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Exploitation d’hydrocarbures : les déclarations politiques doivent être suivies d’effet

Montreuil le 14 janvier 2016 - Interrogée hier à l’Assemblée nationale, Ségolène Royal a annoncé que la France n’accorderait plus de permis de recherche d’hydrocarbures conventionnels sur son territoire. Cette annonce va dans le sens des demandes des Amis de la Terre pour répondre à l’urgence climatique. En effet, pour limiter le réchauffement climatique en-dessous du seuil de non-retour, plus de trois quart des réserves prouvées en combustibles fossiles (charbon, gaz et pétrole) doit rester dans le sol (1).

Une loi à clarifier pour passer des paroles aux actes

Ségolène Royal a complété son annonce en affirmant que l’exploration et l’exploitation des gaz et pétrole de schiste n’étaient pas autorisées puisque la fracturation hydraulique, seule technique à ce jour éprouvée pour exploiter ces hydrocarbures non conventionnels, était interdite en France par la loi du 11 juillet 2011. Mais cette loi est plus qu’ambiguë : si elle interdit le moyen, la fracturation hydraulique, elle n’en donne pas de définition claire et n’interdit donc pas en tant que tel l’exploration des gaz et pétrole de schiste.

C’est d’ailleurs ce que revendique Total qui en ce moment voit sa demande pour récupérer son permis de recherche d’hydrocarbures (dit de "Montélimar") étudiée par un tribunal. Niant l’utilisation de la fracturation hydraulique et prétendant rechercher des alternatives, Total profite du flou juridique. Pour Laureline Bourit des Amis de la Terre "de nombreuses compagnies pétrolières, comme Total, se réfugient derrière l’hypocrisie de cette loi pour camoufler leurs permis de recherche de gaz et de pétrole de schiste. Les permis en poche, ils pourraient attendre une nouvelle flambée du prix du pétrole pour contourner la loi."

Les Amis de la Terre demandent donc au gouvernement français d’interdire définitivement l’exploration et l’exploitation de gaz et pétrole non conventionnels, quelque soit la technique utilisée et de formellement l’inscrire dans la loi via la réforme en cours du Code Minier.

Afin de respecter l’Accord de Paris et de contenir le réchauffement global à 1,5°C d’ici la fin du siècle, la logique impose également d’annuler immédiatement les 54 permis de recherche d’hydrocarbures dits "conventionnels" en cours sur notre territoire.

Contact presse :

Pierre Sagot Chargé de communication au 06 86 41 53 43 ou communication@amisdelaterre.org

Contact interview :

Laureline Bourit, Chargée de campagne sur les Industries extractives et la RSEE au 06 20 79 72 31 ou laureline.bourit@amisdelaterre.org

(1) Brochure des Amis de la Terre « Laissons les fossiles dans le sol » http://www.amisdelaterre.org/arretonslesfossiles.html

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