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Gouvernement, Alstom et OCDE : entente illicite pour réchauffer la planète ?

Montreuil, le 23 janvier 2015 - Les déclarations de François Hollande (1) sur la suppression des soutiens publics au charbon n’ont pas passé l’année. Le Gouvernement recule déjà sur ses ambitions d’exemplarité en matière climatique en ménageant les intérêts du groupe Alstom, qui exporte avec les garanties de la Coface, des centrales à charbon. Les Amis de la Terre dénoncent l’influence d’Alstom sur la politique climat du gouvernement et appellent ce dernier à ne pas revenir sur une mesure phare pour le climat à 10 mois de la conférence de l’ONU qui se tiendra à Paris fin 2015.

Le gouvernement recule sur la seule décision climat annoncée pendant la Conférence environnementale le 28 novembre 2014 : la suppression de tous les soutiens publics au charbon par la Coface. La Coface, agence française de crédit à l’exportation, garantit nombre de grands projets industriels et leur permet d’être menés à bien. Exclure le charbon des garanties Coface est une étape nécessaire pour mener une politique climatique ambitieuse : une décision qui induit naturellement un risque de manque à gagner pour Alstom. Bien que ne dépendant qu’à la marge des soutiens de la Coface pour ses activités charbon le groupe industriel, aurait pourtant réussi à convaincre le Gouvernement d’adopter une stratégie du moins-disant qui viserait à ne supprimer les soutiens au charbon qu’en partie.

Le seul arrêt des soutiens qui serait acté pour 2015 porterait sur les centrales les moins performantes et plus émettrices dites « sous-critiques ». Or, celles-ci ne sont déjà plus construites par Alstom et ont bénéficié de peu de soutiens d’agences de crédit aux exportations dans l’Union européenne depuis 2007. Cet engagement est donc vide de sens. « Que le Gouvernement maintienne ses soutiens à la pire énergie fossile alors qu’il y a urgence à agir tout en voulant donner l’impression d’être exemplaire est inadmissible » déclare Lucie Pinson, chargée de campagne Banques privées / Coface aux Amis de la Terre. « L’argument selon lequel maintenir les soutiens charbon aux entreprises de l’OCDE serait bon pour le climat n’est pas fondé car les entreprises de l’OCDE n’exportent globalement pas de centrales à charbon moins émettrices que leurs concurrentes chinoises ».

La question des soutiens des agences de crédit aux exportations au charbon sera de nouveau discutée en mars 2015 au niveau de l’OCDE et le Gouvernement prétend préférer un accord à ce niveau à un engagement au niveau français, pourtant plus visible et immédiat. Un argument qui ne tient pas au vu de la proposition que prépare la Commission européenne. Etrangement similaire à la contribution des entreprises, la proposition de la Commission européenne propose uniquement l’arrêt des soutiens aux mêmes centrales « sous-critiques ». Ses rédacteurs reconnaissent même que cette proposition n’est pas compatible avec un objectif d’un réchauffement de la planète inférieur à 2 °C.

« Si les entreprises continuent de piloter la politique climat du Gouvernement, la conférence de l’ONU de décembre 2015 risque de n’accoucher que d’un panel de mesures qui aggraveront la crise écologique. Le Gouvernement français doit se ressaisir, acter la déclaration de novembre 2014 du Président de la République et rejeter la contribution de la Commission européenne. La fin du soutien public au charbon n’est pas négociable » conclut Lucie Pinson.

Contact presse :
Caroline Prak - les Amis de la Terre - 06 86 41 53 43 – caroline.prak@amisdelaterre.org
Pour plus d’informations, contactez Lucie Pinson : 09 72 43 92 62 / lucie.pinson@amisdelaterre.org

(1) http://www.elysee.fr/declarations/article/discours-lors-de-la-conference-environnementale/

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