Fret ferroviaire : un train de réformes peut en cacher un autre !

Paris, le 24 janvier 2012 - La deuxième réunion de la table ronde sur le fret ferroviaire dont le but est de mettre en œuvre les mesures de report modal pour atteindre les engagements du « Grenelle », vient de se dérouler au MEDDTL. Peu de propositions concrètes ont été émises lors de cette rencontre qui a davantage porté sur l’ouverture à la concurrence du service Fret que sur les applications concrètes de report modal de la route vers le rail. Les objectifs du « Grenelle » de report modal et de réduction des émissions de gaz à effet de serre associées passent là au second plan.

En effet, le MEDDTL a brossé le contexte, les attentes, la perception du service Fret au travers d’une enquête s’appuyant exclusivement sur le point de vue des décideurs économiques, occultant l’avis des autres parties prenantes dans cette analyse.

La présentation des résultats de l’évolution de l’activité du fret ferroviaire a conduit à des conclusions hâtives sur les raisons d’un effondrement de cette activité qui compromet les objectifs du « Grenelle ». La crise constitue là un alibi, un prétexte plus que le résultat d’une analyse rationnelle. La baisse du trafic Fret concerne-t-elle plus le trafic Fret international ou national ? Pour certains acteurs, ce résultat illustre plus le désengagement de l’opérateur public sur certaines dessertes que l’effet de crise. La suppression du service « wagons isolés » de la SNCF a contribué à mettre environ un million de camions de plus sur les routes.

Pour Claude Bascompte des Amis de la Terre : « La mise en service de trains longs, qui affiche une volonté de faire progresser les volumes Fret transportés, mérite d’être salué. Toutefois, ces dispositions devraient s’accompagner de mesures réglementaires obligeant à utiliser le ferroutage pour le transit international. Mais le seul renforcement des autoroutes ferroviaires ne peut constituer une politique de développement du fret. En tout état de cause, la recherche d’une massification des flux ne doit pas conduire à abandonner les dessertes territoriales garantes de l’aménagement du territoire et de l’emploi local. »
Enfin, il est surprenant de constater que le grand absent de ces discussions était l’entreprise publique qui est aussi l’opérateur historique du secteur. Au-delà de sa mission de service public, le groupe SNCF - Geodis est un acteur incontournable du secteur, son activité conditionne fortement les résultats de report modal recherchés.

Les évolutions qui se dessinent conduisent à se poser des questions : cherche-t-on à satisfaire aux objectifs du « Grenelle » sur le report modal, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et « décarboner » le transport ou développer la libéralisation du secteur ? La préservation du trafic de trains fret prioritaires en situation perturbée se fera-t-elle au détriment du trafic voyageur ou par la mise en œuvre de plans de crise basés sur des itinéraires de délestage et de secours ?

Les Amis de la Terre seront vigilants sur les prochaines étapes de cette table ronde et continueront à interpeller le gouvernement pour que les intérêts des opérateurs privés ne priment pas sur l’intérêt général.

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43

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