Gaz et huiles de schiste : quand les pétroliers jouent sur les mots

Montreuil, le 13 septembre 2011 - C’est aujourd’hui que les détenteurs de permis d’exploration de gaz et d’huiles de schiste doivent remettre à l’administration leur rapport présentant les techniques employées ou envisagées dans le cadre de leurs activités. Selon la loi votée fin juin, si la fracturation hydraulique est envisagée, les permis devront être abrogés d’ici un mois.

Dans son rapport remis hier, Total, titulaire d’un permis d’exploration de gaz de schiste dans la région de Montélimar déclare qu’il « ne prévoit pas de recours à la technique de la fracturation hydraulique ». L’un de ses dirigeants reconnaissait pourtant il y a encore quelques semaines qu’aucune autre technique ne pouvait être envisagée pour réaliser cette exploitation !

Oubli regrettable ou volonté stratégique de la majorité et du lobby minier, aucune définition de la fracturation hydraulique n’a été inscrite dans la loi. Il est donc bien difficile de connaître les critères que retiendra l’administration pour évaluer le recours formel à cette technique. Un cadeau pour les titulaires de permis, qui auront toute la liberté de camoufler une utilisation de la fracturation hydraulique en une technique « verte » à l’impact environnemental et sanitaire nul. Le concours de sémantique est donc ouvert !

Au-delà de la technique de forage, c’est bien l’extraction de ces ressources non conventionnelles qu’il convient purement et simplement d’interdire, du fait de leur impact potentiel sur la crise climatique actuelle. Élément que la majorité s’est bornée à ignorer au cours du processus législatif, en désaccord total avec les engagements pris par la France lors du Grenelle de l’environnement. Il appartient désormais au Gouvernement de prendre ses responsabilités et d’abroger enfin l’ensemble des permis d’exploration. Pour rappel, François Fillon déclarait déjà cette mesure indispensable le 13 avril 2011 à l’Assemblée nationale.

GAZ ET HUILES DE SCHISTE : NI ICI, NI AILLEURS / NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

Signataires
Amis de la Terre, Greenpeace, Réseau Sortir du Nucléaire, Réseau Action Climat, WECF

Rédigé le