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Garanties accordées par la COFACE en 2001 : business as usual *

2 décembre 2002,

L’Etat français, par le biais du mécanisme d’assurance-crédit aux exportations géré par la COFACE, protège les entreprises françaises qui investissent à l’étranger contre les risques de non-paiement. Les Amis de la Terre ont analysé les garanties accordées par la COFACE sur l’année 2001.


*Les affaires, comme d’habitude

Une première encore incomplète

C’est la première fois qu’une analyse précise de ce type est possible. Suite à la campagne des Amis de la Terre demandant davantage de transparence à la COFACE, celle-ci publie depuis le premier trimestre 2001 une liste de projets garantis pour le compte de l’Etat. Cependant des informations manquent encore : le secteur militaire, par exemple, n’apparaît nulle part alors qu’il représente environ un tiers des garanties accordées, et les données rendues publiques ne concernent que les contrats supérieurs à 20 millions d’euros. Cete première analyse nous permet tout de même de dégager les grandes tendances.

Prédominance des transports et d’Alstom

Depuis une dizaine d’années, l’Etat français assure environ 10 milliards d’euros de contrats à l’exportation. A l’heure actuelle, l’information du citoyen-contribuable ne couvre que la moitié de ces contrats (5,2 milliards d’euros). Le secteur des transports représente au total 70 %, suivi du secteur énergétique (24%). L’entreprise ALSTOM, géant des infrastructures de transport et d’énergie, représente à elle seule plus de la moitié du portefeuille de la COFACE ! (52%) Sa participation dans plusieurs centrales nucléaires, son leadership dans le développement des centrales au charbon, et son omniprésence dans les grands barrages hydroélectriques les plus controversés (Yusufeli en Turquie, les Trois Gorges en Chine, Bakun en Malaisie) en font pourtant une entreprise aux pratiques très critiquables.

Airbus (26%) est le deuxième grand bénéficiaire. On peut mentionner également SPIE (7%) spécialisée dans la construction, puis General Electric France (2 %).

Transport et énergie : place aux investissements non durables

Dans le secteur des transports, 84% des garanties servent à exporter des paquebots de croisière (46%) ou des avions (38%). Augmenter l’effet de serre par le transport aérien ou favoriser l’industrie du luxe sont-elles les priorités des aides aux exportations ? Les investissements positifs en terme de développement durable représentent 14% seulement de ce secteur : ils concernent les transports publics (métro de Santiago au Chili ou de Shangai en Chine, modernisation du réseau ferroviaire chinois, locomotives pour l’Iran).

Dans le secteur de l’énergie, même constatation : les énergies fossiles représentent les deux tiers des garanties accordées, contre 10% pour les énergies renouvelables (géothermie au Mexique). On retrouve le tristement célèbre projet d’oléoduc Tchad-Cameroun contre lequel les Amis de la Terre mènent une campagne depuis plusieurs années. La COFACE a également garanti l’exportation de pièces pour la centrale nucléaire de Lungmen (Taïwan).

Malgré les engagement explicites de la COFACE, les garanties de crédit à l’exportation françaises continuent donc à bénéficier essentiellement à des secteurs d’activités contraires au développement durable. Les Amis de la Terre demandent encore plus de transparence, ainsi que la réorientation de la politique de soutien aux exportations dans le sens du développement durable.

Retrouvez les données publiées par la COFACE en cliquant ici. Liste mise à jour trimestriellement.