Paris, le 02 juillet 1999
Le juge Malardel, chargé de l’instruction de la plainte des Amis de la Terre et des victimes, vient de décider la fermeture temporaire de l’usine de retraitement de batteries située à Bourg-Fidèle (Ardennes) jusqu’à sa mise aux normes. Les Amis de la Terre avaient demandé l’arrêt des activités polluantes de l’usine incapable de garantir l’absence de risque sanitaire pour les riverains et les salariés. Le PDG de l’entreprise Métal Blanc a été mis en examen le 6 mai 1999 pour "mise en danger de la vie d’autrui, administration de substances nuisibles, rejets en eau douce de substances nuisibles ou toxiques et non-respect des mises en demeure administratives".
Ben Lefetey, président des Amis de la Terre, a indiqué : " Malgré plusieurs mises en demeure, l’usine ne respecte toujours pas les normes de rejets dans l’environnement. Cette mesure me semble indispensable face à la lenteur de l’administration et de l’entreprise. C’est un progrès significatif pour l’application de la réglementation sur les installations classées. "
Depuis plusieurs années, des riverains de l’usine Métal Blanc se plaignent de nuisances importantes (odeurs nauséabondes, bruit) et souffrent de plombémie. Suite au décès de bovins intoxiqués autour de l’usine, et sous la pression de l’association de protection de l’environnement de Bourg-Fidèle, les services préfectoraux ont finalement réalisé des analyses sur les enfants de moins de 12 ans et sur l’environnement. Les rapports de la Préfecture des Ardennes ont ainsi révélé, en 1998, l’intoxication au plomb de 22 enfants du village (un sur quatre).
En novembre 1998, le Ministère de l’Environnement a diligenté une mission d’inspection de l’entreprise Métal Blanc. Selon le rapport rendu public en février 1999, cette installation classée " présente des retards importants en ce qui concerne la protection de l’environnement ». Cette situation entraîne une contamination très élevée d’un périmètre autour de l’usine dans lequel se trouvent de nombreuses habitations. La rivière, La Murée, dans laquelle l’entreprise déverse ses rejets, est fortement polluée au plomb et au cadmium en aval".
D’autre part, le Ministère souligne que " la situation n’est pas non plus satisfaisante en ce qui concerne la protection des travailleurs ». Les mesures effectuées en 1998 ont montré des taux de plomb dans certains ateliers supérieurs de 3 à 24 fois la valeur limite d’exposition pour les salariés causant des plombémies et maladies professionnelles".
Par ailleurs, des pollutions et intoxications humaines au plomb d’origine industrielle ont été rendues publiques dans plusieurs régions. Elles proviennent d’usines qui fabriquent ou retraitent des batteries de voitures dans les départements de l’Oise, du Loiret, du Nord, du Rhône et du Gard.
Les Amis de la Terre effectuent un inventaire national des sites industriels dont l’activité entraîne des risques de saturnisme.



