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Fermeture de Tchernobyl : le problème est loin d’etre resolu

13 décembre 2000,

Paris, le 13 décembre 2000. Les institutions financières européennes ont provoqué la colère des associations écologistes en approuvant quelques jours avant le fermeture de Tchernobyl, le financement de réacteurs nucléaires de conception soviétique en Ukraine.


Le 15 décembre prochain, le réacteur n°3 de Tchernobyl toujours en activité doit s’arrêter définitivement. "Alors que l’on se réjouissait de la fermeture de la centrale la plus dangereuse de la planète, nous pensons que les problèmes vont bientôt recommencer en Ukraine. Les réacteurs nucléaires K2R4 présentent des risques démesurés par rapport à la capacité des institutions ukrainiennes" a souligné Hélène Ballande des Amis de la Terre.

En 1995, le G7 avait signé un protocole avec l’Ukraine pour la fermeture de Tchernobyl. Cet accord stipulait qu’en échange, le G7 aiderait l’Ukraine à compenser la production électrique de Tchernobyl. Une des options pour remplacer cette production était la construction de 2 réacteurs nucléaires à Khmelnitsky et Rivne en Ukraine - projet connu sous le nom de K2R4. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la BERD a approuvé un prêt de 215 millions de dollars le 7 décembre dernier, Euratom et plusieurs agences d’assurance crédit (Coface, Hermès, etc) doivent rendre leur décision dans la semaine. .. De nombreux arguments économiques, financiers et écologiques plaident contre le financement des réacteurs à Khmelnitsky et Rivne en Ukraine. "Des alternatives moins dangereuses pour la population et l’environnement existent. L’Europe a été une fois de plus prise au piège du lobby nucléaire. Un programme de maîtrise de l’énergie doit être le lieu prioritaire de tout investissement dans le secteur énergétique ukrainien" commente Jean-Luc Thierry chargé des questions nucléaires à Greenpeace.

Le rapport d’un panel d’experts indépendants commandité par la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (B.E.R.D.) avait conclu, en 1997, que les réacteurs en question n’étaient pas rentables et ne répondaient pas au principe de "planification au moindre coût". Les deux réacteurs coûteront près de 10 milliards de francs.

Plus de 180 ONG de 34 pays ont signé une lettre aux chefs d’Etat du G8 pour qu’ils renoncent au financement des réacteurs nucléaires. En France, les Amis de la Terre, Greenpeace, le Réseau Sortir du nucléaire et la FRAPNA, demandaient au gouvernement de s’opposer au financement de ces réacteurs nucléaires par la BERD, Euratom et la Coface.