Il ne faut pas opposer lutte contre le nucléaire et lutte contre le réchauffement climatique. Nous constatons que les chiffres du rejet de CO2 par kiloWatt.heure produit donnent grâce à la filière nucléaire pour sa moindre contribution au réchauffement climatique global. Faut-il pour autant en conclure que la poursuite du nucléaire serait souhaitable face au réchauffement climatique en cours ?
Objectivement, la réponse est négative. Le bénéfice de la continuation de la fission électronucléaire du point de vue du changement climatique serait (conditionnel, car nous POUVONS y mettre fin) de toute façon très limité : le nucléaire, représente aujourd’hui seulement environ 6% de l’énergie mondiale. Réserves planétaires en uranium-combustible au rythme actuel : de l’ordre de 50 ans à 200 ans. En ajoutant que les émissions de CO2 liées au nucléaire sont en fait loin d’être nulles, on cerne à peu près le contexte. Plus personne ne croit raisonnablement dans le projet de réacteur de fusion ITER, pour lequel le site français de Cadarache a finalement été retenu : des personnalités scientifiques phares comme Pierre-Gilles de Genes (prix Nobel de Physique 1991 ), Hubert Reeves, Albert Jacquard ou encore le prix Nobel japonais de physique Masatoshi Koshiba ont catégoriquement affirmé qu’il ne faut rien attendre d’ITER en termes de production d’énergie, à moins d’un miracle. Quant aux surgénérateurs de type Superphénix (démentèlement en cours), qui de toute façon consomment d’une façon ou d’une autre de l’uranium et produisent des déchets, on connaît en France leur prix pharaonique, et on devine leur dangerosité.
Parallèlement aux modestes économies de rejet de CO2 du nucléaire lorsqu’il daigne ne pas nous péter à la figure, n’oublions pas en cette année de 20ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, tout le panel des risques inhérents au nucléaire civil : dépassement régulier des seuils de radioactivité dans l’eau des fleuves, lâchers de vapeur chargés en tritium, scandale en train d’éclater des infections à légionelles (Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées ont demandé par saisine auprès du procureur de Montauban la fermeture conservatoire de la centrale de Golfech) causées par les panaches de vapeur, conditions désastreuses d’exploitation des mines d’uranium, stockage des déchets dans des conditions parfois effroyables pour des dizaines de milliers d’années... et surtout, ne l’oublions pas, catastrophe de type 26 avril 1986 à Tchernobyl ! Ne nous laissons pas doublement leurrer sur ce sujet terrible : les conséquences humaines et environnementales de Tchernobyl sont énormes : toute l’horreur de cette « réalité noire » est lente à franchir les barrages successifs des statistiques médicales, de l’omerta politique (en Biélorussie comme en occident) et pour finir de nos consciences effrayées. D’autre part, Tchernobyl n’est pas intrinsèquement lié aux dérives du régime soviétique agonisant, comme il est commun de l’entendre dire. Tchernobyl, ça peut-être en France demain. Lire « l’insécurité nucléaire » de Stephane Lhomme. Remarquable parmi d’autres, l’accident du 25 juillet dernier à Forsmark en Suède : l’ex-directeur de cette centrale a déclaré publiquement que la fusion du cœur (=Tchernobyl) a été réellement FRÔLEE (à 7 mn près) à cette occasion. Alors, il est temps : avant que ne commence la reconstruction de tout le parc de centrales français, mettons fin à ces risques insupportables tout en oeuvrant par ailleurs à la maîtrise-décroissance énergétique, industrielle et démographique planétaire en cours ! En attendant le grand rendez-vous national du 17 mars 2007, nous vous invitons à la manif du 23 octobre à Biscarosse (voir agenda) et surtout à la grande rencontre antinucléaire des 21 et 22 octobre à Toulouse (voir agenda), dont un des objectifs sera
C’est possible, c’est nécessaire.