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Faucheur-se-s d’OGM : les gardes fous d’une autre agriculture !

Sur nos territoires, nombreux·ses sont les militant·e·s qui organisent le rapport de force face à de grands projets agricoles inutiles et imposés. Courageux·ses, déterminé·e·s, soutenu·e·s, elles et ils nous racontent leurs luttes. Nous avons sélectionné un témoignage de celles et ceux qui refusent de subir l’inaction.

Dans le paysage agricole, de nombreux·ses acteurs·rices sont apparu·e·s – du fait de la modernisation – expert·e·s en tout genre, ingénieur·e·s, conseillers·ères commerciales·ux, etc. Bref, une multitude de personnes, sans lien direct avec les champs ou les semences, s’est emparée de la question agricole la rendant technique.

Petit à petit, nous avons vu les paysages se modifier du fait de la monoculture ; des villes se sont étendues dévorant les terres agricoles. Nous avons vu des emplois disparaître, les métiers de nos grands-parents s’amenuiser. En réalité, tout doucement, nous avons vu les paysan·ne·s se faire mettre à la porte de ce qui devenait le secteur agro-industriel. Cette transformation s’est produite entre autre « grâce » aux outils techniques, dont un très bon exemple reste les OGM. Aussi, face à ce constat alarmant de transformation culturelle et de destruction de la paysannerie, des femmes et des hommes ont ressenti le besoin d’agir. Elles et ils sont entré·e·s en résistance en faisant le choix de la désobéissance : les faucheur·se·s volontaires sont né·e·s !

C’est en 2003 que les faucheur·se·s volontaires ont répondu à l’appel de Jean-Baptiste Libouban dans le Larzac. Leur objectif : ne pas laisser les paysan·ne·s seul·e·s dans les tribunaux, faire bouger les choses à travers le droit. À cette époque, la technique qui permettait de produire des OGM était essentiellement la transgénèse. Les autres méthodes pour en produire n’étaient pas encore au point, trop chères, et peu efficaces. Aussi la première bataille des faucheur·se·s aura été de répondre à l’urgence : barrer la route au MON810. Elles et ils n’étaient pas les seul·e·s et c’est grâce à la convergence de tou·te·s que le moratoire contre le MON810 a été emporté. Leurs actions de neutralisation de parcelles ont su créer un rapport de force nécessaire et un véritable levier au changement de pratiques.

Fort de cette expérience, les faucheur·se·s, dans leur rôle de lanceurs·ses d’alerte ont dénoncé les importations comme le soja destiné à la nourriture animale. Ainsi, de nombreuses actions se sont déroulées dans les ports, en Bretagne, à Sète. Les faucheur·se·s ne souhaitent pas que ce qui est mauvais pour elles et eux soit produit ailleurs. Elles et ils pensent qu’un autre monde est possible.

Depuis 3 ans, retour dans les champs pour cette fois dénoncer les OGM cachés. Il s’agit de plantes dont la modification a eu lieu par mutagénèse et cette technique a été retirée du champ d’application de la loi qui encadre les OGM. Cela signifie qu’on ne sait pas qui cultive quoi ni où… la transparence sur ce dossier est de zéro ! Alors que la question des plantes mutées arrive sur le devant de la scène, grâce aux recours à la Cour européenne de justice et à des procès de faucheur·se·s qui se profilent… une nouvelle famille pointe son nez : les NBT, New Breading Techniques. Il s’agit toujours d’OGM, mais les industriels poussent pour qu’on ne les nomme pas de cette manière-là afin de ne pas avoir ni à évaluer ni à déclarer les cultures.

Pour faire face aux modifications génétiques – pour celles et ceux que ça intéresse – chez les faucheur·se·s, on embauche !

Bénédicte Bonzi, faucheuse volontaire d’OGM.
Plus d’informations : http://www.faucheurs-volontaires.fr/
Crédit photo : Guillaume de Crop

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