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Fermentescibles : favoriser les traitements biologiques

Les déchets fermentescibles représentent 30 % des ordures ménagères. Or, ces déchets actuellement très peu valorisés peuvent être transformés selon des techniques déjà existantes.

Près d’un tiers de la masse des ordures ménagères est composé de déchets fermentescibles que sont les déchets verts et les déchets de cuisine. Ces biodéchets se dégradent facilement sous l’action de micro-organismes et se valorisent donc très facilement par compostage ou méthanisation.

Le compostage est un traitement permettant la production d’un amendement organique. Les micro-organismes se développent en présence d’oxygène (processus aérobie), de chaleur et d’humidité et produisent le compost au terme des processus de fermentation et de maturation. La méthanisation se développe quant à elle en absence d’oxygène (processus anaérobie). Les bactéries à l’oeuvre produisent au cours du traitement deux fractions principales  : le biogaz (méthane) et le digestat (fraction solide compostable). Le contrôle d’indicateurs (température, pH, rapport C/N) permet le bon déroulement du traitement lors des trois phases : hydrolyse, acétogénèse et méthanogénèse.

Techniques éprouvées

Diverses techniques sont disponibles pour traiter et valoriser la part fermentescible des déchets ménagers. Dans tous les cas, cela s’organise au plus proche de la production des déchets ou grâce à des aménagements plus structurés. Tous les dispositifs ont déjà été expérimentés, du composteur individuel à la méthanisation.

Les avantages du traitement biologique des fermentescibles sont nombreux. Il permet une gestion de proximité, et limite donc les flux de transport. Il renforce la responsabilisation de la population grâce à la prise de conscience qu’il requiert. Il permet ainsi une réduction des déchets résiduels à la source, et également de produire des amendements organiques pour un enrichissement des sols, qui permettent de limiter le recours aux engrais chimiques. Le biogaz peut être utilisé pour la production d’énergie. Consumé et non répandu dans l’atmosphère, il contribue à la maîtrise des émissions des gaz à effets de serre.

Une action locale

Les communes et communautés de communes sont les échelons pertinents pour la mise en place de ce traitement. Les collectivités locales doivent mettre à disposition de la population les outils nécessaires au traitement décentralisé des fermentescibles ou organiser une filière la plus efficace possible. Dans cette optique, les Amis de la Terre engagent une campagne pour la promotion de la valorisation biologique en publiant un guide sur les solutions offertes aux collectivités pour ce traitement. Les citoyens doivent également connaître ces alternatives et pousser leurs élus à remettre en cause l’incohérence du système actuel de traitement des déchets. La mise en place de ces filières et savoirs sera capitale puisque cette part des déchets, quelle que soit l’évolution des biens produits, existera tant que l’homme mangera… ce qui risque de durer.

> PIERRE CHABRET

illustration : Eglantine Sauvage.

Rédigé le