
soutenu par Amigos de la Tierra Internacional.
Pendant le dernier siècle, l’agriculture a occupé une place centrale dans le développement économique des pays, et les décisions sur la terre visaient toujours à améliorer la capacité économique de ce secteur productif. La terre était fondamentale dans la structure des rapports sociaux et économiques du monde rural. Étant donné le grand poids de ce dernier dans la vie politique et sociale des pays, les interventions sur la terre étaient de premier ordre tant pour renforcer les relations de force politiques et sociales existants que pour les modifier et diminuer les inégalités sociales.
Il étudie quelques-unes des réformes agraires du XXème siècle dans certains pays de divers continents : Mexique, URSS, Espagne, Italie, Pologne, Japon, Chine, Guatemala, Équateur, Vietnam, Cuba, Algérie, Chili, Portugal, entre autres.
En ce moment, des processus de réforme agraire sont en train de se développer dans différents pays : Brésil, Venezuela, Indonésie, Philippines, Afrique du Sud, etc. Il existe aussi des situations critiques très variées en Afrique ou en Europe occidentale dans lesquelles l’accès à la terre devient de plus en plus difficile pour les petits producteurs familiaux.
Dans quelle mesure et de quelle manière les réformes agraires d’aujourd’hui et de demain peuvent-elles influencer l’évolution politique, économique et sociale de ces pays et réussir à en déraciner la pauvreté et à leur permettre d’atteindre leur sécurité et souveraineté alimentaire ?
La discussion sur la réforme agraire au XXIème siècle comprend beaucoup d’autres éléments en plus de la distribution de la terre. Ce ne sont pas seulement les paysans sans terre qui s’intéressent à la création de mécanismes plus équitables d’accès à la terre, mais aussi les secteurs sociaux urbains, les consommateurs, les entrepreneurs, les agriculteurs des pays développés. Tous voient leur survie ou leur croissance menacées à cause de ces millions de paysans chassés de l’agriculture et condamnés à une extrême pauvreté. Tous s’inquiètent de la destruction des écosystèmes, de la rupture des équilibres écologiques de la planète et des nouveaux conflits générés par les modes d’accès à la terre et à la gestion du territoire.
La terre est vue de plus en plus comme un espace complexe, multifonctionnel. Elle revêt une dimension environnementale, avec des éléments comme les ressources naturelles, les réserves de biodiversité et l’impact sur le climat. Les économies rurales reposent de plus en plus sur des activités touristiques qui produisent souvent des conflits d’intérêts avec les droits des populations rurales. Les interactions entre le milieu rural et la ville prennent de nouvelles formes, et l’opinion de la population urbaine sur la gestion de l’espace et sur la façon de produire des aliments sains ne doit pas être ignorée. Tout cela oblige à mettre à jour les politiques de Réforme Agraire.