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Feu vert de l’administration Trump à trois projets controversés de gaz de schiste : le soutien de Société Générale dans le viseur des ONG

Le vendredi 22 novembre 2019, à Paris – La Commission de régulation de l’énergie des Etats-Unis (FERC) a annoncé hier soir l’approbation par le gouvernement fédéral de trois projets de terminaux d’exportation de gaz de schiste hautement controversés – Texas LNG, Annova LNG, Rio Grande LNG – proposés dans la vallée du Rio Grande au Texas [1]. Alors que cette décision n’est qu’une nouvelle manifestation de la politique climaticide de Donald Trump, Société Générale joue toujours un rôle clé dans le développement du double projet de terminal Rio Grande LNG et de gazoduc Rio Bravo Pipeline. Alors que son directeur général Frédéric Oudéa s’est engagé à réévaluer d’ici la fin de l’année son soutien au projet [2], et que trois banques françaises se sont déjà engagées à ne pas le financer, les Amis de la Terre France et Action Non-Violente COP21 appellent une nouvelle fois Société Générale à se retirer immédiatement de Rio Grande LNG.

Le gouvernement fédéral des Etats-Unis vient de donner le feu vert à la construction de trois nouveaux terminaux d’exportation de gaz de schiste prévus dans le delta du fleuve Rio Grande, à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Les trois projets permettraient au total d’exporter chaque jour 144 millions de mètres cube de gaz de schiste, contribuant ainsi à émettre autant de gaz à effet de serre que 61 centrales à charbon [3].

Rio Grande LNG, le plus gros des trois projets, peut depuis deux ans compter sur le soutien de la banque française Société Générale, qui conseille le sponsor et est responsable de rassembler les 20 milliards de dollars nécessaires à la construction et à la mise en opération du gazoduc et du terminal. Rio Grande LNG est également un projet clé pour le gouvernement américain, qui s’exprimait il y a encore quelque mois en faveur de son développement [4]. C’est en effet un maillon indispensable afin d’assurer l’expansion de la fracturation hydraulique dans le Bassin permien, premier champ de gaz de schiste au monde, et qui connaît la plus importante croissance. Un eldorado pour l’industrie des énergies fossiles, mais une menace sans précédent pour le climat : le développement de ce bassin pourrait d’ici 2050 à lui seul consommer 10 % du budget carbone mondial disponible pour rester sous la barre de 1,5 °C [5], tel que prescrit par le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC).

Rebekah Hinojosa, coordinatrice du Sierra Club pour le Sud du Texas, explique : « Deux semaines après avoir engagé le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, l’administration Trump arme une nouvelle bombe climatique. Cette décision n’est absolument pas surprenante. Mais qu’une banque française mette tout en oeuvre pour qu’un tel projet voie le jour, quand son propre pays a banni l’exploitation du gaz de schiste sur son territoire pour des raisons évidentes, est inacceptable. Les habitants du Texas se battent contre le gaz de schiste et contre Rio Grande LNG depuis des années : Société Générale ne doit pas être celle qui rendra possible ce désastre annoncé ».

« NextDecade, l’entreprise derrière Rio Grande LNG et Rio Bravo Pipeline, ne nous a jamais consulté sur son intention de dévaster des terres vierges et sacrées aux yeux de ma tribu, la Première Nation Carrizo Comecrudo. Nous sommes totalement contre la décision de Société Générale de soutenir ce projet de gaz de schiste, c’est un acte manifeste de racisme environnemental. Ne pas renoncer à Rio Grande LNG revient pour Société Générale à prendre le risque d’être une nouvelle fois mêlée à un scandale comme celui du Dakota Access Pipeline », poursuit Juan Mancias, chef de la tribu des Carrizo Comecrudo du Texas.

Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée aux Amis de la Terre France, conclut : « Alors qu’absolument tout accable Rio Grande LNG, Société Générale soutient avec obstination que le projet n’aura pas d’impacts significatifs et que le gaz de schiste est une énergie de transition indispensable [6]. Mais elle est bien la seule à encore le penser, ou tout au moins à encore oser le défendre publiquement. Répondant à une lettre ouverte signée par plus de 100 ONG internationales [7], BNP Paribas, Crédit Agricole et Crédit Mutuel nous ont déjà confirmé qu’elles ne financeraient aucun des trois projets de terminaux d’exportation de gaz de schiste de la vallée du Rio Grande. Combien d’appels des scientifiques, de la société civile, des jeunes pour le climat [8] et même de ses propres pairs, Société Générale va-t-elle encore attendre avant de dire non à ce projet qui menace le climat, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, et des écosystèmes ? ».

Alors que le directeur général de Société Générale s’est engagé à réévaluer son engagement dans Rio Grande LNG d’ici fin 2019, et qu’une décision finale d’investissement sur le projet est attendue d’ici début 2020 [9], les Amis de la Terre France, Action Non-Violente COP21, et leurs partenaires américains Rainforest Action Network, Sierra Club et la tribu Carrizo Comecrudo, appellent une nouvelle fois Société Générale à se retirer immédiatement du projet.

Aidez-nous à faire pression sur Société Générale. Demandez à son directeur général Frédéric Oudéa de mettre fin à ses soutiens au gaz de schiste et au projet Rio Grande LNG. Rendez-vous sur : www.nettoyons-societe-generale.org

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