Bien que ses activités dans les pays du Sud ne représentent encore qu’une fraction relativement faible de son budget global (par rapport aux interventions dans les pays membres de l’UE), elles en font néanmoins un acteur essentiel parmi les institutions financières internationales (IFI) qui financent des projets dans le Sud.
L ’expansion des activités de la BEI au sud est le résultat de décisions du Conseil de l’Union Européenne, qui accorde ses mandats externes à la BEI. Ces mandats sont basés sur les cadres de coopération établis entre l’UE et les Etats non-membres (accords de Cotonou, politiques de coopération, accords bilatéraux...)
L’activité de la BEI dans le sud n’a cessé de s’intensifier, et la tendance semble se confirmer pour les années à venir : en 2006, la BEI s’est vu attribué un nouveau mandat externe pour la période 2007-2013, qui s’élève à 27,8 milliards d’euros, soit une augmentation d’un tiers par rapport à ses mandat précédents.
La BEI est devenu en particulier un acteur essentiel de la coopération EU ACP. Elle agit dans cette zone dans le cadre de la stratégie européenne de l’Accord de Cotonou24, dont l’objectif principal est l’éradication de la pauvreté et la promotion du développement durable. La Banque a également été mandatée par l’UE pour gérer le Fonds européen de développement (FED), qui est l’outil de coopération financière pour l’application des accords UE-ACP. Elle l’administre soit de façon directe, soit par le biais d’opérations de capital-risque (prêts concessionnels aux conditions spéciales) et de prêts à taux d’intérêts bonifiés 25.
L’engagement croissant de la BEI dans la région ACP se vérifie sur le terrain, : en 2005, la Banque ouvre des bureaux de représentation régionale à Dakar, Nairobi et Prétoria, de manière à « assurer une présence permanente dans les principales régions d’Afrique », afin d’« amplifier ses opérations dans la région des Caraïbes ». En mai 2007, dans la même optique, la BEI ouvre un bureau de représentation pour la région Caraïbe en Martinique.
La BEI se présente alors comme une banque de développement : « En sa qualité de banque de développement de l’Union européenne, la Banque est un partenaire pour le développement de la majorité des pays ACP depuis une trentaine d’années et, pour un grand nombre d’entre eux, depuis 40 ans. »
Malgré ces beaux discours, en pratique, la BEI n’a pas de stratégie liée au développement au Sud et ses financements sont davantage dirigés vers le soutien de grandes compagnies dans des secteurs du type industries extractives ou privatisation des services de l’eau plutôt qu’au service de la réduction de la pauvreté ou des normes environnementales.




