

Battaglia D. Maçonnerie générale

Espace Coiffure

Salon Christelle

Bertrand Daniel

Coiffure

Noël Maillot Ramonage, nettoyage chaudières-cheminées

Muratoir Décoration Rénovation intérieure/extérieure

J-J. Segura Peinture-papier-ravalement-isolation intérieure

Profi’pose Carreleur

Café des sports

Café Le Canari Café

Les Histoires de pains Boulangerie pâtisserie

Josy Rossi Alimentation générale

L’épi d’or Boulangerie pâtisserie

Franck Petit Boucherie Charcuterie Traiteur

Le Boomerang Snack Bar

Michèle Santini Bar Restaurant Hôtel

Nicol’Fleurs Fleuriste

Philippe Kech Bureau de tabac - Cadeaux

Artisans

Le Presse Papier Papeterie Presse

Source : Commune de Fesches-le-Châtel

2.3.4.4. Urbanisme et occupation du sol]]

Les cartes suivantes (Figures 16 et 17) illustrent l’urbanisme à proximité de la commune de Fesches-le-Châtel ainsi que les axes de communication reliant les différentes communes entre elles.

Le projet de centre de co-compostage est situé en limite sud de la commune de Feschesle-Châtel, à proximité de la route départementale 463.

Figure 16 : Urbanisation à proximité du site d’étude

Figure 17 : Carte d’occupation des sols Source : Conseil Général du Doubs

La communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard se compose de 29 communes s’étalant sur 179 km². Au recensement de 1999, la CAPM comptait 121 101 habitants avec une densité de population de 725 habitants par km².

La répartition de la population est la suivante :

Tableau 14 : Répartition de la population par classe d’âge

Classe d’âge Proportion (%)

Moins de 20 ans 26 %

De 20 à 59 ans 54 %

Plus de 60 ans 20 %

Source : CAPM, recensement 1999

La CAPM compte 11 798 étrangers, soit 10 % de la population totale (valeurs du recensement de 1999).

Concernant l’habitat, la CAPM comporte 51 024 logements (au recensement de 1999) dont 48 046 résidences principales. Seuls 5 % des logements sont vacants. Il s’agit pour la plupart de logements anciens, seuls 5 % ont été construits depuis 1990.

2.3.4.5. Risques et nuisances

• risques majeurs industriels

La zone d’étude n’est pas située en zone industrielle présentant un risque majeur. Aucun risque majeur n’est recensé à proximité du site étudié.

Toutefois, le tableau 15 ci-dessous indique les sites classés Seveso (risques industriels les plus importants) dans la région Franche-Comté (valeurs 2005).

Tableau 15 : Structures Seveso en Franche-Comté en 2005 REGION FRANCHE-COMTE - Bilan 2005

ETABLISSEMENTS "SEVESO" seuil haut DEP RAISON SOCIALE COMMUNE Distance de Fesches le Châtel

ACTIVITE DANGER

25 BUTAGAZ DELUZ 71 Stockage et distribution de propane (790 t) Explosion

25 SFLPJ (Pipeline du Jura) GENNES 78,8 Stockage de 100000m3 de pétrole brut Incendie - Explosion

39 SOLVAY ELECTROLYSE France

TAVAUX 141,3 Plateforme chimique Incendie - Explosion - Emanations toxiques

90 ANTARGAZ BOUROGNE 6 Stockage et distribution de propane (320 t) Explosion

ETABLISSEMENTS "SEVESO" seuil bas DEP RAISON SOCIALE COMMUNE Distance de Fesches-le- Châtel

ACTIVITE DANGER 25 AIR LIQUIDE EXINCOURT 7,4 Dépôt de gaz Explosion - Incendie - Emanations toxiques

25 COOPADOU DANNEMARIE SUR CRETE 100,7 Stockage de céréales et engrais

Explosion - Incendie - Emanations toxiques

25 IMPHY UGINE PRECISION PONT DE ROIDE 26,4 Laminage à froid d’acier

Explosion - Emanations toxiques

25 BFC Gaz Services BESANCON 89,4 Dépôt relais de bouteilles de propane te butane

Explosion

25 COMPO France SA ROCHE LEZ BEAUPRE 81,3 Stockage de produits agropharmaceutiques

Explosion - Incendie

39 INTERVAL COOPERATIVE SILOS DE CHEMIN SAINT LOUP 150,6 Stockage de céréales et engrais

Explosion - Incendie - Emanations toxiques

39 SOGIF TAVAUX 141,3 Fabrication et stockage d’oxygène, azote et air sec- Conditionnement d’hydrogène

Explosion - Incendie

39 V33 DOMBLANS 182,7 Fabrication de peintures, vernis

Incendie - Emanations toxiques

70 DISTILLERIE PEUREUX FOUGEROLLES 76,1 Stockage d’alcool de bouche

Incendie - Explosion

70 FAURECIA MAGNY-VERNOIS 48,9 Fabrication de sièges pour l’automobile

Incendie - Emanations toxiques

90 BEAUSEIGNEUR FROIDEFONTAINE 6,4 Stockage et conditionnement de substances chimiques Incendie -Emanations toxiques Source : DIREN Franche Comté

• risques d’origine naturelle

Concernant les risques d’inondation, la DIREN* publie une carte des aléas. Comme il est notable sur la carte suivante (Figure 18), la commune de Fesches-le-Châtel se situe dans une zone à risque fort du fait de la présence d’habitants en nombre non négligeable.

Figure 18 : Risques d’inondation Source : DIREN Franche-Comté

Toutefois, face à ces risques, la DIREN* propose un suivi régulier des niveaux des cours d’eau afin de prévoir tout risque. La carte suivante (Figure 19) présente les structures de surveillance de la DIREN*.

Figure 19 : Points de surveillance des niveaux d’eau par la DIREN Source : DIREN Franche-Comté

2.3.5. Visibilité du site étudié

Une visite sur le terrain est le meilleur moyen d’évaluer la visibilité du site potentiel d’implantation de l’installation depuis les habitations les plus proches.

Le site proposé étant situé au sein d’un massif forestier, la visibilité de l’installation depuis l’extérieur en est très fortement diminué.

2.3.6. Bruit et vibrations

Aucune industrie n’est recensée à proximité immédiate du site d’étude. Ainsi, il n’existe actuellement aucune nuisance sonore et/ou source de vibration.

2.4. Projet retenu

2.4.1. Projet global

2.4.1.1. Description du projet retenu

Le projet de co-compostage retenu par la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard est définie réglementairement comme une Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE). A ce titre, une nomenclature définit l’ensemble des activités présentes sur le site. Certaines de ces activités sont soumis à Autorisation (A), d’autres à Déclaration (D). Enfin, les activités présentant les moindres impacts sur l’environnement sont dites « Non Classées » (NC). Le tableau 16 suivant récapitule l’ensemble des activités ICPE du projet de Fesches-le-Châtel.

Tableau 16 : Nomenclature ICPE des activités du projet de centre de co-compostage de Fesches-le-Châtel

La capacité de production proposée de l’installation est de 16 000 m3 de compost fini. Pour cela, elle pourra recevoir :

- 15 000 m3 de boues déshydratées issues d’usines de dépollution d’eaux usées essentiellement urbaines,

- 27 000 m3 de co-produits ligneux.

D’après le plan de masse du projet au 1/500, il est prévu que le centre comprenne :

- un bâtiment de traitement dont les caractéristiques sont les suivantes :

• emprise au sol de 7 060 m² (94,5 m de longueur par 74,7 m de largeur),

• fondation sur radier général avec une surcharge de 2,5 t/m²,

• murs de séparation des différents casiers encastrés dans le radier (3 m de haut),

- un bâtiment de mélange accolé au bâtiment de traitement caractérisé par :

• emprise au sol de 500 m² (25 m de long par 20 m de large),

• quai de déchargement d’une hauteur de 3 m côté sud,

- un bâtiment administratif d’une emprise au sol de 110 m²,

- un pont bascule.

2.4.1.2. Exigences réglementaires

Le projet de Fesches-le-Châtel a pour objectif de fabriquer un compost de bonne qualité pouvant répondre aux critères de la norme NFU 44-095. Cette norme, nommée « amendements organiques - composts contenant des matières fertilisantes d’intérêt agronomique issues du traitement des eaux », a été homologuée par l’AFNOR* en mai 2002.

De plus, l’arrêté interministériel de sa mise en application est paru au Journal Officiel en mars 2004.

La volonté de l’exploitant de produire un amendement de qualité le contraint alors à un mode de traitement et à un suivi des produits (entrants et sortants) très rigoureux.

2.4.1.3. Destination des sous-produits

Une étude a déjà été menée sur la destination du produit fini (voir partie 1). Concernant les sous-produits, ils seront produits en très faible quantité. Il ne s’agit en effet que des refus de tri des déchets à traiter. Il ne s’agit là que d’une partie minime des déchets entrants sur le site.

2.4.2. Phase des travaux

Pendant la phase des travaux, des impacts sont à prévoir.

Il faut citer à ce titre :

- une augmentation du trafic de poids lourds et d’engins de construction,

- une nuisance sonore. Reste à noter ici que la phase de travaux aura une durée limitée.

2.5. Incidences du projet sur le milieu récepteur

2.5.1. Impacts visuel et paysager

Le site retenu pour accueillir le centre de co-compostage est situé en zone boisée. Ceci permet alors à l’installation de n’avoir aucun impact visuel et paysager pour la population environnante.

2.5.2. Pollution atmosphérique

Des études concernant les émissions de gaz à effet de serre par le procédé de co-compostage sont actuellement en cours.

Toutefois, des bilans matières ont montré que pour une tonne de matière compostée, les pertes sous forme gazeuses sont d’environ 450 kg (voir Figure 20).

Ces pertes se composent essentiellement de vapeur d’eau, de carbone (sous forme de dioxyde de carbone CO2 et de méthane CH4) et d’azote (sous forme de NH3 et N2O).

Figure 20 : Bilan matière Source : Collard

2.5.3. Pollution des eaux

Les eaux de surface, comme les eaux souterraines, peuvent être polluées à partir de l’eau de pluie se chargeant en matière polluante au contact des matériaux.

Les eaux de pluie qui atteignent le compost en phase de préparation percolent le massif et se chargent en azote et en DCO (Demande Chimique en Oxygène). Ces eaux sont alors appelées lixiviats. Ils doivent être collectés et traités. L’idéal est donc de composter sous couvert et de réutiliser les lixiviats pour humidifier les matières premières.

Les études géotechniques ont montré que le terrain sur lequel était prévu l’implantation du centre de co-compostage était quasiment imperméable, ce qui limite de manière très importante les infiltrations d’eau et de polluants.

D’après la nature du sous-sol, la pollution des eaux peut être considérée comme très faible.

2.5.4. Risques naturels

Le site choisi pour l’implantation de ce projet se situe sur une zone dépourvue de tout risque naturel. En effet, la commune de Fesches-le-Châtel n’est pas classée en zone inondable (pas d’écoulement superficiel à proximité du site) ni en zone sismique (classement en zone de faible sismicité). La commune de Fesches le Châtel n’est pas concernée par les risques naturels.

2.5.5. Impacts sur la faune et la flore

L’impact de l’installation sur la faune et la flore est essentiellement dû à la déforestation de la zone nécessaire à l’exploitation. Le massif de forêt recouvrant les communes concernées est de 1 000 hectares. L’implantation du centre de co-compostage ne nécessite le déboisement que de 5 hectares. Ceci ne représente que 0,5 % du massif total. De plus, aucune espèce protégée et en voie de disparition n’est relevée dans ce massif.

Le déboisement de la parcelle nécessaire à l’implantation de l’installation de cocompostage ne représente qu’une faible part du massif forestier.

La faune et la flore n’en seront donc pas ou très peu impactées.

2.5.6. Impact olfactif

Quelques soient les précautions prises, le type d’infrastructure (hall dépressurisé, aération forcée, biofiltre, pulvérisation de produit masquant,...), les risques de problèmes d’odeurs existent.

Ce sont surtout les manipulations de matières qui sont responsables de ces nuisances.

Le type de matière traitée et les quantités influencent fortement cet aspect. L’odeur des déchets verts est en général mieux acceptée. Le traitement de sous-produits agro-alimentaires ou de boues de stations d’épuration est nettement plus délicat et génère des odeurs plus désagréables. [Collard]

Le traitement des boues de stations d’épuration présente un risque de nuisance olfactive.

2.5.7. Impact sonore

L’impact sonore semble être réduit aux camions transportant les matières entrantes et sortantes. En effet, l’installation proprement dite ne possède pas d’équipement particulièrement bruyant.

L’impact sonore de l’installation est réduite au trafic des poids lourds.

2.5.8. Impact sanitaire

- Risques pour les travailleurs :

Des études ont montré que les risques pour la santé des travailleurs des centres de compostage sont limités moyennant certaines précautions élémentaires d’hygiène (se laver les mains régulièrement, ne pas fumer ni manger en travaillant,...).

- Risques pour les riverains :

Les risques pour les riverains sont très limités également. On parle de dispersion de spores dans l’atmosphère pouvant atteindre les habitations (d’où l’intérêt d’isoler au maximum (et dans la mesure du possible) les centres de compostage). Un tableau réunissant les types d’infections pouvant être issues du compostage est présenté en annexe B.

Des échantillons gazeux prélevés récemment à proximité de centres de compostage n’ont rien révélés en terme de gaz potentiellement toxiques (H2S, BTEX, NH3,..). [Collard] Les seuls impacts sanitaires existant sur ce type de projet sont les micro-organismes pathogènes présents dans les boues.

Le risque est donc le même que les stations d’épuration traitant ces boues.

Or, les stations d’épuration urbaines ne présentent aucun effet néfaste pour la santé des populations riveraines. A ce titre, des actions de communication et de sensibilisation sont prévues.

Le risque sanitaire est faible pour les travailleurs sur le centre et nul pour les riverains.

2.5.9. Impact sur le trafic routier

Le trafic routier à travers les villages est estimé à 10 camions par jour en moyenne pour le transport des matériaux entrants et sortants. Ceci a été estimé à une augmentation de 3,7 % du trafic sur la RD 463 pour les poids lourds. Ceci est à mettre en parallèle avec la diminution du transport des boues actuellement évacuées hors de l’agglomération sur des distances pouvant dépasser 100 km.

L’impact routier ne représente qu’une augmentation de 3,7% du trafic.

2.5.10. Synthèse des impacts

L’ensemble des impacts recensés ci-dessus sont présentés dans le tableau 17 suivant :

Tableau 17 : Synthèse des impacts sur l’environnement et la santé

Connaissant ces impacts potentiels de l’installation sur le milieu environnant, plusieurs mesures peuvent être proposées afin d’en réduire les effets.

3. Mesures réductrices et compensatoires

Le site à choisir pour la réalisation d’un tel centre de traitement se doit de répondre à un certain nombre de critères.

Il doit :

- être situé sur une des communes de la CAPM,

- être situé à proximité des lieux d’approvisionnement,
- être apte à recevoir ce type d’activité d’après le Plan Local d’Urbanisme (PLU),

- posséder une voie d’accès adaptée aux poids lourds,

- présenter une surface suffisante à l’installation,

- être suffisamment éloigné des premières habitations,

- pouvoir s’intégrer au paysage.

D’une manière générale, dans le développement de projets de centres de co-compostage, certains éléments sont essentiels à prendre en compte :

- éloigner au maximum le site de compostage des zones habitées,

- composter sous couvert dans un bâtiment idéalement fermé (éventuellement équipé d’un biofiltre) de manière à contrôler l’humidité des matières et éviter la production de quantités élevées de lixiviats difficiles à traiter,

- établir le plus tôt possible le dialogue avec les riverains et maintenir ces relations en permanence. Ne pas faire l’économie de professionnels de la communication.

Impliquer les riverains dans la conception du projet,

- bien informer les riverains en ce qui concerne la nature des matières traitées.

Au niveau de la gestion du site, il faudra prévoir de :

- aérer régulièrement les matières en fermentation pour éviter au maximum l’apparition d’odeur, tout en gardant à l’esprit que cette opération représente un coût et que la manipulation de la manipulation de la matière génère des odeurs (compromis à trouver),

- réaliser les manipulations de matières lorsque les vents donnent vers des zones non habitées,

- ne pas effectuer de manipulation la veille de week-end ou de jour férié.

Selon le type de traitement envisagé, certains impacts sont inévitables.

Ceux-ci ont alors été pris en compte lors de l’étude de faisabilité technique du projet de Fesches-le-Châtel. Ainsi, le futur exploitant s’engage, dans l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter, à réduire au maximum ces impacts.

Dans le chapitre suivant, les extraits de l’arrêté préfectoral du 11 juin 2004 figurent en italique.

3.1. Lutte contre les odeurs

Afin d’éliminer les risques de nuisances olfactives, il est prévu de nombreuses mesures :

- « Tout stockage, même temporaire, de matières pulvérulentes, très odorantes ou fortement évolutives est interdit » article 15 - Conditions de stockage.

- « L’installation doit être aménagée, équipée et exploitée de manière à ce que son fonctionnement ne puisse être à l’origine de nuisances olfactives pour le voisinage » Chapitre III - Prévention de la pollution de l’air, Article 23 - Principes généraux - Aménagements.

A ce titre, l’arrêté préfectoral propose de mettre en place diverses mesures :

« - écrans de végétation d’espèces locales autour de l’installation

- systèmes d’aspersion ou de bâchage pour les installations ou stockages situés en extérieur » [Article 23]

Ainsi, l’application de ces mesures atténuera de manière importante des éventuelles nuisances olfactives. De plus, l’éloignement du site ainsi que son confinement au sein du massif forestier participent à cette atténuation.

L’impact olfactif est présent mais très atténué par l’ensemble des mesures compensatoires.

3.2. Lutte contre le bruit et les vibrations

« L’installation est construite, équipée et exploitée de façon telle que son fonctionnement ne puisse être à l’origine de bruits transmis par voie aérienne ou solidienne susceptibles de compromettre la santé ou al sécurité du voisinage ou de constituer une nuisance pour celuici.  » Chapitre IV - Prévention des nuisances sonores - Vibrations, Article 29 - Prévention du bruit et des vibrations.

Dès la mise en service des installations et de manière régulière par la suite (au minimum tous les cinq ans), un contrôle des niveaux sonores devra être effectué aux frais de l’exploitant par un organisme compétent. Les valeurs à respecter par l’établissement sont réglementées présentées dans le tableau suivant :

Tableau 18 : Niveaux de bruit maximum en limite de propriété de l’établissement Niveau de bruit pour la période allant de 7h à 22h, sauf dimanche et jours fériés 70 dB(A) Niveau de bruit pour la période allant de 22h à 7h, ainsi que les dimanches et jours fériés 60 dB(A) Source : Article 29.1, arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter

L’établissement respectera les seuils réglementaires en limite de propriété.

3.3. Insertion visuelle

La solution proposée concernant l’implantation de l’installation à l’intérieur des sites de traitement des eaux usées a été refusée par manque de place au sein de ces infrastructures. (les zones potentiellement disponibles sont classées en zone inondable, donc toute construction y est refusée).

De plus, le site aurait pu être positionné en zone industrielle. Le manque d’espace suffisant et la forte présence humaine rendent cette hypothèse impossible.

Enfin, l’implantation du projet en zone boisée permet son intégration paysagère.

En effet, le site sera entouré de végétation, réduisant ainsi de manière importante l’impact visuel de l’installation. De plus, seuls 5 hectares de la forêt de 1 000 ha seront consacrés à l’implantation de l’infrastructure, ce qui ne semble pas atteindre la faune et la flore locales. (la déforestation de ces 5 hectares a été approuvée le 19 février 2003 dans le PLU de la commune de Fesches-le-Châtel).

Enfin, la CAPM propose diverses mesures compensatoires afin de favoriser l’intégration paysagère de l’installation :

- un écran végétal

- les installations en retrait par rapport à la limite de parcelle,

- l’utilisation des bois pour les bâtiments.

En complément, elle propose des mesures renforçant l’attractivité du site pour la faune et la flore :

- choix des essences pour favoriser la nidification des oiseaux migrateurs,

- aménagement du fossé d’infiltration des eaux pluviales pour sédentariser les biotopes humides.

En fin d’exploitation, la CAPM prendra en charge le démantèlement des installations et la remise en état du site.

3.4. Pollution des eaux

L’ensemble des eaux du site (eaux sanitaires, eaux de process, eaux pluviales propres et eaux pluviales de voiries) seront traitées séparément (Chapitre II de l’Arrêté préfectoral).

Le projet prévoit l’implantation de l’activité sur une aire étanche d’enrobés de 14 800 m2. Les surfaces de cette dalle seront en pente de manière à recueillir les eaux pluviales dans un bassin de 1 200 m3. situé en limite nord-est de la propriété. Les eaux de voirie transiteront par un débourbeur-séparateur d’hydrocarbures avant leur infiltration dans le milieu naturel. Les eaux usées seront collectées et traitées par un assainissement autonome.

3.5. Diminution de l’impact routier

Concernant les conditions d’accès au site, il est prévu que le chemin d’accès menant au site depuis la RD 463 soit profilé et sécurisé en accord avec la DDE. Les aménagements seront adaptés de manière à permettre une visibilité supérieure à 200 mètres. Pour ces aménagements particuliers, il faudra prendre en compte la présence du GR n°5 de manière à ne pas l’encombrer.

3.6. Information auprès des populations

La CAPM et son fermier s’engagent au travers d’une convention signée avec la commune de Fesches-le-Châtel à présenter régulièrement aux élus des communes environnantes les performances environnementales du centre.

La CAPM peut envisager d’instaurer une concertation régulière avec les riverains à la condition que celle-ci se déroule dans le calme. Il est pour cela nécessaire que les riverains se tiennent à l’écoute de l’exploitant et accepte le dialogue dans des conditions sereines.

Une Commission Locale d’Information (CLI) sur le suivi de l’exploitation sera créée. Cette réunion se tiendra annuellement et sa fréquence sera adaptée aux problèmes soulevés par les riverains. Le première réunion sera programmée 6 mois après le début de l’exploitation.

Les maires des communes concernées et les membres des associations de défense pour le protection de l’environnement pourront y assister après avoir émis leur souhait de participation.

3.7. Bilan : Impacts résiduels après compensation

Tableau 19 : Bilan des impacts résiduels après application des mesures compensatoires

En appliquant l’ensemble des mesures compensatoires et réductrices envisagées par l’exploitant, les impacts résiduels seront relativement faibles. L’ensemble de l’étude du projet a pris en considération l’ensemble des éléments environnementaux locaux afin de réduire au maximum les effets écologiques et sanitaires.

Ainsi, à l’issue de cette étude, le projet de co-compostage sur ce site semble bien adapté à la demande locale et ne semble pas présenter de dangers particuliers pour la population.

Il est désormais intéressant d’analyser la place du co-compostage dans la filière de traitement des déchets organiques. Pour cela, la partie suivante compare la méthode du co-compostage avec les autres techniques de traitement.

4. Place du co-compostage en France et comparaison avec les autres techniques de traitement

Les boues de stations d’épuration produites aujourd’hui en France sont, à hauteur de 60 %,valorisées en agriculture ou compostées pour produire un amendement organique pour les sols. Le reste est envoyé en incinération ou en Centre de Stockage de Déchet Ultime (il est à noter ici que depuis juillet 2004 tout déchet non ultime (c’est-à-dire valorisable) est interdit en CSDU*).

4.1. Le co-compostage aujourd’hui en France : nombre d’installations et progression

4.1.1. Evolution du nombre d’installation

D’après de récentes enquêtes concernant l’ensemble des installations de traitement biologique des déchets en France en 2003-2004 [Ademe, Les marchés des activités liées aux déchets], le nombre de nouveaux centres de compostage est en nette progression depuis quelques années. Cette évolution devrait être encore plus marquée à partir de 2006. En 2005, les commandes d’installations de traitement biologique de déchets a encore progressé notamment dans les communes d’Annecy, Marseille, Paris (SYCTOM), Forbach, Valence, Vannes,...

Le graphique ci-dessous (Figure 21) montre l’évolution du nombre d’installations de compostage en France depuis 1998. Figure 21 : Evolution du nombre d’installations de compostage en France de 1998 à 2004 Source : MEDD, Enquête sur le parc des installations de compostage en France

Cette figure montre très clairement la très forte progression du compostage depuis quelques années. Entre 1998 et 2004, le nombre d’installations a été multiplié par 3 en France.

Toutefois, de puis 2002, le nombre de création semble stagner (avec tout de même la création d’une soixantaine de centres par an). L’étude menée par le Ministère a aussi déterminé la nature des déchets traités par cette technique. Les informations suivantes (Tableau 20 et Figure 22) donnent les valeurs 2004 des déchets traités. Tableau 20 : Répartition des déchets traités en compostage en 2004 en France Source : MEDD, Enquête sur le parc des installations de compostage en France

Figure 22 : Répartition des déchets traités par compostage en 2004 en France Source : MEDD, Enquête sur le parc des installations de compostage en France

Sur ce graphe, nous remarquons que les déchets verts constituent plus de la moitié du tonnage des déchets compostés, soit 3,7 millions de tonnes de déchets verts pourraient ainsi avoir été compostés en 2004. D’après l’enquête du MEDD*, 130 installations ont composté des boues de stations d’épuration en 2004 en France. De plus, la part des boues urbaines compostées prend de l’importance et le compostage au sein d’installations classées pour la protection de l’environnement pourrait avoir concerné 10 % du gisement total de boues urbaines (900 000 tonnes).

Pour conclure, on estime en 2004 qu’environ 680 installations ont composté 7,5 millions de tonnes de déchets pour produire 3,5 millions de tonnes de compost.

Le compostage devient un mode de traitement à part entière de nos déchets. Enfin, il ressort de l’enquête du MEDD* que les trois quarts des déchets compostés le sont dans des installations soumises à autorisation. C’est essentiellement la réglementation qui est à l’origine de cette réussite.

4.1.2. Evolution de la réglementation associée Les évolutions en matière de gestion des résidus fermentescibles en France sont principalement dues à la mise en application obligatoire en 1985 de la norme NFU44-041 relative à l’épandage des boues des ouvrages de traitement des eaux usées urbaines.

Ceci a été renforcé récemment avec l’arrêté ministériel du 18 mars 2004 relatif à la norme sur le compost issu de boues de station d’épuration. A longue échéance, le développement des capacités de traitement biologique des déchets semble s’inscrire dans la voie indiquée par la directive européenne de 1999 sur la mise en décharge des déchets1.

Cette directive fixe notamment pour objectif aux pays membres de l’Union Européenne de réduire, à l’échéance de 2017, la quantité de déchets municipaux biodégradables mis en décharge à 35 % (en poids) de la quantité de ces déchets produits en 1995. [Ademe, Les marchés des activités liées aux déchets].

En matière de gestion biologique des déchets organiques et en réponse à de fortes pressions, la Commission Européenne a initié quatre actions :
- révision de la directive ‘boues’ de 1986,
- projet directive sur le compost,
- communication sur les sols,
- règlement des sous-produits animaux. A l’heure actuelle, selon les nouvelles réglementations en terme de traitement biologique des déchets, si la mise en décharge apparaît théoriquement compromise, si l’incinération ne parvient pas à surmonter les écueils de l’implantation des usines et des risques sanitaires, la gestion biologique est vouée à prendre une importance considérable [Club AtoutBoues, Etude de marché « gestion biologique des déchets organiques »]. 1 Directive 1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 concernant la mise en décharge des déchets, Journal Officiel des Communautés Européennes du 16 juillet 1999. L’objectif de cette directive a été repris dans la circulaire du 28 juin 2001 dans laquelle le gouvernement français affiche une position volontariste pour le développement de la valorisation biologique des déchets organiques.

4.2. Image du co-compostage, perception par le grand public Face à la crainte des riverains vis-à-vis de l’ouverture d’un centre de co-compostage dans leur commune, intéressons nous ici à la perception du compostage par le grand public.

4.2.1. Différence entre une plate-forme et une usine de compostage La technique de compostage peut être appliquée de deux manières différentes : sur une plateforme ou en usine. La plate-forme est une installation à l’air libre (voir Figure 23). Il s’agit simplement d’une dalle de béton sur laquelle est disposé le compost en andains*. Cette dalle est équipée d’un système de récupération des eaux de percolation (eau de pluie qui tombe sur les déchets, les traverse en se chargeant et donne naissance à des lixiviats) afin de les traiter avant rejet. Ce type d’installation, très simple, est très bien perçu par les populations avoisinantes car il reflète une image très écologique. Du fait de son impact visuel, ce type d’installation est très souvent positionné à distance des habitations. Ainsi les odeurs dégagées par le procédé naturel de la dégradation de la matière organique n’est pas perçu par les riverains.

L’usine de compostage est une plate-forme fermée. La technique est exactement la même que sur une plate-forme mais se déroule dans un local fermé. Ceci permet alors de traiter l’air et les odeurs dégagées par la dégradation biologique des déchets organiques avant rejet dans le milieu environnant.

De plus, les eaux produites par le phénomène de dégradation sont aussi récupérées pour être traitées. Toutefois, la présence d’un bâtiment industriel et de l’appellation d’« usine » de compostage confèrent à cette installation une image négative de la part des riverains. Pourtant, la fermeture du local contenant les matériaux à dégrader permet de contrôler les paramètres influant la dégradation : par exemple, les eaux de pluie n’atteignent pas directement les déchets, l’apport d’eau (le taux d’humidité) est alors maîtrisé par l’homme (contrairement à une plate-forme à l’air libre). Finalement, malgré l’image négative perçue par l’« usine » de compostage, cette structure est mieux maîtrisée qu’une plate-forme, qui elle possède une image de technique écologique et économique. Figure 23 : Plate-forme de co-compostage Source : www.rohr.fr

4.2.2. Conférences citoyennes A l’initiative du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, une troisième ‘Conférence citoyenne’ a été entreprise en novembre 2003 dans le cadre du débat sur l’eau. Un échantillon représentatif de la population française (15 citoyens sélectionnées par l’IFOP*) a suivi une formation d’une semaine sur les différents types de traitements biologiques des déchets.

Ces personnes ont alors visité une usine de fabrication d’eau potable, une station d’épuration (pour connaître la formation et l’origine des boues) et toutes les filières de traitement des boues : une usine d’incinération, un plan d’épandage, une plateforme et une usine de compostage et un centre de stockage des déchets. A l’issue de cette formation, un rapport a été édité mentionnant l’avis recueilli par cette population à propos de la gestion des déchets. Parmi ces conclusions, la filière du compostage est apparue, aux yeux des personnes formées, comme la technique la plus écologique (le phénomène est entièrement naturel) et la moins coûteuse, donc la plus adaptée à ce type de déchet.

Les résultats de cette formation ont été remis au Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable sous la forme d’une charte de recommandations en 18 points préconisant les mesures à adopter pour évacuer les boues domestiques issues des stations d’épuration. Ces recommandations sont présentées en annexe C du présent rapport.

4.2.3. Enquête SOFRES La société SOFRES a établi une enquête sur la vision du traitement biologique des déchets par le grand public. Cette enquête démontre une image très positive du compostage de la part du grand public. C’est une technique qui possède une vision écologique et peu onéreuse du traitement des déchets.

4.3. Comparaison du co-compostage avec les autres techniques En matière de traitement des déchets, de nombreuses filières sont aujourd’hui proposées sur le marché. Chacune d’entre elles est adaptée à un type de déchet, à une zone géographique donnée, aux ressources du milieu environnant,...

Le paragraphe suivant est consacré à la comparaison de ces différentes méthodes.

4.3.1. Variantes proposées Plusieurs solutions peuvent être envisagées quant à l’élimination des boues issues des usines de potabilisation et de traitement des eaux usées. Cinq solutions seront ici retenues pour pouvoir être comparées :
- l’épandage agricole des boues utilisées comme fertilisant,
- l’élaboration de compost par incorporation de paille, de sciure ou de déchets verts,
- l’incinération en site dédié ou par une installation déjà utilisée pour les ordures ménagères,
- l’évacuation en Centre d’Enfouissement Technique (CET),
- le traitement sur place, dans un ouvrage spécifique pour les graisses.

Dans un premier temps, il est à noter que le traitement in situ des boues reste une solution en cours de développement et relativement coûteuse. La société Agro-Développement (filiale de SITA), spécialiste du traitement biologique des déchets, propose aux petites stations d’épuration (d’une capacité inférieure à 5 000 équivalents habitants) une unité de compostage mobile. Cette unité permet notamment de limiter les risques de nuisances liés au transport des boues brutes [Agro-Développement, Horizon Bio n°3].

Dans un second temps, les quatre autres types de traitement proposés ci-dessus peuvent être déclinés en deux catégories en fonction de la filière de la boue. Comme défini par la réglementation et présenté en 1.1.4.2., le compost peut être classé de « déchet » ou de « produit » selon sa formation et son utilisation ultérieure. Ainsi, lors du stockage des boues en CSDU* ou lors de son incinération, le compost est défini comme un déchet, il ne présente aucune possibilité d’utilisation ultérieure, la matière est perdue. Si les boues sont épandues directement en agriculture, la matière n’est pas complètement valorisée, l’amendement n’est pas maximal (la boue est là encore, au titre de la réglementation, définie comme un déchet).

Enfin, lorsque la boue est compostée avec d’autres déchets (organiques, déchets verts, sciures de bois,...), le compost obtenu présente une qualité agronomique reconnue réglementairement et peut être classé comme un « produit » commercialisable. Le tableau 21 suivant résume les différentes filières de traitement biologique des boues et déchets organiques ainsi que leurs caractéristiques respectives.

Tableau 21 : Variantes et caractéristiques

Filière : déchet/produit Caractéristiques Stockage (CSDU*) : déchet Capacités réduites (10 000 tonnes en Franche-Comté) Boues de la CAPM ne sont pas des déchets ultimes Incinération : déchet Délais de mise en oeuvre longs Coûts importants Mauvaise image de marque Epandage : déchet Filière sensible Dépend uniquement de l’agriculture Mauvaise image de marque

Compostage : PRODUIT Image positive Diversification des débouchés Coûts maîtrisés Source : CAPM 4.3.2. Méthodes de stabilisation des boues Afin de stabiliser les boues issues des stations d’épuration, de nombreuses techniques sont proposées. Le tableau 22 suivant réunis l’ensemble des techniques de stabilisation des boues en les comparant une à une.

Tableau 22 : Comparaison des techniques de stabilisation des boues Source : Lutte contre la pollution des eaux : traitement des boues d’épuration, Techniques de l’ingénieur.

Remarquons ici l’avantage essentiel du traitement par compostage : la qualité du produit obtenu. Le compost obtenu étant très sain (par rapport aux autres composts obtenus à partir d’autres techniques), il est à l’origine de l’absence de risque sanitaire.

4.3.3. Compostage et méthanisation Les deux grands types de traitement biologique sont le compostage et la méthanisation. La méthanisation est un procédé de la matière organique par une flore microbiologique en l’absence d’oxygène. Le tableau 23 suivant présente les intérêts et contraintes relatifs à ces deux procédés.

Tableau 23 : Intérêts et contraintes relatifs du compostage et de la méthanisation des nitrates

Aujourd’hui, la technique de méthanisation semble se développer de plus en plus. Les perspectives en matière de gestion des déchets envisagent une progression de ce procédé en parallèle du compostage. D’une manière générale, la technique du compostage est une méthode naturelle donc simple, peu coûteuse à mettre en oeuvre et très écologique. Aucun produit chimique n’est nécessaire au bon fonctionnement du procédé ce qui limite les pollutions sur l’environnement. Pour de petites communes comme Fesches le Châtel, la technique du co-compostage semble être la mieux adaptée aux contextes environnementaux, sociaux, financiers et politiques.

Méthodes utilisées et difficultés rencontrées Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un projet universitaire (formation de niveau bac +6) en collaboration avec l’association « Les Amis de la Terre ». L’essentiel des informations recueillies lors de cette étude proviennent d’Internet, des mairies concernées par le projet (voir la ‘liste des organismes et personnes contactés’ en annexe A) et des professionnels du métier du traitement des déchets biologiques.

Ce dossier se ramène alors à une étude (simplifiée) des impacts environnementaux et sanitaires du projet de plate-forme de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, France).

Les difficultés rencontrées lors de la réalisation de cette étude sont de plusieurs natures :
- l’éloignement du site d’étude. Le projet a été réalisé pour l’essentiel par le biais d’internet. La nature et la quantité des informations était parfois limitée,
- la difficulté d’approvisionnement des informations du fait de l’éloignement du site et de la réticence de certains organismes ou associations à me fournir certaines informations,
- le délai de l’étude : seuls trois mois et demis (à temps partiel) m’ont été disponibles pour mettre en oeuvre cette étude, ce qui est relativement limité face aux renseignements à fournir pour une étude de cette nature.

Conclusion

Même s’il s’agit d’un procédé naturel et connu, les projets industriels sont difficilement acceptés par les riverains, principalement pour des raisons de nuisances olfactives. Ce procédé de compostage est pourtant incontournable dans la gestion des déchets au vu de l’interdiction de mise en décharge de matières organiques à compter de 2010. Il permet de recycler intelligemment la matière organique prélevée du sol par les cultures intensives. Moyennant certaines précautions (sélection des matières traitées, suivi du process (montée en température pour l’hygiénisation),...), il permet d’obtenir un produit sain et de qualité présentant un intérêt certain au niveau agronomique et environnemental. Les précautions à prendre sont quasiment toutes envisagées par l’exploitant dans le projet de Fesches-le-Châtel. D’une manière générale et après l’étude approfondie de l’exemple de Fesches le Châtel, la technique de co-compostage semble très bien adaptée à la situation locale. De plus, tous les impacts potentiels ont été relevés et pris en compte par l’exploitant lors de l’élaboration du projet. Ainsi, si les riverains sont ouverts à toutes les informations fournies par l’exploitant et que toutes ses recommandations sont respectées, le centre ne présentera pas d’impact majeur sur son environnement et ses riverains. De plus, la méthode de compostage se développant de plus en plus en France actuellement, le centre de Fesches le Châtel pourrait servir de modèle pour d’autres communes.

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Techniques de l’Ingénieur, Traité Environnement, G 1450, 15p.

Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques, Sous Direction des produits et déchets, Bureau de la planification et de la gestion des déchets, Enquête sur le parc des installations de compostage en France, 26 juillet 2005, 7 p.

Personnes contactées Collard Jean-François, Centre de Recherche en Agriculture de Wallonie/Agricompost, Section Systèmes agricoles, Rue du Serpont 100, 6800 Libramont, Belgique. Mail : collard@cra.wallonie.be

Comité de défense du Poumon Vert, BP 12, 25 490 Dampierre les Bois,poumonvert@wanadoo.fr

Ebérentz Dominique, ANTEA, Orléans.

Péronet Milène, Agro-Développement, SITA, 38 avenue Jean Jaurès, 78 440 Gargenville, milene.peronet@sita.fr

Annexes

Annexe A : Organismes contactés pour la réalisation du projet ................................................ 3 Annexe B : Impacts sanitaires du compostage........................................................................... 3 Annexe C : Recommandations issues de la Conférence citoyenne de 2003.............................. 3 Annexe D : Résumé non technique ............................................................................................ 3

Annexe A : Organismes contactés pour la réalisation du projet

Sites Internet visités pour le recueil des informations

Site Organismes Renseignements fournis

www.pierreapoissons.net Textes légaux (arrêté préfectoral,...) et données diverses sur le projet de Fesches le Chatel

www.lesvertsmontbeliard. org Comité de défense du pays de Montbéliard Renseignements divers sur le projet, désaccord des riverains, plaintes portées.

www.franchecomte. drire.gouv.fr Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement Données environnementales sur la région

www.ign.fr Institut de Géographie National Cartes de la région et des communes concernées par le projet www.insee.fr Institut National des Statistiques Données démographiques

www.eaurmc.fr Agence de l’Eau Rhône, Méditerranée, Corse Zones de SAGE (Schéma de la Gestion en Eau) et SDAGE (Schéma Départemental de la Gestion en Eau)

www.brgm.fr Bureau de Recherches Géologiques et Minières Données géologiques, hydrogéologiques, sismiques

www.infoterre.brgm.fr Base de données du Bureau de Recherches Géologiques et Minières Données géologiques

www.franchecomte. ecologie.gouv.fr Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable Cartes des zones de protection floristiques et faunistiques de la région Franche Comté

www.agglo-montbeliard.fr Communauté de Communes du Pays de Montbéliard (CCPM) Données générales sur les communes de la communauté Cartes

www.fescheslechatel.fr.vu Ville de Fesches-le-Chatel Historique de la commune Services communaux (coordonnées)

www.franchecomte. culture.gouv.fr DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) Monuments historiques Servitudes Zones et bâtiments protégés historiquement, culturellement

www.atmo-franche-comte.org Réseau de surveillance de la qualité de l’air en Franche Comté Indices de la qualité de l’air en Franche-Comté

Annexe B : Impacts sanitaires du compostage

Source : Laboratoire d’écologie microbienne, Premier séminaire « Déchets & Santé » Conférence « Compost, agriculture et aliments : pathogènes, mycotoxines et risques biologiques », FUL Arlon - 14/11/2003, 14 p.

Tableau 1-Risques associés aux différents types de matières premières utilisées en compostage, prévention et remèdes curatifs Matière première Risque sanitaire associé Circonstances du risque Prévention Remède curatif

DÉCHETS VÉGÉTAUX (DV)

Salmonellose, troubles intestinaux Contamination des déchets végétaux par des matières fécales animales ou humaines

Vérifier la qualité de la collecte sélective

Antibiotiques

Leptospirose (jaunisse) Contamination par contact (plaie) avec les excréments de rongeurs

Traitement rodonticide sur le site de compostage

Vaccination

Antibiotiques

Traitement médicamenteux

Troubles respiratoires Dégagement d’ammoniac à partir des matières riches en azote en fermentation

Cabine pressurisée et traitement de l’air dans l’engin de chantier

Gestion du procédé (meilleur équilibre C/N)

Traitement médicamenteux

Troubles respiratoires et infections cutanées - réaction allergique

Dégagement de champignons ou de spores (notamment A. fumigatus) lors de la manipulation des déchets

Cabine pressurisée et traitement de l’air dans l’engin de chantier

Port d’un masque à proximité des DV en fermentation

Gestion du procédé (contrôle de la teneur en humidité)

Traitement médicamenteux (fongicides, ...)

Tétanos Contact (plaie profonde) avec des déchets contenants des ferrailles ou de la terre contaminées par le germe Clostridium tetanii

Vérifier la qualité de la collecte sélective

Règles d’hygiène élémentaires

Vaccination

Antibiotiques

Vaccination préventive préférable

Divers phytopathogènes

BOUES D’ÉPURATION(BE)

Infections virales :

poliomyélite

hépatites A et B

pneumonie atypique

Gastro-entérite

BE contaminée par des virus issus des fèces-

Mise en contact avec le virus par la peau, l’air via une plaie

Règles d’hygiène élémentaires

Vaccination obligatoire

Traitement médicamenteux

Infections bactériennes :

salmonellose (diarrhée, fièvres)

BE contaminée par des bactéries issues des fèces-Mise en contact avec les bactéries par

Règles d’hygiène élémentaires

Vaccination quand elle existe

Antibiotiques

coliformes fécaux (gastro-entérite)

Shigella sp (dysenterie)

bacille de Koch (tuberculose)

leptospirose (jaunisse)

tétanos la peau, l’air ou via une plaie.

Mycoses (actinomycètes ou champignons), infections cutanées ou des muqueuses buccales, nasales ou voies respiratoires

Contact avec les spores au niveau de la peau ou des muqueuses

Cabine pressurisée et traitement de l’air dans l’engin de chantier

Port d’un masque à proximité des BE en fermentation

Traitement médicamenteux (fongicides, ...)

Parasitisme intestinal : ascaris, trichiure, ténias, échinococcose, douve du foie, amibes (dysenterie)

Contact avec les formes parasitaires (oeufs, larves)

Ingestion d’amibes

Règles d’hygiène élémentaires

Traitement médicamenteux (vermifuges, vermicides, ...)

ORDURES MÉNAGÈRES (OM)

Idem boues d’épuration si contamination par des matières fécales animales ou humaines

EFFLUENTS D’ÉLEVAGE (EE)

Idem boues d’épuration

Brucellose (bovins, porcins, caprins)

Contact avec des sous-produits animaux contaminés par le placenta et/ou les avortons atteints

Eviter le contact avec les animaux ou les sous-produits contaminés

Antibiotiques

ESB Contact avec des sous-produits animaux contaminés par le prion

Maîtrise du risque par l’abattage systématique des animaux contaminés

Evacuation des produits à risque par des collecteurs agréés

Pas de traitement curatif pour la maladie de Kreutzfeld Jacob

Règles de prévention générale :

• Ne pas être en contact direct avec les déchets (utilisation de gants ou de combinaison (type salopette ou équivalent))

• Bien respecter les règles élémentaires d’hygiène :

• se laver les mains, de préférence avec un savon antiseptique, après tous contacts avec les déchets avant de manger, boire ou fumer ;

• éviter de manger, boire ou fumer dans les zones exposées aux risques sanitaires ;

• Respecter la séparation zone blanche (pas en contact avec les matières potentiellement contaminées) / zone noire (zone de travail des matières potentiellement contaminées) sur les sites de compostage

Tableau 2-Phases du compostage et risques associés, prévention et remèdes curatifs

Phase du compostage Risque sanitaire associé Circonstances du risque Prévention Remède curatif

Tableau 3 - Stockage et utilisation du compost et risques associés, prévention et remèdes curatifs

Phase du compostage Risque sanitaire associé Circonstances du risque Prévention Remède curatif

Annexe C : Recommandations issues de la Conférence citoyenne de 2003

Source : www.waternunc.com/fr/boues_c...

Avertissement :

Le problème de l’évacuation des boues domestiques issues des stations d’épuration est nécessairement un problème politique, qui doit faire l’objet d’une décision publique.

En effet, seule cette dernière saura faire primer l’intérêt public et le défendre face à de nombreux intérêts privés très impliqués dans ce dossier.

Les enjeux, les acteurs et les questions en suspens sont nombreux. Il convient donc de rester particulièrement prudent dans la prise de décision, afin notamment de ne pas bouleverser un système complexe et fragile en prenant une décision autoritaire et fondée sur une vision simplifiée de la réalité.

Les recommandations que nous établissons sont inscrites dans une perspective de long terme, tant au niveau des techniques que des questions de communication, ce qui est une condition absolument indispensable à leur applicabilité. En particulier, les questions financières et l’impact des décisions sur le coût de l’eau doivent constituer une préoccupation permanente.

Nos recommandations imposent des moyens humains et techniques ayant un coût dont il faut tenir compte dans la décision publique.

1. Organiser une grande campagne de communication et de sensibilisation autour de la gestion des boues afin de faire prendre conscience à la population de la problématique des déchets issus du traitement de l’eau.

2. Développer la prévention parce qu’elle constitue un excellent moyen sur le long terme de réduire ou en tout cas de restreindre la nocivité des boues.

3. Renforcer en particulier les campagnes de prévention au sein du système éducatif.

4. Renforcer, au niveau local, l’information sur les techniques d’évacuation des boues choisies par la collectivité, faire preuve de la plus grande transparence sur ces choix et notamment bien informer la population sur les plans d’épandage et les techniques utilisées.

5. Demander à l’industrie agroalimentaire et aux distributeurs de clarifier, à destination des professionnels et du grand public, une fois pour toute, leur position au sujet des produits cultivés sur des terres ayant subi un épandage.

6. Développer les campagnes d’information auprès du grand public afin de renforcer l’acceptabilité des plans d’épandage ou des installations d’élimination des boues.

7. Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut privilégier un mode d’évacuation plutôt qu’un autre. Tout dépend des situations locales (géographie, acteurs, installations, contraintes financières,...). Toutefois, à long terme, il convient de développer un épandage hygiénisé (en intégrant les techniques de séchage, chaulage ou compostage) quand cela est possible, afin de faire des boues d’épandage les plus fertilisantes, les plus efficaces et acceptables possibles, tout en privilégiant dans les grandes agglomérations le recours à l’incinération.

8. L’incinération est en effet une filière incontournable, notamment parce que les grandes villes doivent prendre en charge la plus grande partie des boues qu’elles produisent ; la solution de la co-incinération, parce qu’elle entraîne moins d’investissement, semble intéressante.

9. Renforcer les contrôles inopinés sur l’innocuité des émanations des stations d’épuration.

10. Valoriser au maximum les résidus des incinérateurs.

11. Favoriser la recherche sur les nouvelles techniques permettant de produire moins de boues, et de les traiter de façon à ce qu’elles soient les moins dangereuses et risquées possibles.

12. Quelque soit le lieu, il faut développer l’incinération et l’enfouissement sécurisé pour les cas de crise où l’épandage n’est pas possible.

13. Au niveau des stations d’épuration, il faut plus de capacité de stockage afin de faire face aux situations où l’épandage est impossible.

14. Il faut davantage de contrôles externes et avant l’épandage sur les boues issues des stations d’épuration.

15. Renforcer et former les moyens humains pour contrôler les boues avant l’épandage et lors de l’épandage.

16. Favoriser le labour (enfouissement des boues sur les sols) lorsqu’il y a épandage pour éviter les odeurs (même si cela implique un réduction des surfaces sur lesquelles on peut épandre).

17. Limiter les délais entre livraison des boues et épandage.

18. Respecter les délais entre l’épandage et le labour.

En conclusion, nous considérons donc que dans l’état actuel des connaissances, on ne peut privilégier un mode d’évacuation plutôt qu’un autre.

Les situations locales doivent être prises en compte avant tout. Toutefois, à long terme, il convient de développer un épandage hygiénisé quand cela est possible, afin de faire des boues d’épandage les plus fertilisantes, les plus efficaces et acceptables possibles. Parallèlement, il faudra privilégier dans les grandes agglomérations le recours à l’incinération. Nous considérerons également que l’information et la communication auprès des citoyens doivent être un axe primordial de l’action publique à l’avenir afin qu’ils soient sensibilisés et qu’aucune filière ne soit écartée par la rumeur ou le manque d’information.

On ne peut aujourd’hui faire l’économie d’une information auprès du grand public.

Annexe D : Résumé non technique

Etude des impacts environnementaux et sanitaires de la création du centre de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, France)

Résumé non technique

Sophie Lucet Année Spéciale en Génie de l’Environnement, Ecole Polytechnique de l’Université d’Orléans

Table des matières 1.Qu’est-ce que le co-compostage ? 1.1. Matières premières 1.2. 1.2. Technique de co-compostage 1.3. Coûts

2.Mesures compensatoires et impacts résiduels (après réduction et compensation des pollutions) 2.1. Impact paysager 2.2. Impact sur la faune et la flore 2.3. Pollution atmosphérique 2.4. Pollution des eaux 2.5. Impact olfactif 2.6. Impact sonore 2.7. Impact sanitaire 2.8. Impact sur le trafic routier 2.9. Bilan des impacts résiduels

3.Avantages et inconvénients de cette technique 3.1. Avantages 3.2. Inconvénients 3.3. Bilan des avantages/inconvénients du co-compostage 3.4. Image du co-compostage 3.5. Bilan/Comparaison avec d’autres techniques

Table des illustrations Figure 1 : Evolution du nombre d’installations de compostage en France de 1998 à 2004 Tableau 1 : Bilan des impacts résiduels après application des mesures compensatoires Tableau 2 : Avantages et inconvénients du traitement biologique par co-compostage Tableau 3 : Variantes et caractéristiques Tableau 4 : Intérêts et contraintes relatifs du compostage et de la méthanisation

Gilbert Gouverneur, président du Comité Rhône de l’association « Les Amis de la Terre » a un jour été confronté à une manifestation dans la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard (CAPM). Les riverains manifestaient ce jour-là contre un projet de création d’un centre de co-compostage sur la commune de Fesches-le-Châtel (Doubs, 25). Les craintes des riverains concernaient principalement les impacts du projet sur leur commune, son environnement en général et la santé des habitants les plus exposés. Ce document est un résumé non technique de l’étude d’impacts réalisée concernant la création du centre de co-compostage de la commune de Fesches-le-Châtel. Il permet d’avoir une vue d’ensemble des impacts potentiels recensés dans l’étude d’impacts. Les personnes désirant obtenir une information plus précise et plus technique pourront alors se référer à l’étude d’impacts.

1. Qu’est-ce que le co-compostage ? Le compostage est une technique de traitement biologique des déchets organiques. On appelle « co-compostage » la technique de compostage d’un mélange de déchets organiques de natures différentes.

1.1. Matières premières Le co-compostage concerne un mélange de déchets organiques. Il peut par exemple s’agir d’un mélange de déchets verts et de boues de stations d’épuration comme c’est le cas pour le projet de Fesches-le-Châtel.

1.2. Technique de co-compostage La technique repose sur le mécanisme naturel de la dégradation des déchets organiques que l’on peut par exemple observer sur des sols forestiers. La matière organique morte (débris de feuilles, de bois, d’animaux morts, déjections animales,...) s’accumule sur le sol et se dégrade pour former de l’humus (couche superficielle de matière organique dégradée à la surface du sol).

L’homme a donc voulu reconstituer ce phénomène pour transformer ses propres déchets. Ainsi, les déchets verts (tontes de jardin, coupes de haies, pelures de légumes,...) peuvent être détruits de manière naturelle par cette technique.

La technique consiste à mélanger de manière la plus homogène possible les différents déchets.

Dans le cadre du projet de Fesches-le-Châtel, il est prévu d’associer des déchets verts (gazons, tailles de haies,...) à des boues de stations d’épuration (en raison de la forte production à proximité).

L’intérêt de construire un centre de co-compostage (par rapport à du compostage individuel) est de pouvoir traiter de grandes quantités de déchets, de contrôler le mécanisme de dégradation et d’accélérer le processus de fabrication par rapport au phénomène naturel.

1.3. Coûts Dans le cadre du projet de Fesches-le-Châtel, le montant global du projet a été estimé à 6.050.000 € HT, en incluant toutes les études et les frais de maîtrise d’oeuvre.

Le coût des mesures compensatoires envisagées par la CAPM a été évalué à 1.500.000 € HT [commission n°7 du 04.03.2005, CAPM].

Une étude d’impacts a permis de recenser les différents impacts potentiels de l’installation de co-compostage sur l’environnement et la santé des personnes à proximité du site. Lors de cette étude, un état des lieux du milieu environnemental local a été effectué afin de quantifier les effets du centre sur son environnement. Enfin, des mesures compensatoires ont été proposées dans le but de limiter au maximum ces impacts. Dans le paragraphe suivant sont listées, pour chaque impact ciblé, les mesures prises pour compenser et réduire les nuisances et pollution ainsi que les impacts résiduels après l’application de ces mesures.

2. Mesures compensatoires et impacts résiduels (après réduction et compensation des pollutions) Les impacts sont listés, comme dans l’étude d’impacts, en fonction des milieux touchés (eau, air, sol, humains,...).

2.1. Impact paysager Le site étant situé au sein d’un massif forestier, l’impact visuel pour les riverains est nettement réduit. Il a été proposé de maintenir une barrière végétale tout autour du site afin de limiter au maximum la visibilité du centre depuis l’extérieur. De plus, la construction des bâtiments d’exploitation en bois a été proposée afin d’améliorer l’intégration du site dans son milieu naturel. L’impact paysager du site est donc très faible et son intégration paysagère est maximisée.

2.2.Impact sur la faune et la flore L’implantation du centre nécessite une déforestation partielle du massif. Toutefois, seuls 5 hectares de forêt seront occupés par l’installation parmi les 1 000 hectares que contient le massif forestier, ce qui ne représente que 0,5 % du massif total. Ainsi, la faune et la flore locales pourront migrer vers la forêt avoisinante sans de conséquences majeures. De plus, ce site n’appartient à aucune zone de protection particulière d’espèces protégées. Ainsi, l’impact sur la faune et la flore n’est pas nul mais n’est que modéré.

2.3.Pollution atmosphérique Le mode de traitement choisi est à l’origine d’aucune émission polluante pour l’atmosphère. • par rapport aux rejets atmosphériques des véhicules et des équipements : Cet impact a pour seule origine l’augmentation du trafic créé par l’installation. Toutefois, l’augmentation prévue du trafic sur la RD 463 ne s’élève qu’à 3,4 %, la pollution atmosphérique généré par ce trafic est donc négligeable par rapport au trafic actuel. • par rapport aux germes pathogènes issus des boues et du compost

La technique de compostage permet d’hygiéniser les boues grâce à une augmentation importante de la température de traitement (de 60 à 70 °C). De nombreux paramètres tendent à limiter les risques de pollution atmosphérique :
- l’éloignement du site par rapport aux habitations,
- le confinement des zones de mélange et de traitement des boues ainsi que le traitement de l’air de ces bâtiments,
- la mise en place de la technique de l’aération forcée pendant la transformation des boues en compost. La pollution atmosphérique (et par conséquent le risque sanitaire) est donc très faible pour le personnel d’exploitation et nul pour les populations avoisinantes.

2.4.Pollution des eaux La pollution des eaux est directement liée à la pollution des sols. En effet, une pollution du sol peut pénétrer dans le sous-sol et atteindre la nappe d’eau profonde. Le site choisi se situe sur un terrain argilo-limoneux de forte perméabilité. Nous pouvons ainsi considérer que ce terrain est quasiment imperméable. Les infiltrations de polluants dans les eaux souterraines sont alors négligeables.

Concernant les eaux de surface, tous les dispositifs réglementaires ont été prévus par l’exploitant afin de traiter ses eaux usées. Toutes les eaux du site seront évacuées séparément et traitées au besoin. Le risque de pollution des eaux superficielles est donc faible. Seul un accident (déversement accidentel d’un camion,...) pourrait engendrer une pollution des eaux superficielles.

2.5.Impact olfactif Le traitement des boues de stations d’épuration implique la génération de fortes odeurs à proximité du site. Toutefois, ces odeurs ne se feront ressentir qu’au moment du déchargement des camions sur le site. En effet, le traitement s’effectuera sous abri dans un bâtiment fermé, ce qui limite grandement les dispersions d’odeurs à l’extérieur du site. De plus, les odeurs dégagées par les camions transportant les boues seront les mêmes que celles observées à proximité des stations d’épuration.

De nombreuses mesures ont été prises à ce sujet :
- les horaires de déchargement des boues seront bien définies et interdites les veilles de week-end et jours fériés afin de limiter les diffusions d’odeurs en périodes vacantes,
- l’ensemble du procédé de traitement se fait dans un bâtiment fermé,
- l’air dégagé au dessus des andains sera filtré et traité par biofiltre,
- l’aération forcée est mise en place pour oxygéner et donc hygiéniser le compost produit,
- le stockage de boues sur le site est interdit. L’impact olfactif reste donc présent. Toutefois, les mesures compensatoires et réductrices permettent de les atténuer fortement.

2.6.Impact sonore L’installation ne comportera aucune structure très bruyante. De plus, le choix de l’implantation du site en milieu forestier contribue à atténuer les éventuelles sources d’émissions sonores nuisibles aux riverains. Une source sonore pouvant être à l’origine de troubles proviendrait des poids lourds acheminant le centre en matière première. Concernant l’exploitation, seules des nuisances sonores pourraient se faire ressentir pendant la phase de construction du centre. L’impact sonore peut donc être ressenti lors de la phase des travaux de l’installation. Pendant la phase d’exploitation, les émissions sonores seront limitées au trafic routier.

2.7.Impact sanitaire Concernant les travailleurs du centre, des précautions simples sont à prendre. Tout contact avec les matériaux devra être évité, et les règles de base devront s’appliquer (ne pas manger ni boire ni fumer sur le site de travail, se laver les mains régulièrement, porter des équipements de protection individuelle (gants, chaussures, vêtements de protection,...)).

En ce qui concerne les riverains, de récentes études ont démontré que les centres de cocompostage ne produisaient pas d’éléments toxiques pour les riverains. Seuls les agents pathogènes présents dans les boues de stations d’épuration pourraient avoir un effet sur la santé humaine. Ces éléments sont les mêmes que ceux des stations d’épuration produisant ces boues et aucune station n’a été la source de contamination ou de maladie. Le risque sanitaire des centres de co-compostage est alors considéré comme très faible.

2.8.Impact sur le trafic routier Une étude a comparé le trafic routier actuel (en absence du centre) avec celui qui existera une fois l’installation en exploitation. Celle-ci révèle une augmentation de 3,7% du trafic sur la route départementale 463 pour les poids lourds. De plus, des horaires ont été imposés à ces poids lourds afin de na pas déranger la population la nuit ou en période de week-end et jours fériés. Enfin, des aménagements particuliers ont été prévus afin de renforcer la sécurité routière. L’impact sur le trafic routier existe mais reste très faible.

2.9.Bilan des impacts résiduels A l’issue d’un premier état des lieux, plusieurs impacts non négligeables apparaissaient : impact olfactif, impact sur la faune et la flore, impact sonore, impact sanitaire et impact sur le trafic routier.

En réponse à ce bilan, des mesures compensatoires et réductrices ont été proposées afin de limiter au maximum ces nuisances. Finalement, après l’application de ces mesures, seuls quelques impacts inévitables subsistent, à des niveaux moindres. Le tableau suivant illustre les impacts potentiels résiduels après application des mesures compensatoires et réductrices.

Tableau 1 : Bilan des impacts résiduels après application des mesures compensatoires

Notons ici que les seuls impacts notables résiduels concernent la faune et la flore ainsi que la nuisance olfactive.

L’impact sur la faune et la flore était, avant mise en place des mesures compensatoires, un impact modéré étant donnée la faible part de déforestation de la zone boisée (5 hectares sur une forêt de 1 000 hectares au total soit seulement 0,5 %). De plus, il a été proposé par l’exploitant d’implanter des essences floristiques adaptées au milieu afin de recréer le milieu de vie détruit pour l’implantation du site. Ces espèces végétales seront choisies de manière à favoriser la nidation des espèces d’oiseaux migrateurs dont la voie de migration se situe dans la région étudiée. Toutefois, cette mesure reste relativement aléatoire, on peut alors maintenir le niveau d’impact comme modéré (il sera néanmoins réduit). L’impact olfactif semble être l’impact prépondérant dans le cas de cette installation.

En effet, l’utilisation de boues de stations d’épuration est à l’origine de cet impact. Toutefois, la nuisance olfactive prévue ici n’est pas supérieure à la nuisance occasionnée à proximité des stations d’épuration. Ainsi, la nuisance se fera ressentir uniquement aux moments des entrées et sorties sur site des matières. Enfin, pendant la période de traitement, le mélange des déchets est prévu sous couvert au sein d’un bâtiment fermé. Ainsi, les nuisances olfactives en seront nettement amoindries par rapport à un centre de compostage en plate-forme à l’air libre.

3. Avantages et inconvénients de cette technique

3.1. Avantages

La technique de compostage présente de nombreux avantages :

- Ecologique : le compostage réduit le caractère polluant des déchets en générant très peu de nuisances et le compost est utile à l’entretien de la fertilité des sols,

- Social : le compostage permet de maintenir ou créer une activité économique ou de réinsertion. De plus, la population prend conscience de l’enjeu social du déchet grâce au geste du tri des déchets organiques qui est indispensable pour obtenir un compost de qualité.

- Economique : le compostage en andains est une technique rustique qui ne nécessite pas d’effet d’échelle ; il peut donc être réalisé sur des petites quantités, à des coûts compétitifs. De plus, ce mode de traitement peut être mis en oeuvre localement, ce qui permet d’éviter les transport des déchets, et de réaliser des économies sur la collecte qui est en général onéreuse car le gisement est peu important et très dispersé. Pour les communes isolées des grands centres de traitement de déchets, le compostage est donc très souvent compétitif vis-à-vis de l’incinération et de la mise en décharge contrôlée.

- Réglementaire :

le traitement biologique et la limitation des transports des déchets en distance et en volume sont des exigences réglementaires concernant l’élimination des déchets (Loi du 15/07/1975, loi du 13/07/1992, décrets d’application, circulaire du 28/04/1998)

- Une technique adaptée : l’habitat en majorité horizontal et la présence d’une activité agricole entraînent à priori une production de déchets organiques en fortes proportions et des débouchés agricoles ; il est donc opportun d’opter pour un traitement biologique.

- Une stratégie adaptée : l’organisation du traitement par compostage peut être envisagée selon plusieurs stratégies : une plate-forme unique de regroupement ou plusieurs sites avec du matériel mobile,...

3.2.Inconvénients

Les inconvénients de ce mode de traitement peuvent être les suivants :

- Ecologique : le traitement, mal ou pas contrôlé, peut dégager des odeurs et créer des nuisances (bruit, poussières et déchets) pour les riverains à proximité.

- Social : La prise de conscience de l’importance du tri des déchets n’est pas facile à transmettre. Un effort de communication et d’information du public est nécessaire pour faciliter l’insertion du centre parmi la population.

- Economique : La construction d’un centre demande des financements proportionnels à la taille de la structure. Toutefois, les coûts de construction d’un tel centre sont relativement faibles comparés à d’autres types de traitement des déchets.

- Réglementaire : La réglementation à appliquer est stricte. Les centres de cocompostage sont déclarés comme des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE*) et sont de plus soumis à Autorisation (dossier administratif à déposer en préfecture). De plus, le produit fini (le compost) doit remplir un certain nombre de critères de qualité afin d’être déclaré comme un produit (et non comme un déchet) afin de pouvoir être commercialisé.

3.3.Bilan des avantages/inconvénients du co-compostage

Le tableau 2 ci-dessous résume l’ensemble des avantages et inconvénients énumérés dans les paragraphes précédents.

Tableau 2 : Avantages et inconvénients du traitement biologique par co-compostage

3.4. Image du co-compostage

Le compostage simple (un seul type de déchet) se développe aujourd’hui de plus en plus car il est reconnu comme une technique ‘écologique’. En milieu rural ou en zone d’habitat dispersé, les communes impliquées dans la gestion ‘propre’ des déchets verts distribuent désormais des bacs de compostage aux riverains.

Pour les communes ayant les moyens techniques et financiers, des plates-formes de compostage peuvent être réalisées.

Celles-ci peuvent aussi accepter d’autres types de déchets selon les productions locales (stations d’épuration à proximité, industries agro alimentaires,...) afin de produire un compost de qualité qui peut être vendu aux professionnels (horticulteurs, carrières,...) ou aux particuliers.

La qualité du produit fini est désormais réglementé et soumis à une norme. Pour pouvoir être vendu comme produit, le compost doit remplir un certain nombre de critères de qualité.

Depuis quelques années, le nombre de centres de co-compostage en France a considérablement augmenté. Cette technique présente en effet une image écologique et très économique.

Le graphique ci-dessous (Figure 1) montre l’évolution du nombre d’installations de compostage en France depuis 1998.

Figure 1 : Evolution du nombre d’installations de compostage en France de 1998 à 2004 Source : MEDD, Enquête sur le parc des installations de compostage en France

Ce traitement biologique fait aujourd’hui partie des rares techniques de traitement des déchets qui s’inscrit dans une logique de Développement Durable. Les impacts d’un tel type de traitement sont moindres comparés aux autres techniques de traitements.

3.5.Bilan/Comparaison avec d’autres techniques

Le tableau 3 suivant résume les différentes filières de traitement biologique des boues et déchets organiques ainsi que leurs caractéristiques respectives.

Tableau 3 : Variantes et caractéristiques

Filière : déchet/produit Caractéristiques

Stockage (CSDU*) :

déchet Capacités réduites (10 000 tonnes en Franche-Comté)

Boues de la CAPM ne sont pas des déchets ultimes

Incinération : déchet

Délais de mise en oeuvre longs

Coûts importants

Mauvaise image de marque

Epandage : déchet

Filière sensible

Dépend uniquement de l’agriculture

Mauvaise image de marque

Compostage : PRODUIT

Image positive

Diversification des débouchés

Coûts maîtrisés

Les deux grands types de traitement biologique sont le compostage et la méthanisation.

La méthanisation est un procédé de la matière organique par une flore microbiologique en l’absence d’oxygène. Le tableau 4 suivant présente les intérêts et contraintes relatifs à ces deux procédés.

Tableau 4 : Intérêts et contraintes relatifs du compostage et de la méthanisation organiques

Aujourd’hui, la technique de méthanisation semble se développer de plus en plus. Les perspectives en matière de gestion des déchets envisagent une progression de ce procédé en parallèle du compostage.

Conclusion

D’une manière générale, la technique du compostage est une méthode naturelle donc simple, peu coûteuse à mettre en oeuvre et très écologique.

Aucun produit chimique n’est nécessaire au bon fonctionnement du procédé ce qui limite les pollutions sur l’environnement.

Pour de petites communes comme Fesches le Châtel, la technique du cocompostage semble être la mieux adaptée aux contextes environnementaux, sociaux, financiers et politiques.



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