Dans l’Europe des 15, les émissions les plus fortes sont celles de l’Autriche, du Danemark, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne [2]. Les Etats membres font-ils réellement des efforts pour éviter le changement climatique catastrophique dont les effets se font sentir de plus en plus fortement partout dans le monde, au détriment des plus pauvres ? [3].
Pour Jan Kowalzig, responsable de la campagne Climat pour les Amis de la Terre Europe, « ces chiffres ont de quoi choquer. Alors que le protocole de Kyoto exige que les Etats « devront avoir fait, en 2005, des progrès démontrés dans la réalisation de leurs engagements », les mesures mises en place jusqu’ici sont visiblement insuffisantes pour aboutir à la réduction indispensable des émissions de gaz à effet de serre. Les gouvernements continuent à subventionner l’industrie des énergies fossiles ».
Jan Kowalzig poursuit : « les gouvernements doivent s’attaquer sérieusement au problème. Il faut que les émissions de CO2 diminuent d’au moins 30% d’ici à 2020. C’est tout à fait possible en économisant l’énergie et en utilisant les énergies renouvelables. Les experts s’accordent généralement à penser que ce processus serait en fin de compte profitable pour l’économie comme pour la société. »
Les gouvernements refusent de reconnaître les énormes bénéfices économiques qu’apporterait le passage à une énergie propre. La Commission Européenne a reconnu elle-même que le coût des mesures visant à une diminution serait très largement compensé tout en évitant une catastrophe climatique [4]. Trop souvent, les gouvernements regardent l’intérêt de telle ou telle société, de tel ou tel secteur, au lieu de considérer l’ensemble de l’économie. Pourtant en Allemagne les aides aux énergies renouvelables entraînent des économies pour l’Etat et pour les particuliers [5].
Contacts presse :
Jan Kowalzig, Friends of the Earth Europe, Tel : +32-473-510 147, email : jan.kowalzig@foeeurope.org
Amis de la Terre Europe : +32-2-5426101
Notes
[1] Les chiffres qui viennent de paraître sont ceux de 2003, car on les connaît avec un délai de deux ans. Ils montrent que si les émissions de gaz à effet de serre de l’Europe des 15 se situaient 2.9% au-dessous de leur niveau de 1990 en 2002, elles ne sont plus qu’à 1.7% de ce niveau pour 2003. Le Protocole de Kyoto veut qu’entre 2008 et 2012 les émissions de ces 15 pays diminuent en moyenne de 8% au moins par rapport à leur niveau de 1990. Si on trace la courbe linéaire de 1990 à 2010 pour arriver aux objectifs du protocole de Kyoto, on voit qu’en 2003 les émissions auraient dû se situer à 5.2% au-dessous de leur niveau de 1990 et non 1.7%. Pour l’ensemble des données, suivez le lien
[2] Dans le tableau ci-après figurent pour chacun des 25 pays de l’Union Européenne l’objectif de Kyoto par rapport à 1990 et le chiffre pour 2003 (entre parenthèses). Il en ressort que les pays les plus mal placés sont l’Autriche, le Danemark, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne. Presque tous les nouveaux pays membres ont fortement réduit leurs émissions et devraient réaliser leur objectif - non pas toutefois suite à une politique intelligente mais à cause des changements économiques de la dernière décennie.
Union Européenne, 15 membres - Total — Kyoto : -8% (2003 ; -1.7%)
Autriche — Kyoto : -13.0% (2003 : +16.6%)
Belgique — Kyoto : -7.5% (2003 : +0.6%)
Danemark — Kyoto : -21.0% (2003 : +6.3%)
Finlande — Kyoto : +/-0.0% (2003 : +21.5%)
France — Kyoto : +/-0.0% (2003 : -1.9%)
Allemagne — Kyoto : -21.0% (2003 : -18.5%)
Grèce — Kyoto : +25.0% (2003 : +23.2%)
Irlande — Kyoto : +13.0% (2003 : +25.2%)
Italie — Kyoto : -6.5% (2003 : +11.6%)
Luxembourg — Kyoto : -28.0% (2003 : -11.5%)
Pays-Bas — Kyoto : -6.0% (2003 : +0.8%)
Portugal — Kyoto : +27.0% (2003 : +36.7%)
Espagne — Kyoto : +15.0% (2003 : +40.6%)
Suède — Kyoto : +4.0% (2003 : -2.4%)
Royaume Uni — Kyoto : -12.5% (2003 : -13.3%)
Nouveaux Etats Membres
Chypre — pas d’objectif (2003 : +72.2%)
République Tchèque — Kyoto : -8.0% (2003 : -23.4%)
Estonie — Kyoto : -8.0% (2003 : -50.8%)
Hongrie — Kyoto : -6.0% (2003 : -31.5%)
Lettonie — Kyoto : -8.0% (2003 : -58.5%)
Lituanie — Kyoto : -8.0% (2003 : -66.2%)
Malte - pas d’objectif (2003 : -+29.1%)
Pologne — Kyoto : -6.0% (2003 : -32.1%)
Slovaquie — Kyoto : -8.0% (2003 : -27.9%)
Slovénie — Kyoto : -8.0% (2003 : -2.9%)
[3] Les pays en voie de développement seront les premières victimes des sécheresses, pénuries d’eau et pertes de récoltes, des ouragans dévastateurs, des inondations, ou de l’élargissement des maladies tropicales à de nouvelles zones. Le réchauffement global fera disparaître plus d’un million d’espèces vivantes. L’Europe aussi sera touchée. La canicule de 2003 puis les inondations en Europe centrale donnent un avant-goût de ce que connaîtra la région. L’Agence Européenne de l’Environnement a publié une évaluation de l’incidence du réchauffement sur l’Europe : http://reports.eea.eu.int/climate_report_2_2004/en
[4] « Gagner la bataille contre le changement climatique », communication de la Commission Européenne, février 2005, COM(2005) 35 final. Le Commissaire Peter Mandelson note également que la Commission « ne prévoit pas une incidence négative des politiques de conservation du climat sur la compétitivité de l’Europe », ceci en réponse à une question orale de Caroline Lucas, Député au Parlement Européen, en mars 2005.
[5] Environ 1.1 milliard d’Euros contre environ 1.2 milliard. Voir : Forecast scenarios for the Potential Role of Renewable Energies ; Wolfram Krewitt, Joachim Nitsch ; German Aerospace Centre



