Fin des soutiens à l’exportation pour le charbon : l’Union européenne en retard

Montreuil, le 3 mars 2015 - Les pays membres de l’OCDE discutent demain de la fin des soutiens des agences de crédit à l’exportation pour le charbon. Et les choses se présentent mal. L’Union européenne n’a pas réussi à finaliser une position commune qui devait permettre de faire avancer des discussions aujourd’hui bloquées. Les Amis de la Terre et le Réseau Action Climat France exhortent la France, en tant que futur hôte de la conférence Paris Climat 2015 de l’ONU, à convaincre ses pairs de prendre une position publique exemplaire et d’arrêter tout soutien au charbon.

Les pays membres du groupe sur les crédits export de l’OCDE poursuivront mercredi 4 mars leurs discussions sur la fin possible de leurs soutiens au charbon via leurs agences de crédit à l’exportation (ACE ou ECA en anglais), en France, il s’agit de la Coface. L’enjeu est crucial pour l’Union européenne (UE) qui a soutenu le développement du charbon à l’étranger à hauteur de plus de 7,04 milliards de dollars entre 2007 et 2013, dont 4,99 milliards par le biais de ces agences. Mais l’UE n’a pas réussi à finaliser de position commune pour la réunion de l’OCDE, un échec qui en dit long sur son absence de leadership en matière climatique.

« Neuf mois avant la conférence de Paris sur le climat, l’UE peine à envoyer un signal politique audible et pourtant accessible : annoncer la fin des soutiens publics aux énergies fossiles à commencer par le charbon » s’inquiète Lucie Pinson chargée de campagne Banques privées/Coface aux Amis de la Terre. « Sans position commune sur l’arrêt immédiat des soutiens publics au charbon, non seulement l’UE fait moins bien que les Etats-Unis qui y ont déjà mis un terme fin 2013, mais elle risque aussi de faire échouer les discussions à l’OCDE » poursuit-elle.

Hormis l’Allemagne, la France et la République Tchèque, les autres pays de l’UE, dont la Pologne, n’ont fourni que peu voire aucun soutien à l’exportation de centrales à charbon à l’étranger durant les onze dernières années [1]. La Pologne aurait malgré tout mis son veto à la dernière version du compromis proposé au niveau européen, jugé trop exigeant. L’absence de positionnement public de la part de nombreux pays risque de tirer les discussions vers le bas et de maintenir une position en contradiction avec les engagements européens.

« Bien qu’il s’agisse de notre avenir commun, les négociations sur les crédits à l’exportation de l’UE et de l’OCDE demeurent totalement opaques. Cela ne peut plus durer. Il est temps que les Etats européens révèlent à leurs citoyens s’ils respecteront leurs engagements climatiques, ou bien s’ils continueront à utiliser l’argent des contribuables pour grossir les profits d’une poignée d’entreprises polluantes, au détriment de la sécurité des peuples » déclare Célia Gautier, responsable des politiques européennes au Réseau Action Climat France.

L’OCDE est censée trouver un accord d’ici son prochain rendez-vous en juin. « La France doit clarifier au plus vite sa position nationale sur les soutiens publics au charbon, et prouver son exemplarité dès maintenant en convaincant ses partenaires européens à soutenir la fin des soutiens publics à l’exportation de technologies pour des centrales et mines de « charbon » conclut Lucie Pinson.

Contact presse : Les Amis de la Terre - Caroline Prak, - 09 72 43 92 65 - 06 86 41 53 43.

Notes : [1] Selon des données fuitées de l’OCDE. Ces données sont disponibles à http://priceofoil.org/content/uploads/2015/02/OECD-Leak-Data-on-export-credit-for-fossil-fuels-Oct14.pdf

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