Concernant les économies d’énergie, les Amis de la Terre prennent acte avec intérêt des annonces positives faites sur le secteur du bâti. Ils demeureront attentifs aux questions du financement et de la faisabilité, qui restent en suspens alors que deux millions de personnes sont mal logées et que l’endettement des ménages continue de croître. Les déclarations sur les transports semblent pour la première fois encourageantes, mais demandent à être précisées pour en évaluer l’impact. En revanche, l’immobilisme sur la question du nucléaire confirme que l’Etat refuse toujours de reconnaître les risques inhérents à cette technologie dont le poids économique continuera d’empêcher de réels choix de rupture en matière énergétique. Rien n’est envisagé pour réduire le risque nucléaire. Un accident de transport ou d’exploitation peut se produire à tout moment. Au contraire Nicolas Sarkozy a explicitement soutenu la prolifération vers les pays riches en soleil.
Sur l’agriculture, la seule concession concerne la suspension des OGM pesticides pour aboutir à la promulgation d’une loi portant sur le « droit » de produire et de consommer « avec ou sans » OGM. Sur les pesticides, une réduction de 50% « si possible » est bien peu crédible pour préserver les pollutions des sols et de l’eau. Enfin, sur les agrocarburants aucune disposition ne vise à se prémunir des impacts sur l’alimentation et la déforestation.
« La priorité n’est plus au seul traitement des déchets mais à la prévention » a déclaré Nicolas Sarkozy. Le recyclage et l’incinération n’ont jamais constitué une politique de prévention. Un changement en rupture impose une évolution profonde des modes de production et de consommation. Or dans ce domaine, les propositions sont absentes, la régulation de la publicité n’est pas dans les mesures annoncées. Aussi verts que soient les produits, les écosystèmes ne supporteront pas une consommation sans cesse croissante. Va-t-on confier l’information du consommateur à la pub et au marketing ? Les filières écologiques, comme les matériaux d’isolation sains ou l’agriculture biologique, ne sont toujours pas assurés de leur avenir. Le Grenelle leur a préféré les solutions high tech, les plus coûteuses, celles que poussent les grandes industries, au détriment de circuits plus courts et mieux contrôlés par les citoyens.
Les rapports des groupes de travail ont fait état de forts désaccords concernant les orientations de la recherche et l’expertise. Aucune mesure significative n’a été prise dans ce domaine. Rien non plus pour protéger les « lanceurs d’alerte », sans lesquels les enjeux dont nous discutons ne seraient pas connus. Alors que les sondages indiquent que 29% de la population souhaite adhérer à une association écologiste, celles-ci n’ont pas bénéficié de mesures permettant de répondre à cette demande.
Enfin la consultation s’est déroulée dans une précipitation qui n’a donc pas permis une large prise de conscience et une mobilisation sur les enjeux. La question de l’environnement et du développement durable ne vont pas être résolues par des petites mesures techniques. Les débats régionaux ont été une caricature. De ce fait, cette réflexion n’a pu conduire à une évolution des positions et pratiques. La dernière phase a donc fait réapparaître les blocages et les attitudes corporatistes, et finalement à un arbitrage présidentiel pour partie reporté à mi décembre.
PRIORITES pour les Amis de la Terre
Les décisions politiques fortes qui doivent être le signe d’un changement en rupture ne sont pas au rendez vous pour impulser clairement une autre politique.
Pour répondre aux enjeux, les priorités essentielles portent :
Enfin, les mesures incitatives doivent impérativement s’accompagner d’une prise en compte des impacts sociaux.




