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Fiche d’information sur les OGM à destination des communes.

Par Groupe local des Landes

Pas d’OGM dans ma commune !

Avant toute chose et pour éviter les malentendus, nous tenons à préciser que nous ne sommes pas anti-OGM. En effet, nous acceptons certaines manipulations génétiques.

On utilise par exemple, depuis des années, des bactéries que l’on a modifiées génétiquement pour qu’elles synthétisent - fabriquent - de l’insuline. Des milliers de diabétiques reçoivent cette insuline quotidiennement. Si on prend l’image d’une balance, on a sur un plateau, des risques limités : la production se fait en milieu fermé, contrôlé et contrôlable. Sur l’autre plateau, nous avons des avantages importants pour les malades et la société en général. La balance penche en faveur de l’intérêt général, face à des risques minimes. Personne ne s’est jamais opposé à cette manipulation génétique.


Il en va tout autrement avec les plantes agricoles modifiées génétiquement ( ou plantes transgéniques ou OGM). Sur le plateau "risques", nous trouvons les faits suivants :

1 - Les techniciens ne maîtrisent pas les techniques.

Nous ne prendrons qu’un exemple, celui que la presse belge a révélé cet été. Des scientifiques belges ont fait une découverte inimaginable : le soja transgénique que Monsanto commercialise aux 4 coins de la planète depuis 5 ans, contient des fragments d’ADN inconnus !! Dans cette étude, les scientifiques ont repéré "un segment de 534 paires de bases pour lesquelles, aucune séquence homologue n’a pu être détectée". Ce fragment n’appartient ni au gène introduit, ni à la plante d’origine ! Cet objet génétique non identifié, pourrait influencer le bon fonctionnement des gènes voisins, voire coder lui même une protéine indésirable ou même dangereuse.

Toute autorisation de mise sur le marché d’une plante manipulée génétiquement se fait sur la base d’un dossier présentant une carte génétique très précise. Cela est essentiel pour "l’évalua-tion des risques" liés à cette nouvelle plante. Le soja RoundUp Ready de Monsanto a été autorisé sur les bases d’une carte génétique incomplète ! Lorsqu’on demande à Monsanto pourquoi ce fragment d’ADN n’est pas mentionné dans le dossier, le directeur scientifique de Monsanto France répond dans "La Libre Belgique" du 17/08/01 que : "LES MÉTHODES ET LES TECHNIQUES ÉVO-LUENT. A L’EPOQUE, IL N’ETAIT PAS POSSIBLE D’ISOLER CE FRAGMENT." ( !!!) On a donc inondé la planète d’OGM agricoles, alors qu’on n’avait pas les moyens de contrôler ce qu’il y avait réellement dans les plantes ! Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Monsanto. C’est d’une légèreté et d’une irresponsabilité incroyables ! Quant aux autorités censées contrôler, à quoi servent-elles ?

Et comment être sûrs que dans 10 ans, on ne nous dira pas de nouveau : "Mais vous plaisantez ! En 2002, on ne pouvait pas savoir !". C’est exactement ce que certains disaient pour leur défense, dans l’affaire du sang contaminé : "A l’époque, on ne pouvait pas savoir !"... On comprend mieux aussi, pourquoi les industriels des biotechnologies refusent à tout prix, la moindre législation définissant précisemment leur responsabilité légale...

Sources : Etude belge sur le soja Monsanto : "Characterisation of the Roundup Ready soybean insert, Peter Windels, Isabel Taverniers, Ann Depicker, Eric Van Bockstaele, Marc De Loose, (2001)". Articles de presse : La Libre Belgique 17/08/02 ; Sud-Ouest 20/10/01 ; pour en savoir plus sur Monsanto dossier ATTAC-Landes.

2 - On sait si peu de choses !

Voici ce que Pierre-Henri Gouyon, généticien et directeur du laboratoire d’écologie systématique et évolution au CNRS, dit sur la découverte de ce fragment dans le Soja Monsanto : elle prouve surtout "qu’il reste plein de choses à découvrir sur ce qu’il se passe lors des transferts de gènes. Malgré les importants moyens mis en place pour connaître ce qu’il se passe au niveau molécu-laire, on ne sait pas tout. Mais les plus grosses incertitudes touchent le comportement écologique des OGM. Or, dans ce domaine, les efforts de recherche sont moins grands et plus compliqués".

Voici un extrait du rapport de la toute nouvelle Agence Française pour la Santé et la Sécurité Alimentaire (AFSSA)."Dans les conditions actuelles d’obtention des OGM végétaux, les dangers objectifs et potentiels concernant la sécurité sanitaire des aliments, peuvent naître essentiellement des faits suivants : 1/ une plante transgénique peut synthétiser -fabriquer- une protéine étrangère qui pourrait produire des effets toxiques aigus ou à long terme et/ou des effets allergéniques 2/ l’extinction des gènes ou l’expression de séquences silencieuses propres au génome de la plante d’origine pourrait conduire à un effet inattendu. Dans le cas des plantes transgéniques, l’insertion du transgène pourrait induire de tels phénomènes dans la plante transformée. 3/ les interactions métaboliques, discrètes ou non, pourraient faire apparaître des métabolites non prévisibles et toxiques."

Les scientifiques restent prudents. Les techniciens, eux, prétendent tout maîtriser et contrôler.

Sources : rapport de l’AFSSA, 2002 ; Libération 17/08/02

3 - La situation échappe à tout contrôle ! La contamination se généralise !

Aux Etats-Unis les Amis de la Terre ont découvert que le maïs StarLink, un maïs autorisé uni-quement à la consommation animale, était présent dans plus de 200 produits de consommation humaine. Suite à cette découverte des dizaines de silos à grains furent obligés de fermer car leur maïs était contaminé. La firme Kellogs dut elle aussi fermer une de ses usines car elle ne trouvait plus de fournisseur pouvant lui garantir un approvisionnement non contaminé ! Les agents d’Aventis, la firme mère, recherchèrent et rachetèrent pendant des mois les lots de maïs contaminés - plusieurs millions de tonnes ! Pour les agriculteurs, cela représentait souvent une perte financière. Des associations de consommateurs japonais retrouvèrent même ce maïs dans des produits japonais... Plus inquiétant encore, on a retrouvé la protéine fabriquée par le gène introduit dans le maïs StarLink, dans 80 autre espèces de maïs jaune ! Quant aux fermiers qui, pour se protéger, se sont mis au maïs blanc, une variété de maïs blanc contaminée vient d’être découverte aussi... "Du maïs Starlink est apparu là où personne ne s’y attendait, et parfois là où personne ne peut expliquer sa présence", a déclaré l’attorney général de l’Iowa, Tom Miller. Plusieurs personnes ont présenté des cas d’allergies aiguës après consommation de produits con-tenant du maïs StarLink : crises d’urticaire, problèmes respiratoires et autres symptomes allergéniques. Comme on vient de le découvrir dernièrement, les autorités états-uniennes et Aventis avaient eu vent que du maïs StarLink rentrait dans la chaîne alimentaire humaine...

En France, l’AFSSA, l’Agence Française pour la Santé et la Sécurité Alimentaire, constatait que 16 échantillons de maïs sur 39 contenaient des traces de maïs transgénique alors que le maïs transgénique n’est quasiment pas cultivé en France...

Le Canada a reconnu qu’il était aujourd’hui quasi impossible de trouver des semences canadiennes de colza traditionnel ou bio qui ne soient pas contaminées par du colza transgénique. Les paysans bio ont même été obligés d’abandonner la culture du colza. Il n’a fallu que 6 ans, depuis l’intro-

duction du colza transgénique au Canada, pour que la contamination soit généralisée ! Certains états des Etats-Unis font le même constat pour le soja. La contamination se généralise.

Au Canada encore, ce sont les plantes transgéniques qui deviennent les super mauvaises herbes. Certaines plantes, en se croisant, ont accumulé les modifications génétiques et sont maintenant tolérantes au Round-Up, Liberty et autre Basta... Les agriculteurs sont obligés d’avoir recours à des herbicides très puissants comme le 2,4-D ! Les champs de blé sont envahis de colza transgénique et on ne peut rien y faire à moins de désherber à la main...

Toutes les variétés de maïs vendues dans le monde ont été obtenues à partir d’espèces sauvages qui poussent au Mexique. Aujourd’hui, ce réservoir de biodiversité d’une des plantes alimen-taires les plus importantes de la planète est menacé. Des scientifiques ont découvert que des maïs sauvages d’une région très reculée étaient contaminés, à plus de 100 km du dernier champ de maïs transgénique, cultivé il y a trois ans avant le moratoire sur la culture du maïs transgé-nique !!

Aujourd’hui, il y a très peu d’OGM autorisés mais la contamination gagne irrémédiablement l’environnement, nos champ et nos assiettes. Les autorités sont déjà complètement dépassées. Que se passera-t-il demain, si on laisse pousser entre des champs à vocation alimentaire, des patates vaccins, des plantes synthétisant des huiles ou autres molécules à vocation industrielle ?

Sources : "New Scientist" 24/11/01 ; Conférence sur les mauvaises herbes (adventices) Londres, novembre 2001 ; Conférence de la FAO à Rome 13/1/01 ; sur l’affaire StarLink voir le dossier des Amis de la Terre. Hugh Beckie de l’Institut de Recherche de Saskatoon du Ministère de l’Agriculture du Canada ; Rapport de l’AFSSA présenté le 25/07/01 ;"Nature" du 29/11/01 ; Sud-Ouest : 04/12/01.

4 - Essais d’Ogm = cheval de Troie transgénique.

Dans les Landes, il y a eu l’an dernier 2 essais de plantes transgéniques. Chaque essai est accompagné d’une fiche d’information destinée au public dans laquelle on trouve un paragraphe expliquant les raisons pour lesquelles on procède à cet essai. Concernant l’essai de betterave génétiquement modifiée, mené à Vielle Soubirant par la firme Advanta on peut lire :"Il s’agit de l’évaluation agronomique des betteraves sucrières génétiquement modifiées et de leur tolérance à l’herbicide Glyphosate en vue d’acquérir les éléments techniques nécessaires à la demande d’autorisation de vente."(...) "L’expérimentation permet de vérifier les performances des plantes."(...) "Ces essais sont nécessaires pour établir la connaissance des variétés génétiquement modifiées et leur comportement agronomique."

On retrouve des termes très proches dans la fiche concernant l’essai de maïs transgénique, mené par la firme Monsanto à Magescq. Les essais ont pour but de vérifier les performances techniques des plantes transgéniques. C’est aussi une étape réglementaire essentielle pour la constitution du dossier d’autorisation avant la commercialisation. Il s’agit, pour prendre une comparaison, des tours de piste que l’on fait faire à un prototype automobile, pour vérifier les données techniques, s’assurer que la voiture a les performances requises pour bien se vendre et pour constituer le dossier technique d’homologation.

Certains responsables landais sont opposés aux OGM agricoles mais favorables aux essais. Cette position est totalement incohérente. Illustration : des agriculteurs canadiens viennent de déposer une plainte contre Monsanto et Aventis. En effet, ils ont été obligés d’arrêter de cultiver du colza, car il était systématiquement contaminé. Ces agriculteurs espèrent par ce procès pouvoir récupérer une partie de leurs pertes, mais aussi donner un avertissement à Monsanto. En effet, cette firme vient de terminer une série d’essais pour mettre au point un blé transgénique. Les agriculteurs craignent qu’après avoir assisté à la contamination généralisée du colza, Monsanto ne prépare la contamination généralisée du blé. Certains ont déjà perdu une culture, ils ne sont pas prêts à en perdre une seconde.

Le meilleur moyen d’éviter les futures contaminations génétiques est encore d’interdire les essais qui les préparent. C’est pour cela que nous nous opposons à ces essais qui n’ont rien à voir, ni avec de la recherche scientifique, ni avec l’intérêt général. La quasi totalité des 106 essais de plantes transgéniques menés en France en 2001 n’avait que des buts commerciaux. Dans le cas d’essais à but réellement scientifique et menés dans l’intérêt général, notre position serait prise au cas par cas, après études des solutions alternatives et analyse des risques et des mesures prises pour les contenir.

Sources : Fiches d’information du public de Vielle Soubiran et Magescq ; agence Reuter 11/01/02

5 - Brevets contre paysans !

Le cas de Percy Schmeiser, agriculteur canadien sexagénaire, illustre bien d’autres dangers des OGM. Mr Schmeiser cultive ses champs depuis 40 ans. A la fin de chaque récolte, il fait ce que font des millions de paysans de par le monde : il garde une partie de la récolte pour ressemer l’année suivante. Depuis des années, il fait aussi un peu de sélection et il a obtenu un colza qui a de bons rendements, est bien adapté au climat de la région et résiste assez bien aux maladies les plus courantes localement.

Un jour Monsanto prévient Mr Schmeiser que ses agents ont procédé à des analyses de son colza. Ils ont trouvé du colza Monsanto dans ses champs. Ce colza transgénique est breveté. Mr Schmeiser est donc en possession illégale de colza Monsanto puisqu’il n’a pas payé la redevance due à Monsanto. Mr Schmeiser qui ne s’est jamais procuré de colza Monsanto, en conclut que son champ est contaminé par le voisinage. Il refuse de payer et l’affaire se retrouve devant un juge. Mr Schmeiser, victime de la contamination, est condamné à payer 15000 dollars de redevance au pollueur Monsanto ! L’industriel n’est responsable devant personne pour la pollution qu’il génère... Le brevet est le plus fort devant la loi. Attendons que Maïsadour, Monsanto, Novartis, Pioneer introduisent leurs maïs transgéniques dans les Landes...

Sources : Dossier de presse des Amis de la Terre suite à la conférence de presse de Mr Percy Schmeiser, organisée à l’Assemblée Nationale, le 23/01/02 ; dossier Inf’OGM.

Conclusion

Pour mieux nous faire accepter les OGM, on les pare de toutes les qualités. Par exemple "Les OGM vont nourrir le monde". Qui pourrait être contre un projet aussi louable ? Pourtant, voici ce que dit Mickaël Kwezi Nartey des Amis de la Terre du Ghana : "Le problème des paysans du Ghana, ce n’est pas d’augmenter les rendements agricoles mais de pouvoir stocker et transporter les récoltes. 40 à 60% des récoltes pourrissent sur place." Avec une petite partie des sommes colossales englouties dans la mise au point d’OGM plus ou moins utiles, on pourrait construire des routes et des hangars au Ghana et un peu partout dans le tiers-monde...

Avant d’utiliser des solutions techniques risquées et non maîtrisées comme les OGM, il y a de très nombreuses solutions de bon sens. Commençons par là...



Vous pouvez vous adresser au maire et aux conseillers municipaux de votre commune et leur poser des questions précises...

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