Economie circulaire : une feuille de route pour l’instant sans ambition

Montreuil, mardi 13 février 2018 : Le gouvernement a publié hier une pré-version de la Feuille de route économie circulaire [1] , contenant une liste de mesures pressenties. Les Amis de la Terre déplorent la disparition de propositions phares pour le soutien de la réparation et du réemploi. Ils appellent le gouvernement à revoir l’ambition à la hausse et à agir pour préserver l’environnement et l’emploi de proximité.

Dans la première version de la Feuille de route publiée hier, l’ambition annoncée d’appuyer l’économie sociale et solidaire et le réemploi a été abandonnée avec la disparition d’un objectif de réemploi distinct du recyclage et la suppression de la proposition d’augmenter le soutien financier au secteur. Pour rappel, la réutilisation de nos déchets plafonne aujourd’hui à 2% avec un potentiel qui se situe pourtant autour de 25%. Une partie du secteur du réemploi, qui emploie aujourd’hui 22 000 personnes, est, de plus, durement frappée [2] par l’annonce de la fin des contrats aidés.

Sur le volet de la réparation, l’obligation de disponibilité des pièces détachées, figurant dans la précédente synthèse a également été abandonnée. Reste le développement de filières de pièces détachées d’occasion, une mesure soutenue par les Amis de la Terre, qui rappellent, néanmoins, qu’elle est insuffisante pour résoudre le problème de l’indisponibilité et du prix de certaines pièces.

Concernant les fortes contraintes imposées par les constructeurs à l’activité professionnelle des réparateurs non agréés, ainsi que le soutien économique à la réparation, le gouvernement propose d’”examiner les options pour améliorer la concurrence entre réparateurs et les leviers économiques ou fiscaux pour permettre une baisse effective des prix des services de réparation”.

Alma Dufour, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsable aux Amis de la Terre explique : “Cette formulation, très vague, laisse craindre que rien ne soit fait au final. Il est pourtant urgent de soutenir le secteur de la réparation et de préserver les 50 000 emplois dans le secteur, gravement menacé aujourd’hui. 14 centres de réparation d’électroménager disparaissent chaque mois. Les réparateurs, les chambres des métiers et de l’artisanat, les associations ont déjà proposé de nombreuses solutions viables. Le Gouvernement devrait montrer qu’il prend au sérieux cette situation et prendre des engagements fermes pour atteindre l’objectif qu’il s’est fixé de création d’emplois pérennes dans le secteur”.

Enfin, sur l’aspect obsolescence programmée : l’affichage de la durée de vie des produits reste volontaire, l’obsolescence logicielle n’est pas prise en compte et la proposition d’étendre la garantie légale à 5 ans se fera uniquement au niveau européen, avec toutes les difficultés que l’on pressent déjà, puisque l’ambition de la Commission européenne est actuellement de la maintenir à deux ans pour l’ensemble des Etats membres[3].

[1] Ministère de la Transition écologique et solidaire, La Feuille de route en débat

[2] Carto-crise des contrats aidés

[3] Les Amis de la Terre, La proposition de Directive "Ventes en ligne" ou comment l’achèvement du marché unique prime toujours sur l’épuisement des ressources naturelles

Contact presse Alma Dufour, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre, alma.dufour@amisdelaterre.org, 09 72 43 92 57 ;

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En Savoir + : Alma Dufour, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre, alma.dufour@amisdelaterre.org, 09 72 43 92 57

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